Sexe, performance et solitude

6 septembre 2016
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Sexe amour ou sexe machine ? Dans une société hypermédiatisée qui  fait l’apologie de la sexualité, difficile de dire un jour à son partenaire « aujourd’hui, je n’ai pas envie de faire l’amour » ou « je préfère plus de préliminaires » ou encore « cette position me fait mal ». De nos jours, la sexualité est devenue un dictat de la performance. Faire l’amour, c’est forcément bien et ça rend forcément heureux. Alors, quand on ne s’épanouit pas dans notre sexualité et qu’on n’ose pas en parler , on se sent vraiment très seul(e).

Le sexe, ça fait toujours du bien ? C’est oublier la souffrance des premiers rapports sexuels, souvent douloureux pour la jeune fille. C’est oublier les gestes parfois incontrôlés qui font mal. C’est oublier des positions que l’on n’est pas forcément prêts(tes) à accepter. Quand un jour une relation sexuelle nous laisse intimement choqué(e) et désabusé(e) mais que l’on se sent, malgré tout, obligé(e) de simuler le bonheur, une grande solitude nous envahit. La sexualité n’est ni une obligation, ni une performance physique. On n’est pas obligés d’être en forme tous les jours, ni de dire « oui » à tout. La sexualité, c’est avant tout un accord qui se joue à deux. Sinon, pas de plaisir dans le sexe !

le sexe est un plaisir qui se partage à deux.

Pour vivre une sexualité épanouissante et partagée il est alors nécessaire d’oser dire à son partenaire ce qui nous rend mal à l’aise. Dire à son partenaire ce qui ne nous plaît pas ou ce qui nous fait mal, c’est se reconnaître le droit de partager le plaisir. Car le sexe est un plaisir qui se partage à deux.  La sexualité n’est pas une mécanique hermétique et silencieuse où se décline le « chacun pour soi ». La sexualité matérialise le désir amoureux. Elle exprime, par l’unification des corps, tout ce que le sentiment amoureux ne peut exprimer autrement. La relation sexuelle peut être intense, forte, mais certainement pas brutale.

Cunnilingus, pénétration, fellation ? Soyons au clair avec ce que l’on aime.

Dans le couple, la sexualité se construit en même temps que la relation amoureuse. Cela passe par la découverte de l’un et de l’autre et par le dialogue. On apprend à se connaître en se touchant, en se caressant et en se parlant. Mais, n’oublions pas que pour que notre partenaire nous connaisse bien, il est nécessaire déjà de se connaître soi-même. Soyons au clair avec ce que l’on aime et ce qui nous fait plaisir, les caresses, les positions, les fantasmes. Cunnilingus, pénétration, fellation ? Qu’est-ce que j’aime et qu’est-ce que je suis prêt(e) à accepter ?

Comment lui dire ?

L’important c’est de rester constructif et respectueux. Une critique trop directe ou agressive risquerait de détruire la confiance de notre partenaire et pourrait conduire à un blocage. Utiliser un langage positif en lui révélant nos préférences,  guider notre partenaire pendant la relation sexuelle en lui parlant ou en dirigeant ses gestes sera très constructif pour notre complicité. On peut aussi profiter d’un moment privilégié, à deux, pour  échanger tranquillement sur la question. L’essentiel est de faire de ce moment un vrai plaisir à deux !

Bonne nuit les amoureux !

 

 

2 reflexions sur : “Sexe, performance et solitude”

  • Tout à fait d’accord, je pense qu’aujourd’hui on baigne trop dans des images de sexe « performance », où l’humain fonctionne comme une machine. Le sexe, au contraire, doit être une expérience sensuelle de partage, de découverte progressive de l’autre, dans l’humilité et la curiosité …

    • Oui, c’est très vrai, et c’est aussi de cette manière que l’on construit une vraie complicité à deux.

      Merci Mistigriffe

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