3 bonnes raisons d’apprendre à temporiser les disputes

13 avril 2020
, 0 Comments

3 bonnes raisons d’apaiser les tensions en huit clos familial. On s’en doutait ; le confinement augmente l’expression de la colère et de la violence conjugale. Une enquête de l’Ifop nous le confirme. En première ligne, les tâches ménagères et l’éducation des enfants. Grands sujets de disputes, récurrents dans le foyer conjugal, ils impactent encore plus qu’avant  les relations du couple et de la famille. Et si l’une des priorités du confinement était alors d’apprendre à vivre autrement ?

Les mesures de confinement que la crise sanitaire nous impose, entraînent avec elles un cortège d’effets secondaires dont on se passerait bien. Peurs, anxiété, stress, irritabilité, colère, incompréhension, promiscuité permanente, perte d’intimité, augmentation des tâches et des responsabilités, surcharge de travail, vigilance accrue… autant de facteurs qui s’ajoutent et aggravent les relations de certains couples.

La répartition des tâches ménagères fait partie des principales causes de dispute au sein des couples, et il semblerait que le confinement n’arrange pas les choses. L’enquête de l’Ifop*, réalisée du 21 au 23 mars 2020 publiée le 08 avril dernier, montre en effet que près d’un Français sur deux (49%) se dispute pour cette raison. Ce phénomène est en hausse par rapport  à l’année dernière : l’Ifop enregistrait à la même période 44% de personnes déclarant se disputer à propos des tâches ménagères.

Les femmes en première ligne

Or, l’enquête révèle que ce sujet de discorde a un réel impact sur le développement de la  violence conjugale depuis la mise en application du confinement :

  • 30% des femmes déclarent subir des violences de type verbal (ex : injures) lors de disputes sur la répartition des tâches ménagères avec leur conjoint.
  •  15% déclarent subir des violences physiques.

Le deuxième grand sujet de dispute concerne les enfants. Depuis qu’ils sont confinés, certains parents se disputent plus qu’avant sur les questions suivantes :

  • Temps passé par leurs enfants devant les écrans : 34%
  • Manière d’éduquer leurs enfants : 29%
  • Temps passé avec leurs enfants : 27%
  • Déplacements / Activités de déplacements à faire en dehors du domicile : 18%
  • Activités de loisirs faites ensemble (ex : programme TV) : 17%
  • Achats à faire : 15%

Lorsqu’on regarde dans la bonne direction, il ne reste plus qu’à avancer.

Proverbe bouddhiste

La colère et la violence sont, hélas, les principales façons de réagir face au stress et aux frustrations. Souvent quand les deux partenaires ne sont pas d’accord sur un sujet, le ton monte, tout bouillonne à l’intérieur de chacun(e), plus personne ne s’écoute, la lutte pour le pouvoir s’enclenche, le combat est engagé. Le cerveau primitif, celui qui active les mécanismes de survie et prépare notre corps à fuir ou à combattre en cas de menace et de danger, se met en action. Face au stress, le système hormonal libère dans le corps, en quelques secondes, une charge d’adrénaline et de cortisol qui modifie la respiration, le rythme cardiaque et contracte les muscles. Un ensemble de réactions pas vraiment favorable à la conversation. C’est ce qui explique que, la plupart du temps, beaucoup de couples se disputent sans pouvoir résoudre leur problème. Ce qui les rend fondamentalement malheureux. Car une mauvaise relation de couple est un facteur de mal-être et de souffrance pour tout être humain.

Le sentiment de satisfaction dans nos relations humaines représente, en effet, un des piliers majeurs dans notre conception du bonheur. C’est la perspective essentielle qui motive les 3 bonnes raisons de juguler les disputes au sein de notre couple.

La recherche du bonheur, une bonne raison d’inverser la vapeur

Tous les couples qui s’aiment ont envie de réussir leur relation amoureuse. Ils recherchent tous le bonheur. Deux partenaires qui s’écoutent, se comprennent, acceptent leurs différences, se respectent, se soutiennent moralement, s’entraident physiquement et matériellement, dédramatisent les conflits et désamorcent les disputes, se manifestent mutuellement de l’intérêt, de l’amour et de la tendresse… sont satisfaits de leur relation et connaissent le bonheur dans leur vie à deux.

Mais pour celles et ceux, plus souvent dans le malheur, ne sachant pas tempérer les disputes et désamorcer les conflits, comment engager leur relation de couple vers ce nouveau cap ?

« Lorsqu’on regarde dans la bonne direction, il ne reste plus qu’à avancer. » dit un proverbe bouddhiste.

Soit, avançons ! Mais pour regarder dans la bonne direction il est utile de développer préalablement quelques bonnes pratiques qui vont permettre d’affiner notre regard.

3 bonnes raisons de temporiser les disputes

Reprendre notre vie en main

Parmi les 3 bonnes raisons d’apprendre à modérer les disputes, il y a la reprise en main de sa propre vie.

Prendre sa vie en main, c’est prendre le pouvoir, devenir l’acteur conscient de sa vie et ne plus s’en remettre au hasard. C’est aussi assumer à 100% notre part de responsabilité dans notre relation. Cela passe en toute première étape par la prise de conscience. C’est une pratique essentielle.

Cela nécessite d’être davantage à l’écoute de soi-même, dans l’observation et l’introspection. Cette conscience de soi qui pourrait paraître compliquée est en réalité très simple. Etre conscient(e) de ce qui se passe en soi, c’est par exemple se rendre compte, au début d’une dispute avec notre partenaire, de ce qui change en nous : la tension qui monte, la colère qui nous envahit, le rythme cardiaque qui s’accélère, la respiration qui s’entrecoupe, les émotions qui nous débordent, nous donnent envie de crier, peut-être même de frapper.

Ce petit sujet de mésentente à propos de qui fera le ménage ou les courses mérite- t-il que je mette dans un tel état ?

Prendre conscience de cet état nous donne la capacité de lui dire STOP ! C’est la première barrière à la montée de la violence verbale et physique.

C’est d’ailleurs le premier mot qu’il faudrait se dire à ce moment-là : « STOP » C’est le meilleur moyen de s’arrêter et de prendre une autre direction. A cet instant, nous reprenons en main notre vie. Nous ne subissons plus les réflexes inconscients de notre cerveau primitif. C’est aussi excellent pour notre santé, car de nombreuses études scientifiques ont démontré les effets délétères du stress sur notre organisme.

Cette conscience de soi favorise le recul et la dédramatisation. Elle permet de se poser des questions sur lesquelles nous n’aurions pas eu l’occasion de nous interroger : « Ce petit sujet de mésentente à propos de qui fera le ménage ou les courses mérite-t-il que je mette dans un tel état ? » / « N’y a-t-il pas une autre manière de le régler ? » / « Ne serait-il pas plus positif et constructif de réorganiser équitablement la répartition des tâches une fois que nous serons apaisés l’un et l’autre ? »

Ce regard différent sur notre vie à deux est un gain d’énergie et de paix inestimable. C’est aussi ce qui nous permet de repousser les limites restreintes que nous nous imposons. De cette manière, nous nous permettons d’approfondir notre relation.

3 bonnes raisons de temporiser les disputes

Développer une vraie communication

Parmi les 3 bonnes raisons d’apaiser les disputes, il y a l’ouverture sur la communication positive.

Faire barrière à la montée de la violence va laisser de la place à notre capacité d’écoute, ce qui va avoir, pour second effet, de développer avec notre partenaire une vraie communication.

Laisser le temps à l’autre d’exprimer ce qu’il(elle) a à nous dire. Ecouter attentivement et reformuler ensuite ses propos pour être sûr(e) de l’avoir bien compri(se)… Tout cela installe un climat de confiance et de compréhension réciproque. Cela rassure aussi notre partenaire qui se sent pris(se) en compte et entendu(e). Il est important également, pour chaque partenaire qui s’exprime d’utiliser le « je » qui l’implique personnellement en bannissant le « tu » accusateur. Chacun(e) fait part de ses émotions et expose son point de vue sans adresser de reproches ou d’accusations à l’autre.

Exemple :

« Tu n’es jamais content(e). Tout ce que je fais est toujours mal. Tu n’es bon(ne) qu’à critiquer tout ce que je fais et tout ce que je dis. Nous ne sommes jamais d’accord sur rien ! »

Correction :

« J’ai bien entendu, je comprends que tu sois irrité(e) de voir que j’ai laissé notre enfant trop longtemps devant ces jeux vidéos. Nous allons discuter ensemble pour voir comment mieux organiser son emploi du temps. »

Cette façon de communiquer permet à chacun(e) de ne pas faire de chaque problème qui se pose au sein de leur couple une affaire personnelle. Si il y a désaccord entre partenaire, cela signifie que deux personnes, ayant chacune une histoire différente, ont décidé de partager leur vie ensemble. Ce qui les oppose ne concerne pas la personne qu’elles aiment mais ses valeurs, sa culture, ses manières de faire qu’ils ne comprennent pas forcément, et dont ils ont besoin de discuter ensemble, afin de percevoir plus concrètement leurs différences. A partir de là, il leur appartient de définir ensemble, un socle de valeurs communes qui constituera le terreau de la croissance de leur relation.

3 bonnes raisons de temporiser les disputes

Lâcher prise pour gagner en sérénité

Parmi les 3 bonnes raisons de gérer les disputes, il y a l’apaisement.

Lâcher prise, c’est mettre un terme à la lutte pour le pouvoir. C’est accepter de ne pas avoir toujours raison, et être capable de se remettre en question. Cela permet d’apaiser nos rancœurs et d’oublier nos rancunes. Ce n’est pas parce que l’on a toujours fait quelque chose de la même manière que c’est forcément la meilleure manière de faire. Ce n’est pas non plus parce qu’une idée existe depuis des dizaines d’années, qu’elle est admise de tous sans n’avoir jamais été remise en cause, qu’elle est obligatoirement juste et bonne pour notre bien-être. Il est toujours possible de réévaluer une habitude ou un concept.

La discussion, lorsqu’elle est calme, respectueuse, porteuse du dénominateur commun d’un engagement mutuel dans la volonté d’améliorer les choses, est toujours enrichissante et constructive. Il est possible alors de discuter et de choisir, à deux, les valeurs essentielles sur lesquelles se fondent notre relation de couple. C’est aussi la base qui va permettre de s’entendre sur la manière d’éduquer nos enfants : définir des principes éducatifs communs, établir ensemble les permissions et les interdictions.

Le but est que l’enfant se sente en sécurité dans la cohérence bienveillante de l’éducation qu’il reçoit de ses deux parents. C’est l’entente et la solidarité de son père et de sa mère qui lui permettent d’accepter pleinement et sereinement les règles qui lui sont imposées : hygiène, alimentation, heure du coucher, travaux scolaires, temps passé devant les écrans, loisirs, comportements, langage etc.

Regarder dans la bonne direction

Dans ce contexte devenu serein, tout se fait plus facilement et devient comme une évidence. On gagne en liberté et en légèreté. En cumulant les émotions positives, nous développons notre part de bonheur. Le psychologue William James a écrit un jour « La plus grande découverte de notre génération a été de s’apercevoir qu’un homme peut changer sa vie en modifiant sa façon de penser. »

Vivre autrement est finalement plus simple qu’on ne l’imagine. Presque aussi simple qu’un vol d’oiseau dans le ciel… qui semble toujours aller, comme une évidence, vers la bonne direction.

* »Étude Ifop pour Consolab réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 21 au 23 mars 2020. auprès d’un échantillon de 3 011 personnes, représentatif de la population résidant en France métropolitaine âgée de 18 ans et plus »

Avancer avec amour dans la bonne direction

Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publiée.