Changer notre partenaire, est-ce bien raisonnable ?

25 janvier 2019
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Changer notre partenaire, une tendance récurrente au sein des couples. Chacun tire sur la corde pour amener son alter ego à son opinion, sa manière de vivre, sa conception du monde.On étiquette, on met les défauts de l’autre sous le projecteur. Rien ne va plus. Après le ravissement des débuts, vient le désenchantement du présent ! Que faire ?

Changer notre partenaire… Une manie tellement répandue dans les couples que l’on pourrait presque croire à un défaut de fabrication dans la construction de la vie à deux ! Elle critique son côté désordonné, il lui reproche son côté dépensier. C’est une maniaque, un fêtard, un radin, une pantouflarde… On ne tarit pas « d’éloges  » quand  les défauts  de notre partenaire commencent à nous asticoter les nerfs !

Ces petits défauts que nous avions pourtant trouvés si charmants à notre rencontre… Maintenant, ils nous horripilent ! Les remarques et les reproches fusent. On commence à entendre de plus en plus souvent : « Il est temps que tu changes, sinon… »

Mais que se cache-t-il donc derrière ce besoin, quasi irrépressible, de faire changer notre partenaire ?

 

Une petite graine qui germe au fil de la relation

En réalité, c’est souvent le détail qui nous a attiré au départ, chez notre partenaire, qui va ensuite, devenir le point de focalisation de notre aversion. Parfois, derrière ce détail, se cache, selon notre histoire, un combat à réaliser ou un modèle à reproduire.

Les exemples ne manquent pas :

C’est Jean-Marc, qui reproche à Séverine de râler tout le temps, et qui ne s’aperçoit pas que son père reprochait exactement la même chose à sa mère.

C’est Laury, qui ne supporte plus le désordre envahissant de Théo parce que, enfant, elle vivait dans une famille étouffante et intrusive.

Nous voyons bien que, inconsciemment, ils rejouent des scénarios de leur propre histoire familiale.

Parfois les scénarios sont plus dramatiques.

Pourquoi Sandra n’a-t-elle pas fait attention au penchant, très marqué, de Jérémy pour l’alcool, au début de leur relation ?

Parce que, dans son enfance, elle a vu son père s’anéantir dans l’alcoolisme. Elle avait une mission à remplir. Changer Jérémy ! Le sauver de sa dépendance alcoolique pour réparer ce qu’elle n’avait pas pu faire pour son père.

Elle pensait que, grâce à elle, à son amour inconditionnel, elle pourrait changer son partenaire.

Est-ce vraiment possible ? À ce genre d’exercice, beaucoup se sont brûlés les ailes.

 

C’est une pure illusion que de croire que nous pouvons, ni même devons, changer notre partenaire par nous-mêmes. Nous ne sommes pas le thérapeute de notre alter ego !

 

Bien sûr, il ne s’agit pas de tolérer le pire. Nous ne pouvons laisser notre partenaire mettre sa santé, sa vie en danger, et le regarder, sans bouger. Il en est de même s’il s’agit de violence conjugale. Il n’est pas question d’accepter la spirale de la violence dans son couple. Rien ne peut justifier une agression physique ou tout autre type d’agression. L’unique solution, dans ce cas, est de partir et de porter plainte.

Quoi qu’il en soit, l’autre ne change que si il (elle) a décidé, personnellement, ce changement. Personne ne change par la force. Et c’est une pure illusion que de croire que nous pouvons, ni même devons, changer notre partenaire par nous-mêmes. Nous ne sommes pas le thérapeute de notre alter ego !

En revanche, nous devons lui faire comprendre, l’importance d’aller consulter un spécialiste pour l’aider à sortir de cette détresse.  Pour cela, il est nécessaire de faire entendre notre demande sur un ton neutre, sans reproches et sans menaces envers notre partenaire. Il n’y a que dans un positionnement de profonde compassion, d’amour, d’écoute et de respect de l’autre, que les choses peuvent bouger et avancer positivement.

 

Le couple bras de fer

On peut aussi  vouloir changer notre partenaire pour qu’il s’adapte et adhère à notre conception du monde. Idées politiques, religion, valeurs morales, etc. Quand ils ne sont pas d’accord, certains(nes) aimeraient bien plier leur partenaire à leur manière de penser. Faut-il, pour autant, déclarer un état de guerre permanent, et transformer notre relation de couple en champ de bataille ?  Et que le meilleur gagne !

Le simple bon sens nous insuffle que ce n’est pas la solution vers laquelle il est souhaitable de se diriger.

D’abord parce que c’est conduire notre couple, immanquablement, vers la souffrance et la rupture. Ensuite parce que, la vie à deux, n’est certainement pas un combat de pouvoirs, ni d’asservissement.

Alors que faire ?

 

Et si je commençais par moi ?

C’est sans doute le moment de se poser les bonnes questions. Qu’est-ce que ce  besoin de changer l’autre, révèle de moi ?

« Qui suis-je ? »  » Pourquoi je ne suis plus en adéquation avec mon (ma) partenaire ? »  « De quelle nature est ce déséquilibre ? »    « N’y aurait-il pas également quelque chose à changer en moi ? » ou encore « Ne suis-je pas en train de changer moi-même, sans m’en rendre compte ? »  « Est-il temps pour moi de quitter mon(ma) partenaire ? » ou encore « Je l’aime vraiment, je ne veux pas le (la) perdre, comment sauver mon couple ? »

Revenir à soi est une démarche cruciale à entreprendre pour mieux comprendre ce qui se passe, à ce moment précis, dans notre vie. C’est aussi une manière d’envisager notre part de responsabilité au sein de notre couple. Quel est notre place, notre rôle ? En quoi notre comportement n’est-il pas déclencheur de telle ou telle réaction de notre partenaire ? Que faire pour que la situation s’améliore ?

 

Ouvrir le dialogue

En exprimant à notre partenaire ce que l’on ressent profondément, sans l’accuser, ni le(la) culpabiliser, il est possible d’installer un vrai dialogue. Il peut se résumer en quatre points, et repose sur la méthode de la CNV (communication non violente),  élaborée par le psychologue américain, Marshall B. Rosenberg :

  • Exposer la situation de manière neutre, sans jugement
  • Exprimer ses sentiments et émotions personnels
  • Exprimer ses besoins
  • Formuler clairement sa demande

Exemple :

« Chéri(e), je vois que tes chaussettes restent sous le fauteuil et que tes vêtements ne sont pas au sale. Je me sens agacé(e). J’ai besoin d’une chambre plus ordonnée. Peux-tu les porter dans la corbeille à linge ? »

Cette manière de communiquer est un excellent moyen de favoriser la disposition à une écoute attentive de notre partenaire. L’absence de cris, de reproches, de ton accusateur, le rend plus enclin(e) à nous entendre et à nous comprendre.

Bien joli tout ça, mais changer notre façon de communiquer, mieux se connaître soi-même, décrypter notre problème…Pas toujours facile à faire ! D’autant plus que nous n’avons rien appris de tout cela à l’école.

C’est vrai… Mais il existe des professionnels qui peuvent nous y aider.

 

Un regard extérieur pour y voir plus clair

Le coaching, par exemple,  nous permet de formuler clairement notre problème, d’en comprendre les causes majeures, et de trouver ensemble la meilleure solution. Le coach conjugal nous accompagne pour exprimer nos besoins, nos motivations. Il nous aide à faire les bons choix, et à remplacer nos comportements délétères par de nouvelles habitudes positives.

Mais attention, pour cela, les deux partenaires doivent être partants. Car il ne s’agit pas de faire le travail tout(e) seul(e). Si l’un des deux refuse de bouger, rejetant l’entière responsabilité du problème sur l’autre, la situation restera bloquée. Signe, que peut-être, il est temps de se quitter.

Il est donc essentiel d’être animé, l’un comme l’autre, par cette envie d’améliorer la situation difficile que nous traversons à deux. Le vrai travail peut commencer. Et, grâce à nous deux, tout peut alors changer !

 

 

2 reflexions sur : “Changer notre partenaire, est-ce bien raisonnable ?”

  • Je pense qu’on peut changer une chose ou deux, mais on ne peut pas exiger que notre partenaire change radicalement pour nos beaux yeux. Il risque de prendre ses jambes à son cou.

    • Bonjour Sarah,

      Demander à notre partenaire de changer radicalement serait nier sa personnalité entière, de même que son intégrité. Et, comme tu le dis, il aurait raison de prendre ses jambes à son cou ! L’évolution et les changements se font à deux à travers le compromis et le dialogue, dans une relation d’égalité et de respect.
      Merci pour ce partage.

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