Comment le manque de confiance en soi détruit l’amour ?

28 janvier 2020
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Comment le manque de confiance en soi dévalise, jour après jour, notre réserve d’amour ? Que se passe-t-il lorsque nous voyons tout de manière déformée ? Pensées en noir et blanc, désespoir, reproches permanents… difficile de construire l’amour quand son bourreau lui fait face chaque jour.

Le manque de confiance en soi est un réel handicap dans notre vie quotidienne. En toute occasion : au travail, dans les transports, au super marché, chez le coiffeur, avec les amis, en soirée, en famille, dans la salle de bain ou dans sa vie de couple, la petite voix est là. Elle supervise, elle juge, elle légifère. « Acceptez cette promotion ? Tu n’y penses pas, tu sais très bien que tu n’en es pas capable ! ». « Inviter cette personne à dîner ? Elle n’acceptera jamais, tu n’es pas suffisamment intéressant(e). » « Encore une fois, tu restes seul(e) dans ton coin, sans oser parler aux autres, tu es vraiment trop nul(le) »…

Notre critique intérieur ne tolère aucune erreur. Il a tellement peur d’échouer qu’il nous paralyse quotidiennement.

Cette petite voix qui nous désapprouve sans cesse, les spécialistes l’appellent notre « critique intérieur ». C’est un véritable rouleau compresseur. Il nous opprime, nous maintient dans un espace rétréci, aplati, ne nous laissant aucune liberté d’actions, aucune capacité d’analyser les événements, aucun moyen de peser le pour et le contre pour prendre une décision. Notre critique intérieur ne tolère aucune erreur. Il a tellement peur d’échouer qu’il nous paralyse quotidiennement. Pour être sûr(e)de ne pas se tromper, et de ne pas rater, on préfère ne prendre aucun risque. Alors, on évite, on fuit tout ce qui se présente dans notre vie : une opportunité professionnelle, une rencontre amoureuse, un nouveau projet, un voyage… Ce n’est pas que l’on ne veut pas agir, mais c’est que l’on n’ose pas, explique dans « Oser » le psychiatre et psychothérapeute, Frédéric Fanget.

Les rouages de la confiance en soi

D’où vient ce mécanisme infernal qui nous empêche de nous exprimer, de nous épanouir, d’oser être ce que nous sommes, et de nous affirmer ? Comment se construit le manque de confiance en soi ?

Le manque de confiance en soi nous vient souvent de notre enfance. La manière dont on nous a regardé, considéré, écouté dans notre environnement proche ou à l’école ont contribué à la construction de notre identité. Mais, avant tout, c’est le type d’amour donné par nos parents, et l’éducation reçue, qui ont été déterminants dans l’élaboration de notre confiance en nous. Voici, entre autres, deux exemples :

Le mode répressif et dévalorisant

On imagine facilement qu’un père ou une mère colérique, qui réprimande sans cesse son enfant, l’insulte, le méprise, l’humilie, le ridiculise, aura un impact dévastateur sur l’image de soi que l’enfant se construit. Plus tard il se sentira incapable, honteux de lui-même, sans grande valeur personnelle.

Le mode exigeant et insatisfaisant

De la même manière, un parent très exigeant, rarement satisfait, demandant toujours plus, ne reconnaissant jamais les efforts positifs de son enfant, ne lui témoignant aucune fierté ni aucun compliment, va générer chez ce dernier une grande anxiété. Cela donnera notamment ces éternel(les) perfectionnistes, souvent trop parfaits, qui ont l’impression de n’être jamais assez bien, et de n’en faire jamais assez.

Les aléas de la vie

Mais il y a aussi ceux pour qui tout allait bien. Ils avaient une bonne estime d’eux-même, une confiance en soi solide et équilibrée. C’est un événement extérieur qui est venu l’ébranler. Cela peut être une agression sexuelle, un harcèlement professionnel, une trahison, un accident, une maladie…

Des hauts et des bas

La confiance en soi n’est donc pas définitivement acquise. Elle oscille selon nos expériences, les personnes que l’on rencontre, les circonstances de notre vie. Son niveau baisse ou augmente en fonction de nos échecs ou de nos réussites, et c’est plutôt une bonne nouvelle !

Pourquoi ? Parce que c’est un bon moyen de clouer le bec à notre critique intérieur. Il est en effet tout à fait possible de travailler sur soi pour augmenter sa confiance personnelle. Des coachs et des thérapeutes peuvent nous y aider. Cela serait bien utile à Chloé, pour construire son histoire d’amour avec Steff.

L’histoire de Chloé

Chloé n’est pas à l’aise dans ses relations avec les autres. Elle n’ose pas s’affirmer et ne sait pas dire non. Ses rares amies décident à sa place pour les sorties. Au bureau elle accepte sans rien dire le surplus de travail que lui impose son manager, et sort souvent en retard. Résultat, elle se sent frustrée, exploitée, insatisfaite. L’accumulation de ces situations et de ces comportements négatifs à son égard, nourrit la mauvaise image qu’elle a d’elle-même. Depuis longtemps, son critique intérieur lui fait croire qu’elle n’a aucune valeur. Les situations qu’elle vit, les relations qu’elle entretient avec les autres le lui confirment chaque jour. Et il n’y a pas de raison que cela s’arrête…

S’ils veulent commencer, puis prolonger et réussir leur histoire d’amour, Chloé et Steff vont devoir travailler sur leur réserve d’amour.

Chloé a peu d’amour pour elle-même. Sa réserve est plutôt basse. Elle est sans cesse remise en question par son critique intérieur. Ce qui lui arrive de mal est toujours de sa faute, et tout le bien dans sa vie n’existe que grâce aux autres. En somme, elle ne vaut rien. Comment aimer une personne qui ne s’accorde aucune valeur, et surtout pas la valeur de l’amour ? Car, bien évidemment, Chloé ne mérite pas d’être aimée. Pourtant, c’est une belle jeune femme, intelligente, sérieuse, et remplie de qualités.

La rencontre

Lorsqu’elle rencontre Steff dans une soirée, il lui plaît spontanément. Mais, elle se souvient d’une autre fois où elle avait ressenti le même engouement pour un garçon qui ne lui avait prêté aucune attention. Comme elle a tendance à généraliser… très vite, elle se dit intérieurement : « Comme toujours, ce n’est pas moi qu’il va regarder. »

Très discrète, Chloé écoute de loin, et capte dans le brouhaha de la salle, quelques bribes des conversations que Steff, très sûr de lui, échange avec les uns et les autres.

Elle ne comprend toujours pas comment elle a pu attirer son attention au fil de la soirée. Le champagne sans doute ? Quoi qu’il en soit, ils se retrouvent tous les deux, en tête à tête, dès le lendemain, pour un dîner auquel Steff l’a invité. Là encore, elle a du mal à comprendre : « Comment un type aussi séduisant et brillant peut-il s’intéresser à moi ? »

L’histoire de Steff

Si Chloé ne comprend pas, laissons alors à Steff le soin de nous expliquer les choses. Steff est très sûr de lui – il est à l’aise partout et en toute occasion. En réalité, il a besoin qu’on l’aime et qu’on l’admire. Dans son enfance, il a beaucoup manqué d’amour. Son père n’était jamais là et sa mère toujours plus ou moins dépressive. Il a grandi dans une grande carence affective. Son critique intérieur lui répète chaque jour qu’il a besoin d’être aimé par les autres, que son identité en dépend, que sans l’amour et l’admiration des autres, il n’est strictement rien.

Au moment de sa rencontre avec Chloé dans cette soirée, son inconscient a tout de suite capté l’émerveillement dans les yeux de la jeune femme. Instantanément, il a su qu’elle pourrait l’aimer et l’admirer.

Contrairement aux apparences, nous l’avons bien compris, Steff manque énormément de confiance en lui.

En manque d’amour

Ainsi, s’ils veulent commencer, puis prolonger et réussir leur histoire d’amour, Chloé et Steff vont devoir travailler sur leur réserve d’amour. Car, pour l’instant, ni l’un ni l’autre n’en possède suffisamment.

Quand Chloé se dévalorise en permanence, Steff recherche quotidiennement l’approbation de ce qu’il est, à travers les autres. Chloé et Steff ont un manque de confiance en soi. Or, la confiance en soi commence par l’amour de soi-même. Un amour solide, indestructible, inconditionnel. Une réserve d’amour minimale en soi est nécessaire, pour vivre, d’une manière sereine et équilibrée, l’amour avec les autres.

Que faire et par quoi commencer ?

La confiance en soi se construit en commençant par une rencontre avec soi-même – mieux se connaître, pour mieux se comprendre. Il est essentiel de ne plus fonctionner en pilotage automatique sous le contrôle permanent de notre critique intérieur.

Etre plus attentif (ve) à soi : observer nos actes, nos émotions, nos pensées négatives, nos manières d’être et de réagir, permet de mieux nous comprendre. Cela nous protège des effets dévastateurs de notre critique intérieur, et nous invite à devenir plus tolérant(e) et bienveillant(e) à l’égard de nous-même.

Le vécu en 3 colonnes

Pour réaliser ce travail, il est possible de noter dans un cahier les moments de la journée où l’on a manqué de confiance en soi. Il s’agit de décrire clairement la situation, en restant factuel et neutre, de répertorier toutes les émotions ressenties dans le moment, et de préciser ce que l’on s’est dit de soi. Pour être lisible et claire, chaque expérience peut être présentée en trois colonnes : Situation / Mes émotions / Ce que je me dis de moi.

Relativiser

Cette observation régulière va nous permettre de prendre conscience de notre critique intérieur et de nos pensées négatives. Elle va nous éclairer sur notre fonctionnement et nous aider à analyser de manière plus juste la réalité. C’est l’occasion de relativiser nos expériences vécues le plus souvent sur un mode dramatique, car vues à travers les filtres de notre manque de confiance en soi : une erreur, simple et anodine, peut être grossie de façon catastrophique et gâcher notre journée, voire même notre nuit.

Mieux s’aimer

Parallèlement, il est important de prendre soin de soi et de se détendre. Pour augmenter la confiance en soi, nous devons nous sentir bien dans notre corps et notre mental. Dans cet objectif de bien-être, nous pouvons développer les aspects physiques ou vestimentaires que nous avons tendance à négliger. Nous pouvons également pratiquer des exercices de respiration abdominale, de la relaxation, de la méditation ou du yoga.

Il est souvent difficile de progresser seul(e). N’hésitez pas à vous faire accompagner par un(e) coach ou un(e) thérapeute. Un regard, une aide extérieure et bienveillante, sont essentiels pour nous aider à remplacer notre bourreau intérieur par une belle fontaine d’amour … inconditionnelle.

Cultiver la confiance en soi pour faire croître l’amour

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