Fantasme…ami ou ennemi du couple ?

10 janvier 2017
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Le fantasme est-il un ami ou un ennemi pour le couple ? La réponse est peut-être dans la manière dont on le vit, le partage et l’utilise dans les relations sexuelles de notre couple. Dans une relation à deux, l’amour est complice. Pour une belle intimité sexuelle, il est conseillé de se parler de nos fantasmes. Les scénarios érotiques, acceptés et partagés dans le respect, nourrissent et pimentent la sexualité du couple.

Fantasme ou phantasma signifie dans son origine  grecque une apparition, une hallucination visuelle. Dans la langue française, on trouvait, avant la psychanalyse, les mots phantasme (hallucinations) et fantaisie (capacité à imaginer).

Les psychanalystes décrivent le fantasme comme la formation de compromis entre nos pulsions personnelles et le principe de  réalité. La capacité à fantasmer apparaît donc comme normale et favorable à une bonne santé mentale. Il touche les différents domaines de la sexualité, du désir et du plaisir.

Dans le domaine de la  psychologie,  Gregory Bateson, anthropologue, psychologue et épistémologue américain, définissait le fantasme comme un jeu théâtral au sein duquel chacun joue le rôle à la fois de l’auteur, de l’acteur et du metteur en scène. Il expliquait la  réalisation  du fantasme par le « passage à l’acte ».

Chacun  développe des fantasmes. Ils sont liés à notre  histoire. Tout ce que l’on a perçu de la relation de nos parents, beaucoup d’interdits culturels et sociétaux, nos premières expériences amoureuses, les amis, la famille, et les influences multiples : livres, télévision, cinéma, photographies, pornographie…

Certains  fantasmes sont particulièrement connus et répandus, notamment autour du lieu public : faire l’amour dans un ascenseur, dans un train, dans une cabine d’essayage… attisent l’imaginaire collectif.

 

Le fantasme n’est pas une pensée honteuse et perverse

 

Qu’on se rassure donc, tout le monde fantasme et c’est tout à fait normal. Mais alors, si le fantasme est à ce point utilisé, c’est qu’il a une fonction importante ? En effet ! Dans le domaine de la sexualité, le fantasme repose sur un scénario, imaginaire ou non, qui stimule l’excitation sexuelle. Ces scénarios imaginaires permettent à chacun d’attiser, de décupler et d’entretenir son plaisir sexuel. Inutile de les rejeter et les repousser comme des pensées honteuses et perverses. Ils accompagnent notre fonctionnement psychique et doivent plutôt être vécus comme un ami positif. Acceptons-les et utilisons-les pour nourrir l’épanouissement sexuel de notre couple. La condition essentielle étant d’en rester les maîtres et de ne pas en être dépendants. Les fantasmes  sont  des  images, des représentations que l’on gère et non pas l’expression tyrannique d’un imaginaire obsessionnel et incontrôlable. Il est possible de travailler dessus en thérapie individuelle ou de groupe pour les analyser afin de mieux les comprendre, mieux les accepter et mieux se connaître.

En parler ou se taire ?

La vie à deux est un partage. Vivre une sexualité séparée dans l’imaginaire est sans doute dommage. Surtout si la relation dure. Sans forcer le jardin le plus secret de son partenaire, la relation s’enrichirait très certainement d’un partage de fantasmes. Au départ en échangeant ensemble sur le sujet, on apprend à se connaître. On évoque les fantasmes de l’un et de l’autre et on envisage ceux que l’on peut mettre en commun pour une belle intimité sexuelle. Veillez cependant à ne  poser certaines questions que si vous êtes prêt(tes) à  entendre les réponses. Ne posez pas des questions simplement pour vous rassurer sur votre partenaire. Si vous découvrez que votre partenaire nourrit le fantasme d’une relation à trois et que cela ne vous convient pas, vous risquez d’être déçu(e) et blessé(e). Sachez  aussi qu’un fantasme est un piment pour l’amour et qu’il ne traduit pas forcément un désir profond, assorti d’un passage à l’acte irrépressible. L’objectif est de mieux vous connaître et de vous découvrir l’un et l’autre. Avancez à votre rythme. Parfois aussi, les fantasmes se révèlent et s’échangent en parlant pendant l’acte sexuel.

Faut-il réaliser ses fantasmes ?

D’une manière générale, les hommes sont plus à l’aise que les femmes dans l’expression et l’envie de concrétiser leurs fantasmes.

Selon le scénario, la concrétisation d’un  fantasme peut être, satisfaisante ou décevante. Certains fantasmes perçus comme  particulièrement excitants, ne le sont plus du tout une fois réalisés. Il est d’autre part évident que tous les fantasmes ne sont pas bons à réaliser. Ceux portant atteinte au respect de  l’intégrité humaine, ne doivent en aucun cas être concrétisés.

Caroline Doré, sexologue clinicienne et psychothérapeute, explique que ce sont souvent les fantasmes les plus simples et réalistes qui sont les moins décevants dans leur concrétisation.

Préférez donc plutôt un scénario d’amour à deux sur une plage, plutôt que le  scénario d’un plan sado-maso à trois. Les fantasmes les plus hards comportent  d’ailleurs un risque d’escalade, dangereux pour l’harmonie, l’équilibre et la pérennité de votre couple.

Se respecter et accéder à un plaisir partagé

Le plus important est de partager la même excitation pour un fantasme, mais également la même envie de le réaliser. Ne vous obligez jamais à une pratique sexuelle pour l’unique raison de plaire à votre partenaire. Cela aurait des conséquences fâcheuses sur votre estime et votre épanouissement personnel au sein de votre couple. Dans une relation à deux, tout se partage, rien ne s’impose.

Dans cet esprit, laissez venir les choses en vous et entre vous. Rien n’est obligatoire, ni les fantasmes, ni leur partage. Il existe d’ailleurs plusieurs façons de révéler son énergie sexuelle. La pratique de l’amour tantrique est une, elle nous enseigne à mieux gérer notre sexualité et à la vivre différemment. A vous de choisir celle qui vous convient le mieux, pour un beau partage sensuel à deux.

Belle complicité les amoureux !

 

 

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