Baisse de désir ? 3 pièges à éviter

9 avril 2017
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Baisse de désir dans son couple ? Les plus résignés diront que c’est normal, qu’ il n’y a rien à faire, qu’il faut laisser passer du temps. Un discours à prendre avec prudence et modération. Normal, peut-être ? Rien à faire ? Certainement pas. Laisser passer du temps, attention au piège !

Baisse de désir ? On en parle sur RadioPLus de DEFIMEDIAGROUP. Dans « C’est tabou », la psychologue, Christiane Valery, psychologue spécialisée dans les relations humaines, explique comment l’homme et la femme tombent  si souvent dans les mêmes pièges.

Le désir, divine énergie, invisible et mystérieuse, qui au gré de ses fluctuations,  sublime ou affadit la relation. Source essentielle de l’envie de se rapprocher, de se toucher,  de se caresser, de se sentir, de  se goûter, de se fondre, de se pénétrer. Le désir, dont on dit aussi qu’il indique le baromètre d’une relation, refroidit tout lorsqu’il  s’en va. Comment expliquer qu’il s’épuise et finisse même, dans certains cas, par disparaître ? Y a t-il des causes qui le justifient ? Comment éviter cette descente qui semble incontrôlable ?

 

Nous sommes responsables de notre bonheur

Christiane Valery nous rassure. La baisse du désir n’est pas incontrôlable. Elle explique notamment que c’est grâce à l’ocytocine, l’hormone de l’amour et de l’attachement que nous ressentons cette sensation de sécurité et de bien-être, celle-là même que nous vivions dans le ventre de notre mère.  Nous sommes responsables de notre bonheur. C’est à nous de comprendre ce qui se passe dans l’autre, d’être à son écoute. A nous de voir comment rester connectés ensemble, comment se synchroniser, comment s’ajuster et vivre dans la même énergie.

Il ne tient qu’à nous, en effet, d’entretenir cette flamme et de veiller à ne pas la laisser s’éteindre. Ce qui compte, ce qui est précieux pour nous,  devrait faire l’objet de toute notre attention. Mais ce n’est pas si simple, pas si facile.  La vie, le quotidien nous confrontent à une réalité contraignante qui nous entraîne vite, de manière inconsciente,  dans une succession de pièges.

 

3 pièges à éviter pour entretenir la flamme du  désir

1) Garder le silence :

On se rend bien compte que depuis plusieurs jours ou plusieurs semaines déjà, il ne se passe plus rien. Mais on se tait, on ne dit rien. Pourtant, une vague incertitude nous envahit, des questions se bousculent : « Que se passe t-il ? Ais-je fait quelque chose qu’il ne fallait pas ? Suis-je encore désirable ? » De son côté, le(la) partenaire n’en parle pas et semble même ne pas en avoir conscience. La situation perdure. Une chape de silence pèse sur la relation.

Le piège est de se taire, de garder pour soi ses inquiétudes et ses questionnements. Se taire, c’est laisser passer le temps. Or plus le temps passe, plus le désir s’éloigne, creusant un vide de plus en plus profond et de plus en plus difficile à combler. En parler permet de faire le point ensemble, de mettre en évidence les raisons de cette baisse de désir.

Cela permet aussi de dissiper un éventuel malentendu. Peut-être n’y a t-il même pas une baisse de désir en réalité, simplement une mauvaise perception de l’autre. Parfois, un changement d’humeur persistant peut donner à l’autre l’impression qu’on ne le désire plus. Si tous les deux se taisent, comment le savoir ? Parler évite la frustration, la souffrance, l’isolement. L’essentiel est de s’ouvrir à l’autre, de lui exprimer ses besoins,  sans accusation, calmement et sincèrement.

 

2) Délaisser son partenaire :

La vie quotidienne n’est pas facile. Le travail, la fatigue, le stress, nous absorbent. Sans qu’on le veuille  mais surtout parce qu’on ne peut pas faire autrement, parfois, on ne prend plus le temps de regarder l’autre, de lui accorder de l’intérêt. On le(la) blesse inconsciemment, on multiplie les maladresses et tout se dégrade. On ne vit plus au même rythme. On se perd, on se désynchronise. L’absence de l’un répond au besoin de rapprochement de l’autre. Inévitablement, le désir s’estompe.

Le piège est de se laisser emporter dans ce rythme, de ne pas s’accorder du temps. Avant de s’éloigner de plus en plus l’un de l’autre, Il devient nécessaire de se synchroniser. C’est le moment de se parler, d’exprimer ses désirs, ses besoins, ses ressentis. C’est le moment de se donner du temps, d’être présent(e) à l’autre. C’est le moment de redonner du sens à sa relation.

 

3) Se laisser aller :

Souvent le désir s’en va en même temps que notre envie de séduire. Tout nous semble acquis. Pourquoi s’habiller, se parfumer, s’entretenir physiquement ? Puisque mon partenaire m’a dit plusieurs fois, au début de notre relation, que je luis plaisais, à quoi bon faire des efforts pour quelque chose que je possède déjà ? C’est ainsi que l’on préfère son vieux jogging à une tenue plus attrayante pour son (sa) partenaire. De la même façon, on reste négligeant(e) en prenant du poids. On ne prend plus soin de soi, on se laisse aller. « On rentre dans une routine avec son corps où même soi-même on ne se désire plus. Mettre un peu de soi, d’énergie, de vitalité. » est sans doute la première chose à faire quand on se sent moins désiré(e), explique Christiane Valery.

Le piège est de ne pas s’en rendre compte. Il est temps de se reprendre en main. On se regarde dans le miroir, on fait le bilan et on agit. On prend du temps pour soi, pour faire un peu de sport, se remettre bien dans corps. Il faut retrouver le plaisir d’être dans un corps qui soit désirable pour l’autre.

 

Le dialogue des corps

Le désir est une dimension essentielle dans le couple. C’est une flamme, une chaleur qui entretient sa complicité, sa vitalité, sa « pétillance ». Pour l’entretenir, il est essentiel de ne pas rompre le lien. Lorsqu’on sent que quelque chose ne va pas, que l’on s’éloigne l’un de l’autre, il est crucial de renouer ensemble. Dans le cadre de ses thérapies, Christiane Valery travaille particulièrement autour du corps. « Je reste dans la sensation corporelle, dans le regard. On laisse tomber les mots, on reste dans un contact corporel, dans une présence, on se synchronise rien que dans la respiration et on reprend les choses à partir de là. »

Il est vrai que s’agissant d’une baisse de désir, le retour au corps est essentiel. On ramène tout à zéro avec le corps, car il est plus juste, plus près de la sensation et du besoin.

Belle « pétillance » les amoureux !

 

 

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