Les chemins de l’Ayurveda : mieux vivre en conscience

12 juin 2020
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Les chemins de l’Ayurveda… Comment augmenter notre bien-être et notre bonheur ? Des guides à suivre pour nous aider à guérir, maintenir notre bonne santé, élever nos qualités intérieures. En bonus, une méditation et deux recettes ayurvédiques.  

L’Ayurveda, en sanskrit « connaissance de la vie et de la longévité » est une médecine naturelle indienne qui a bien failli s’éteindre au profit de la médecine allopathique. Mais, après avoir été reléguée aux oubliettes, elle est désormais reconnue par l’OMS, et figure au programme de nombreuses universités occidentales.

Petite histoire

 Issue de la connaissance de la nature et de l’univers, l’Ayurveda est considéré par les sages védiques comme une vérité éternelle.

Basées sur des observations de la vie en générale et de la nature, ces vérités, révélées au rishi (sage dans la tradition hindoue), ont d’abord été transmises oralement aux disciples. Cela pouvait être sous la forme d’un Sutra (affirmation courte/ aphorisme), d’un chant ou d’un texte rythmé. Par la suite, elles se transmettent sous forme écrite : les premiers textes védiques retrouvés, datent du XVème av. J.-C.

Ayurveda et allopathie, un regard différent

Alors que la médecine allopathique se base sur des symptômes ponctuels et des recherches de traitement chimique pour soulager ces symptômes, la médecine ayurvédique s’intéresse d’avantage  à l’ensemble du patient et le soigne avec des traitements conçus essentiellement à base de plantes. En d’autres termes, la médecine allopathique a une vision sélective du patient tandis que la médecine ayurvédique a une vision globale du patient.

Dans les soins ayurvédiques, l’être humain est considéré dans sa totalité : son environnement, ses pensées, ses maladies, sa façon de se comporter. C’est un ensemble Corps-Âme-Esprit. Ces 3 éléments sont interdépendants. Ils ne peuvent exister l’un sans l’autre.

Des éléments interdépendants issus des mêmes matières

Tout ce qui se produit dans l’univers externe (macrocosme) se produit également dans chaque être (microcosme). Tout est fait des mêmes éléments et des mêmes énergies. L’Ayurveda distingue 5 éléments : l’éther ( Aakash), l’air (Vaayu), le feu (Agni), l’eau (Jal), la terre (Prithvi).

En fait, l’Ayurveda est avant tout un style de vie qui nous conduit vers une manière de percevoir notre corps, notre esprit et notre âme, réunis dans un tout. A travers la philosophie Samkhya, c’est toute la dimension spirituelle de l’Ayurveda qui se manifeste.

D’après cette philosophie, la conscience cosmique est à la source de toute existence. Elle se manifeste dans l’ensemble de l’Univers sous la forme de 2 énergies :

Purusha : énergie masculine : c’est l’énergie de la conscience pure, dans son état le plus simple, sans force d’action ou de création. C’est un témoin silencieux.

Prakruti : conscience cosmique et énergie féminine.  C’est l’énergie créatrice divine.  Elle est « l’unique qui devient multiple » Active, elle se manifeste dans les couleurs et les formes. Elle est «  la mère divine de l’Univers »

Prakruti, créatrice de tout ce qui nous environne est aussi  l’énergie de l’Ego : Ahamkar. Nous le savons, notre ego est aussi notre source de déséquilibre. Par ses injonctions, ses freins, ses désirs, ses peurs, ses conditionnements, ses jugements, ses excès, son agitation,  ses contradictions, ses énergies différentes etc, l’Ego nous éloigne de la réalité profonde de la vie, et nous perd. Afin de nous recentrer, nous devons l’équilibrer, en conscience, à travers notre propre discipline de vie.

Les buts de l’Ayurveda

La pratique de l’Ayurveda vise la guérison des maladies, le maintien de l’homéostasie et la réalisation de soi. L’état naturel du corps est d’être en bonne santé. Malgré les allergènes, les virus, les bactéries, notre corps s’adapte le mieux possible pour maintenir un bon équilibre.

Nous ne sommes pourtant pas égaux dans le maintien d’une bonne santé. Car selon nos choix et notre mode de vie, cet équilibre risque d’être déstabilisé : alimentation mal équilibrée, stress, rythme inadapté, fatigue…

Comment maintenir notre bonne santé ?

Selon l’Ayurveda, face aux agressions externes et à nos mauvaises habitudes, délétères pour notre santé, il convient de modifier, en particulier, notre alimentation et notre style de vie.

Pour cela il s’agit principalement de veiller à l’équilibre et au bon fonctionnement de nos doshas. Nous possédons en effet 3 doshas qui regroupent, par pairs, les 5 éléments ( éther, air, feu, eau, terre) dont nous sommes toutes et tous constitués.

  • dosha Vata : éther et air
  • dosha Pitta : feu et eau
  • dosha Kapha : eau et terre

Ces doshas sont présents dans tout le corps : tissus, organes, cellules.

 Ils gouvernent notre fonctionnement psychobiologique. Ils motivent nos envies, nos goûts, nos choix, nos émotions, nos comportements et nos interactions.

Au niveau physique, ils interviennent dans la création, l’entretien ou la destruction des tissus et l’élimination des déchets.

Lorsqu’ils sont équilibrés, ils constituent notre parfaite santé physique et psychique.

Par contre, si nos doshas sont déséquilibrés, ils provoquent des maladies et développent nos défauts tels que la peur, la colère, l’égoïsme…

Selon notre histoire personnelle et notre mode de vie, nous sommes plus ou moins à dominante Vata, Pitta ou Kapha.

Certains(nes) ont une double constitution : Vata-Pitta, Pitta-Kapha ou Vata-Kapha.

D’autres, plus rarement, sont tridoshiques : Vata-Kapha-Pitta

Les trois gunas

Les doshas sont eux-mêmes en lien avec nos gunas. Les gunas sont en quelque sorte nos humeurs et nos traits de caractère qui peuvent varier et prédominer selon notre expérience, notre vie, notre manière de penser, nos croyances, mais également en fonction des saisons, du temps et des manifestations de l’environnement.

Identifier le Guna prédominant d’une personne, permet au médecin ayurvédique de mieux comprendre son fonctionnement psychologique et physiologique. Les gunas sont définis comme des états d’énergie en lien avec le monde physique :

  • Sattva Guna (élément Vata) : Equilibre. Ce Guna représente un état de sérénité, d’éveil de la conscience, d’intelligence, de créativité, de sagesse. C’est ce vers quoi il faut tendre si l’on souhaite atteindre un état de santé, de longévité et de bonheur.
  • Rajas Guna (élément Pitta) : Mouvement. Ce Guna représente un état d’agitation psychomotrice, notamment en situation de stress. Besoin de se défouler, de relâcher le « trop plein » d’énergie. C’est aussi l’énergie psychique à l’origine des troubles, des émotions et des sentiments.
  • Tamas Guna (élément Kapha): Inertie. Ce guna représente la paresse, l’apathie, la difficulté à ressentir quelque chose.

Nous sommes donc chacun(e) traversés par ces trois états en alternance, à des doses différentes, chaque jour, selon ce que nous vivons, et la manière dont nous le gérons.

Lors d’une consultation et d’un entretien approfondi, le médecin ayurvédique détermine le profil doshique (type constitutif) de son patient et peut ainsi lui proposer le traitement naturel le mieux adapté à son cas : alimentation, boisson, rythme circadien etc.

Les disciplines de l’Ayurveda

Selon le Rishi (sage védique), pour être en bonne santé et se réaliser parfaitement, il convient de pratiquer à la fois l’Ayurveda, le Yoga et le Tantra : ces anciennes disciplines indiennes, pratiquées depuis 4 000 ans, permettent d’atteindre un équilibre parfait.

Ce sont 3 branches d’un même ensemble :

  • Yoga : science de l’Union avec le Divin, domaine de l’esprit et de la conscience
  • Tantra : manière de contrôler les énergies qui nous animent – domaine de l’âme
  • Ayurveda : science de la vie – prendre soin de son corps

Nos trois dimensions corps-esprit-âme sont alors réunies pour tendre ensemble vers la meilleure harmonie.

Pour profiter des dernières journées de printemps et méditer tranquillement sur la sagesse ayurvédique, voici une méditation que vous pouvez réaliser à votre gré, et pourquoi pas avant de déguster seul(e) ou en compagnie de votre partenaire, la recette d’un thé ou d’un dessert… ayurvédique bien sûr !

Méditation du feu

Purifiante, elle nous aide à faire de l’ordre dans nos pensées, nos habitudes, nos croyances… Sorte de ménage de printemps.

Prévoyez un moment bien à vous (une quinzaine de minutes), dans un lieu calme et rassurant, où vous ne serez pas dérangé(e).

Installez-vous confortablement, en lotus (Padmasana) ou demi-lotus (Ardha Padmasana), selon votre souplesse, sur un tapis ou un zafu. Vous pouvez aussi pratiquer cette méditation sur une chaise, les pieds posés sur le sol. Dans les deux situations, la colonne vertébrale est bien droite, la tête est légèrement inclinée vers le sternum, les épaules sont relâchées.

Les mains reposent sur les genoux, paumes dirigées vers le ciel

Commencez par vous connecter à votre corps. Fermez les yeux puis observez votre respiration. Comment est-elle : lente, fluide, rapide, saccadée ?

Activez doucement une respiration lente et profonde. Réalisez ainsi  plusieurs cycles jusqu’à trouver un apaisement intérieur.

Posez votre intention en vous formulant la phrase suivante : « Je me libère maintenant de ce qui ne m’appartient plus. » Vous pouvez aussi créer votre propre phrase. Elle représente toutes les choses ou pensées dont vous souhaitez vous détacher à présent.

Portez votre attention sur votre bassin

Visualisez un petit feu intérieur. En poursuivant avec une respiration naturelle, nourissez-le pour le faire grandir. Apportez-lui tout ce dont il a besoin : petit bois, souffle d’air…

Lorsque le feu est haut, que les flammes dansent avec vivacité, qu’il crépite joyeusement en vous, jetez-y tout ce qui ne vous appartient plus et dont vous souhaitez vous libérer : peurs, colères, culpabilités, fausses croyances, doutes…  Tout ce qui reste stocké inutilement en vous et qui vous empêche de progresser et de vous réaliser.

Laissez monter la chaleur, puissante, enveloppante et purifiante qui vous enflamme en disant « OUI » à votre intention.

Accueillez les sensations et les émotions que cette libération vous procure : sourire, joie, légèreté, compassion, amour, force, chaleur…

Puis, gentiment, reprenez contact avec la réalité de tout votre corps

Ressentez-en toutes les parties, en tout endroit, des pieds jusqu’au sommet du crâne.

Respirez profondément, puis ouvrez doucement les yeux

Après cette méditation… profiter d’un moment gourmand seul(e) ou avec notre partenaire

L’essentiel est de prendre le temps de déguster et de savourer avec tous nos sens ce que nous buvons et mangeons. L’Ayurveda insiste sur l’importance de le faire en conscience. Un repas, une collation, s’apprécient dans le calme, la tranquillité. Sans distraction, ni lecture, ni mobile… Juste ce que l’on mange, ce que l’on boit, et notre corps qui découvre. Prendre le temps de sentir, toucher, goûter, mâcher, permet de ressentir pleinement toutes les textures et les saveurs. C’est presque un moment sacré.

Le thé noir épicé : Chaï Assam*

Ce thé indien est très utilisé en ayurveda. Son goût relevé et sa teneur en caféine en fait un allié pour se redonner un coup de vitalité dans la journée.

On peut le consommer avec ou sans lait, sucré ou non.

Ingrédients

Pour 4 personnes

  • 4 cuillerées à soupe de thé noir de variété Assam
  • ½ litre de lait demi-écrémé
  • 2 cm de gingembre bio
  • Épices entières : 1 étoile de badiane, 1 bâton de cannelle, 4 gousses de cardamome, 2 clous de girofle, 4 cuillerées à café de sucre complet

On écrase grossièrement dans un mortier les gousses de cardamome, les clous de girofle et la cannelle.

On fait bouillir le lait avec 50 cl d’eau filtrée avec le thé noir. Puis, après avoir stoppé la cuisson, on ajoute toutes les épices et le sucre.

On couvre et on laisse infuser les épices pendant 5 à 6 minutes.

On sert ce thé très chaud.

Bon à savoir

Il est possible de remplacer le lait de vache par le lait d’amande, de soja ou de riz. Et pour celles et ceux qui voudraient en consommer plusieurs fois dans la journée, on peut retirer le thé.

compote ayurvédique

Compotée pommes-poires, figues et épices*

A déguster au printemps au petit déjeuner, en dessert ou au goûter.

On ajoute le miel après la cuisson. Cela lui conserve toutes ses vertus et son  action détox.

Ingrédients

Pour 4 personnes

  • 2 pommes type Golden
  • 2 poires bien mûres
  • 6 figues mûres
  • 1 gousse de vanille
  • 1 bâton de cannelle
  • 1 cuillerée à soupe de miel de fleurs bio

On coupe les fruits en gros cubes. On retire les graines de vanille avec la pointe d’un couteau.

Dans une casserole à fond épais, on mélange tous les ingrédients, sauf le miel. On couvre et on laisse ainsi compoter le mélange durant 20 minutes, en remuant de temps à autre.

Pour finir on retire la casserole du feu. On ajoute le miel et l’on sert aussitôt.

On peut aussi le servir tiède ou froid en ajoutant un fromage blanc.

Bonne dégustation et belle méditation !

*Méthode Ayurvéda, pour améliorer sa qualité de vie ! Eloïse Figgé et Sandra Salmandjee, Ed Mango

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