La communion des sens, invitation à la sensualité

22 avril 2020
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La communion des sens s’éprouve au détour d’un parcours de sensualité : toucher, écouter, regarder, sentir… Etre là. Et si une simple balade devenait une source d’éveil, nourrissante et inspirante, pour faire grandir l’amour dans notre vie de tous les jours ?

La communion des sens, chacun(e) peut l’éprouver à l’occasion d’une promenade dans la nature, un parc ou un jardin. Elle favorise une vraie détente et un vrai lâcher prise. Profiter pleinement d’une balade dans la nature peut être profondément ressourçant et réparateur. Ce bain de nature, ce partage du vivant, nous met dans la joie et nous inonde d’hormones du bonheur : dopamine, endorphine, sérotonine, ocytocine. L’avantage, c’est qu’en s’imprégnant suffisamment de cette sortie en plein air, on en ramène aussi un peu à la maison.

Ainsi, nous pouvons ressentir les bienfaits de cette évasion bucolique tout le reste de notre journée. Cela apaise notre mental, mais aussi nos relations avec les autres. Cette ouverture sur la découverte de nos sens peut même nous enseigner une autre manière de se découvrir entre partenaires.

Balade en conscience

Vivre la communion des sens est un état qui se prépare progressivement. Il se réalise et s’invite après tout un cheminement de découvertes et d’enchantements au fil de notre promenade.

 En fait, il suffit de peu de choses : être simplement plus attentif(e) à ce qui nous entoure. Etre davantage dans l’émergence du moment, dans la vitalité de l’instant. Se laisser porter par notre spontanéité. S’autoriser à laisser vivre notre curiosité et notre capacité à nous émerveiller.

Se rapprocher de notre vraie nature

Prendre le temps d’observer, d’entendre, de ressentir ce qui est là, et de laisser aller tout l’artificiel qui nous éloigne de notre vraie nature. Oublier notre égo, notre avidité, nos compétitivités. Lâcher nos tensions, nos peurs, nos désespoirs. Nous libérer de nos pensées négatives.

Tout ce qui nous envahit quotidiennement, et contrarie notre quiétude, nous pouvons le laisser partir – ici, maintenant, et totalement…

Marcher… Respirer

La marche en conscience est déjà très favorable à la communion des sens : inspirer et expirer pleinement permet de nous harmoniser à notre rythme. Par la respiration, nous ressentons la puissance d’action et de mouvement que cela nous procure, mais également l’ensemble des sensations corporelles que l’apport d’oxygène rend possible. La respiration est notre première source d’énergie. Elle nourrit toutes nos cellules et permet à tout notre corps de fonctionner.

Grâce à cela, tous nos sens sont en éveil, réceptifs aux stimulus extérieurs, auxquels notre corps répond pour s’adapter le mieux possible à son milieu environnant. C’est comme un dialogue, un échange permanent entre l’extérieur et l’intérieur. C’est ce qui détermine notre état physique et psychique. Notre corps et notre mental évoluent en fonction de notre environnement. Si l’environnement est agité et bruyant, nous devenons nerveux et tendus. Si au contraire l’environnement est calme, et que nous prenons le temps de respirer profondément, notre système parasympathique s’active, et nous nous apaisons.

Parcours sensuel

Nous pouvons alors profiter totalement de notre balade dans la nature. Au fil de notre progression, tout appelle nos sens : la vue, l’odorat, le toucher, l’ouïe et parfois le goût sollicitent notre éveil, stimulent notre curiosité, enflamment notre émerveillement. Observer toutes ces nuances de vert dans les arbres, les buissons et les autres végétaux. Apprécier toute cette variété de fleurs et d’odeurs. Surprendre toute cette diversité animale : la course d’un lièvre, l’envol d’une tourterelle, le bourdonnement d’une abeille, les virevoltes joyeuses de deux papillons blancs qui s’entremêlent et se dispersent sans bruit dans la lumière.

« A l’approche d’un sous-bois, quitter la chaleur du soleil et sentir la fraîcheur de l’ombre sur la peau. Sentir les odeurs qui changent. Ce mélange de terre, de fleurs, de feuilles, de champignons et de mousse – c’est le parfum du sous-bois qui nous enivre quand on le traverse. On sent quand on le respire qu’il nous fait beaucoup de bien. »

Se laisser accueillir dans ce sanctuaire de vie

L’arbre est magnifique et il contribue très largement à notre bien-être. Certains profitent du bienfait apaisant des arbres en pratiquant le « tree hugging » qui consiste à enlacer leur tronc en leur faisant un câlin. Dans cette étreinte, on peut se laisser aller jusqu’à imaginer que c’est l’arbre lui-même qui nous enlace. Cette communion intense avec l’arbre nous recharge et nous détend énormément.

Il est possible aussi de s’arrêter simplement devant un arbre, de fermer les yeux, de toucher son écorce puis de caresser lentement et délicatement l’une de ses feuilles : sentir au-dessus sa douceur parfaitement lisse et au-dessous les nervures en relief qui la parcourent. C’est comme si l’on entrait en dialogue avec elle, comme si l’on découvrait son intimité.

La communion des sens

Garder les yeux fermés, respirer lentement et profondément, s’immerger dans les sons , les odeurs, l’air, se dissoudre dans l’espace, ce lieu bienveillant et sécurisant. Laisser monter cet instant de paix. Ecouter, sentir, partager l’énergie du vent qui soulève les feuilles des arbres – se laisser porter doucement dans ce mouvement… Goûter sans résistance cette communion des sens… « Je deviens herbe entre les herbes et prends part à la communion du réveil. » écrivait André Gide dans son journal.

Cette communion des sens nous rend heureux(se), plus proche de la nature et de ce que nous sommes profondément. Elle nourrit notre connaissance de nous-même. Elle permet de développer nos sens et de découvrir leur richesse, leur profondeur, leur pouvoir. Car, ce sont eux qui nous informent de ce qui est bon ou mauvais pour notre bien-être. Il nous font prendre conscience de nos limites mais aussi de ce potentiel extraordinaire de sensualité que nous pouvons affiner, approfondir progressivement, avec douceur et délicatesse – en co-régulation avec notre environnement.

Invitation à la sensualité

En développant notre sensibilité à la nature, nous augmentons notre sensibilité à nous-même ainsi qu’à notre partenaire. Nous pouvons davantage être à l’écoute de l’autre. Nous sommes plus attentif(ve) à ce que nous percevons. Nous sommes beaucoup plus présent(e) à l’instant.

Le toucher notamment est un moyen formidable de se découvrir entre partenaires. Il permet d’explorer une grande partie de notre sensualité sur tout notre corps. Pressée doucement , effleurée, caressée , la peau perçoit l’extrême subtilité de nos gestes.

En étant pleinement présent à notre partenaire, nous pouvons ressentir sous nos doigts sa respiration et tout ce qui vibre en elle(lui). Parcourir son corps, dans la lenteur, la douceur, le respect, la délicatesse, est extrêmement propice à la communion des sens. Nous partageons l’un et l’autre l’intime chaleur de l’instant. Nos sens s’apprennent, se reconnaissent et s’amplifient dans l’amour.

Développer nos sens nous élève en amour

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