Libérer l’énergie féminine !

2 juin 2019
, 0 Comments

Libérer l’énergie, donner libre cours à notre féminité. Vivre notre corps avec naturel. Laisser circuler le désir, et accueillir le plaisir. Mieux, les reconnaître et les honorer, tous les deux, en leur donnant une vraie place dans notre vie. Serait-ce le défi des femmes d’aujourd’hui pour se reconnecter à leur féminitude ?

Libérer l’énergie sexuelle, une nécessité pour entretenir notre santé physique et psychique. C’est ce qu’enseignaient les Chinois de la Chine ancienne, et qui fut une révélation pour Danièle Flaumenbaum, gynécologue en quête de lien entre le corps et l’esprit et auteur du livre « Femme désirée, femme désirante »*

Au cours de sa pratique, l’apprentissage de l’acupuncture l’amène vers la sexologie chinoise. C’est alors que s’ouvrent, pour elle, les portes des grands mystères de l’énergie.

Une énergie fondatrice et réparatrice qu’il convient d’apprendre à reconnaître, à accueillir et à développer. Elle comprend en effet, à travers les nombreux témoignages et symptômes des centaines de patientes qu’elle suit dans son cabinet, que les femmes ne connaissent ni leurs organes sexuels, ni leur sexe, et encore moins la puissance qui les anime.


Les femmes ne sont pas encore libres. Elles en ont juste l’apparence.

Pourtant, grâce à l’autorisation de la pilule en 1967, l’horizon des femmes s’est ouvert. Dans les années 1970, un vent nouveau souffle dans les cœurs. L’euphorie de la libération sexuelle rend possible une sexualité légère et nouvelle. On ne craint plus d’avoir un enfant sans le vouloir. Une ère d’expérimentation commence, laissant croire aux femmes qu’elles sont enfin émancipées. Illusion, fausse croyance, car les femmes ne sont pas encore libres. Elles en ont juste l’apparence.

Ce qui manque aux femmes

Danièle Flaumenbaum rapporte que la demande de toutes les femmes, de tous âges et de toutes situations confondues est la même :

« …soigner leurs difficultés à vivre leur féminité, être satisfaites d’être une femme, savoir être désirées et désirantes. »

Ainsi, malgré la libération sexuelle, la sexualité des femmes ne serait pas libérée. Du moins elles n’auraient pas atteint la connaissance du désir et du plaisir sexuel et ne ressentiraient pas au fond d’elles-mêmes l’ardeur de leur féminité.

Pourquoi est-il si difficile pour les femmes de libérer l’énergie sexuelle ?

Danièle Flaumenbaum explique qu’elles sont en fait coupées en deux, de 2 façons.

Difficultés d’être elles-mêmes

La première les empêche d’avoir une « communication libre avec les hommes »

« Ce n’est pas qu’elles ne les désirent pas. Leur désir est bien là, mais un écran invisible fait d’interdits, de honte, de culpabilité, d’ignorance et d’absence de confiance en soi les enveloppe d’un brouillard qui les sépare des hommes et les empêche de s’exprimer librement. » explique t-elle.

La deuxième coupure est de nature énergétique : il y a un véritable clivage entre le haut et le bas. Une séparation de tout leur être « l’esprit et le corps, les pensées et le cœur, le cœur et le sexe, la pensée et le désir. Ces femmes n’arrivent pas à se sentir entières. »

Elles ne parviennent pas à réaliser une unité, une harmonisation entre leurs pensées, leurs sentiments et les sensations qu’elles ressentent dans leur sexe.

D’après les observations de la gynécologue, ces blocages empêchent l’énergie de circuler. Elle stagne au niveau du système urinaire et produit souvent de nombreux troubles, tels que cystites, urétrites ou pyélonéphrites. Selon elle, la mycose traduit notre enfermement dans notre statut de fille, qui ne parvient pas à devenir femme.


Il n’est pas si loin le temps où nos arrière-grand-mères et nos grand-mères vivaient la sexualité dans la plus parfaite ignorance et le plus grand mutisme.

De nos jours, souligne Danièle Flaumenbaum, la liberté des femmes est davantage  professionnelle. D’ailleurs les valeurs actuelles sont orientées vers le travail et les enfants « La sexualité n’est pas encore transmise comme une valeur humaine. »

L’éducation que les mères donnent à leur fille va dans ce sens. Elles leur expliquent  l’importance de devenir des adultes, d’avoir un métier et de fonder une famille. Mais que leur explique t-elle sur leur sexe, leur sexualité future et l’amour ?

Il faut dire que les femmes sont encore sous une emprise culturelle ancestrale. Durant des siècles, sous la pression de la religion chrétienne,  la sexualité était taboue et le plaisir interdit. On tolérait les rapports sexuels essentiellement dans un but de reproduction. Il n’est pas si loin le temps où nos arrière-grand-mères et nos grand-mères vivaient la sexualité dans la plus parfaite ignorance et le plus grand mutisme.

Que pouvaient-elles transmettre à leurs filles si elles ne savaient rien elles-mêmes ?

A cette époque, la seule chose qu’elles savaient, c’est qu’elles pouvaient avoir des enfants. Il semblerait d’ailleurs que les cellules de notre sexe contiennent la mémoire de l’interdit du plaisir sexuel de nos grand-mères.

Un grand retard est donc à rattraper. Mais comment faire et par quoi commencer ? Comment libérer l’énergie sexuelle des femmes ?

Libérer l’énergie en fêtant la sexualité

Selon Danièle Flaumenbaum, il s’agit pour la gent féminine d’apprendre à découvrir « le rôle festif régénérant et structurant de la sexualité. » afin « d’harmoniser leur vie de femme et leur vie de mère. »

Après cela, et tout naturellement, la sexualité prendra sa vraie place et aura une toute autre valeur.

Le sexe fait partie du corps et de la vie. Il n’est ni sale, ni honteux, il est tout simplement naturel. Selon la pensée taoïste, l’énergie sexuelle a un pouvoir régénérant. La sexualité est une hygiène de vie autant physique que mental. Elle permet à l’esprit de s’épanouir.

Un double apprentissage

Pour en ressentir tous les bienfaits et toute la puissance, il faut passer par un double apprentissage. Cela commence par une émancipation de l’amour maternel. Il s’agit de faire la différence entre l’amour que l’on porte à sa mère et celui que l’on porte à son homme, mais également de faire la différence entre le sexe de la reproduction et celui de la jouissance.

L’amour que l’on vit dans son couple est sexué. La rencontre des sexes participe à l’épanouissement et au bon fonctionnement de la vie à deux. Elle organisme la connaissance de l’un et de l’autre, et leur ouvre la voie d’une connexion intense et profonde. Elle permet à la femme de vivre le plaisir, de ressentir qu’il fait partie d’elle-même et d’être heureuse d’être une femme.

Développer sa singularité

Pour cela, ne négligeons pas non plus, l’influence que la vie sexuelle de nos mères a sur notre propre construction. Danièle Flaumenbaum nous rappelle que « Dans la construction sexuelle de la femme, la fidélité à sa mère est un lien excessivement  puissant… Nous avons passé notre enfance à nous identifier à elle. »

Ainsi, lorsque nous répétons toujours les mêmes choses dans notre vie de couple et traversons les mêmes difficultés, interrogeons-nous sur notre histoire et l’histoire de notre mère. Peut-être y trouverons-nous de troublantes similitudes. Il est important d’en prendre conscience si l’on souhaite désactiver ce modèle qui parasite notre progression personnelle.

Libérer l’énergie sexuelle et vivre le plaisir

 Pendant l’acte sexuel, un grand nombre de femmes bloquent les énergies au fond du vagin, ce qui provoque rapidement des douleurs et empêche de ressentir les vibrations crées par la rencontre des deux sexes.

Si l’on ne se bloque pas, que l’on est dans le désir d’accueillir dans notre vagin, en toute confiance et avec bonheur, le sexe de l’homme, l’énergie va circuler librement. Un véritable voyage peut alors s’orchestrer de l’un vers l’autre, dans une vibration de forces masculines et féminines qui s’emboîtent, se mélangent, se partagent, s’harmonisent et résonnent ensemble.


Faire l’amour est un processus qui se déroule et évolue sans cesse.

Danièle Flaumenbaum explique que l’homme et la femme conjuguent ainsi les forces dont ils manquent séparément. L’homme aime dans la femme ce qu’il n’a pas pu développer dans son corps physique et réciproquement la femme capte les forces du masculin.

Elle rappelle qu’en chinois « Yin Yang » signifie « Faire l’amour ». Dans la pensée chinoise, le Yin (féminin), nourrit le Yang (masculin), qui lui-même dynamise le Yin. Dans cette union, la femme est tout autant active que l’homme. Ce sont deux forces qui se nourrissent et se renforcent mutuellement. « … c’est une ouverture à l’autre et une réception des forces sexuelles de chacun… l’alchimie de la sexualité vient de l’union de ces deux forces qui, comme le disent les Chinois, se « compénètrent » dans l’amour. L’organe central de réception de l’énergie sexuelle de la femme n’est pas son vagin, mais son utérus. »

Pratiquée dans cette disposition d’esprit et dans cette intention, la sexualité devient alors une véritable communication.

La gynécologue explique « La sexualité n’est pas une gymnastique corporelle. C’est avant tout une communication énergétique et psychique. »

Selon elle, faire l’amour est un processus qui se déroule et évolue sans cesse. Il « s’améliore et prend de l’ampleur avec l’âge et l’expérience. Il affine la connaissance de soi et de l’autre. »

Exprimer librement son désir

Exprimer son désir, c’est déjà l’accueillir en soi, le reconnaître, l’accepter, l’écouter, lui donner sa place. C’est aussi savoir qu’il  procure un délicieux plaisir. C’est libérer l’énergie, se laisser conduire par nos sens, sans résistance. Se laisser porter par la force de l’attirance.

Il s’agit concernant le sexe de l’homme de « désirer son sexe, le convoiter, l’apprécier, l’appeler, l’accueillir, le fêter et se laisser envahir par sa force et sa puissance. »

Une expression du désir d’autant plus appréciée par l’homme, car il a besoin de se sentir désiré :

« …pour un homme, le désir de faire l’amour, ce n’est pas uniquement faire l’amour avec une femme attentive, respectueuse et qui l’aime, c’est aussi faire l’amour avec celle qui le désire et souhaite faire l’amour avec lui. »

Vers une féminité désirante

Chaque jour nous pouvons travailler à nous réapproprier notre corps et nos sensations. Il suffit de prendre conscience de notre sexe, de l’intégrer pleinement  à notre corps, en sachant qu’il participe à notre équilibre et à notre bien-être. Savoir également capter notre désir et les sensations qu’il nous procure, permet de nous connecter beaucoup plus facilement à notre partenaire. Pour avoir une sexualité enrichissante et satisfaisante, il faut désirer, nous dit Danièle Flaumenbaum.

Sublime féminitude

La sexualité n’est pas une obligation. La pénétration non plus. Elle se partage à deux dans le respect du désir de l’un et de l’autre. C’est cette énergie positive et cette attirance mutuelle, librement consentie, qui lui confère ce caractère sacré et précieux. Dans notre corps de femme, nous pouvons ainsi, être consciente et fière, que la rencontre des sexes ait lieu à l’intérieur de nous-même. Sorte de temple où fusionnent les énergies féminines et masculines, lieu sacré où l’on célèbre l’amour. Mais aussi un tremplin, d’où l’on se jette et s’abandonne à deux, dans le vertige de tous les possibles.

Un lâcher prise qui fait du bien, et renforce nos liens amoureux.

*Dr Danièle Flaumenbaum, Femme désirée, femme désirante, Editions Payot & Rivages, Paris, 2006 et 2011, 2017 pour l’édition de poche

Accueillir son désir, le reconnaître, l’accepter, l’écouter

Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publiée.