La peur en amour, un risque à prendre au sérieux

2 décembre 2017
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La peur en amour… Comment le sentiment de vivre une relation fragile influence le désengagement amoureux ? En quoi la peur de la rupture alimente le désamour et risque de détruire le couple ? Doutes, incertitudes, obstacles, ou au contraire confiance et sérénité… Selon sa cote d’amour, la relation sentimentale diminuerait ou augmenterait ses chances de durer, mais pas seulement… Une rupture peut aussi avoir, en cas de choc émotionnel, de graves conséquences sur notre santé.

La peur en amour est-elle source de rupture ? L’émotion négative aurait-elle un impact majeur sur la teneur et l’intensité des sentiments ? C’est le sujet d’une étude réalisée par des chercheurs italiens de la Faculté de Psychologie San Raffaele à Milan, rapportée par la journaliste Jades Boches pour Top santé le 30 novembre 2017.

Cette recherche, dont les résultats sont parus dans la revue Motivation et Emotion, s’appuie sur la théorie de l’intensité émotionnelle exposée par les psychosociologues Brehm et Miron en 2006.

L’observation de 104 personnes a permis de mettre en évidence leur mode de fonctionnement et leurs réactions émotionnelles au sein de leur couple.

Ainsi, lorsqu’on évoque la possibilité que leur relation est menacée par un risque de rupture, l’attachement et le désir d’engagement diminuent.

A l’inverse, avec l’assurance que leur relation est solide et durable, la qualité des sentiments se développe et l’envie de s’engager s’intensifie.

Les réponses sont donc claires et sans appel. La certitude d’une relation stable et pérenne encourage le désir de poursuivre et d’approfondir positivement son histoire d’amour. En revanche, le doute réveille la peur et génère des comportements négatifs, voire d’échec, sources de rupture.

 

Quoi de plus naturel ?

Voilà pourquoi, entre autres, tant de couples se séparent. L’absence de certitude de l’amour de l’autre, de la force de ses sentiments, de la clarté de son engagement et de la volonté de le faire durer, nourrissent les hésitations et alimentent la peur en amour. Elle sabote l’envie de s’engager et d’aimer.

Chaque partenaire a besoin de se reconnaître et de se sentir pleinement accueilli et désiré par l’amour de l’autre.

C’est à travers la fluidité et la régularité des échanges amoureux, la confiance mutuelle, l’engagement assumé, que la relation amoureuse se construit et s’approfondit pour devenir stable et durable.

Les non-dits, les malentendus, les messages ambigus, les positions trop changeantes, les indécisions, les résistances, les réticences conduisent, tôt au tard, vers la rupture.

 

L’amour selon Jacques Salomé

A propos de la peur en amour, le psychosociologue Jacques Salomé, a écrit « Les chagrins de cœur n’existent pas avant ou au début d’une relation. Ils surgissent bien après, quand l’amour de l’autre vous fuit, quand la relation proposée est trop frustrante ou aliénante, quand vous-même êtes dans le désamour…. » Il ajoute « Ce que nous appelons amour est la rencontre possible de deux sentiments : 

– celui que j’ai pour quelqu’un

– celui que quelqu’un a pour moi ! 

 Cela suppose donc une réciprocité… »

 

L’expression « avoir le cœur brisé »  lorsque l’on parle d’une peine d’amour aurait un sens propre et pas seulement figuré.

 

Chagrin d’amour ou chagrin de cœur ne sont d’ailleurs pas anodins. Outre un risque de dépression et de perte de confiance, Ils comporteraient également des risques sur le plan physique.

Dans son article pour le magazine Top santé, Agathe Mayer explique que ce que l’on appelle le syndrome du cœur brisé ou « Tako-tsubo », découvert par des chercheurs japonais dans les années 1970, aurait des conséquences sur notre santé cardiaque.

C’est ce que révèle une étude réalisée sur cette pathologie par des chercheurs de l’université d’Aberdeen en Ecosse. Les résultats, publiés dans le Journal of the american society of echocardiography, montrent que le syndrome du cœur brisé (ou cardiomyopathie), lié à un stress émotionnel ou physique, entraîne des dommages sur le long terme et serait responsable d’une dégradation du muscle cardiaque. Les patients subissent en effet des altérations temporelles de la contraction du cœur sur une période d’au moins quatre mois. Selon le Dr Dana Dawson, l’une des auteures de l’étude, les personnes atteintes de ce syndrome devraient être suivis au même titre que des malades qui subissent une insuffisance cardiaque.

L’expression « avoir le cœur brisé »  lorsque l’on parle d’une peine d’amour aurait donc, hélas, un sens propre et pas seulement figuré. Toujours pour Top santé, Ysabelle Silly rend compte en 2015 d’ une étude dirigée entre 1998 et 2014 par le Dr Christian Templin de l’Université de Zurich en Suisse. Le médecin explique que les conséquences mortelles de ce syndrome sont beaucoup plus importantes qu’ils ne l’imaginaient. Les résultats de cette étude, publiés dans la revue New England Journal of Medicine révèlent que, dans 27,7% des cas, la cardiomyopathie est due à un choc émotionnel causé, entre autres, par une rupture amoureuse.

 

Un goût de vague à l’âme ?

Autant de résultats qui, il est vrai, pourraient nous donner le vague à l’âme. Que faire alors ? Comment éviter ce gâchis relationnel ? Tant de couples se déchirent et finissent par se séparer. De nombreux couples ont tant de mal à se comprendre, à se parler, à faire briller l’amour en eux et entre eux.

Si la relation va mal, des choses essentielles doivent être corrigées pour ne pas la perdre définitivement.

Cesser de rejeter invariablement la faute sur l’autre, d’attendre tout de l’autre, de ne pas l’écouter, de ne pas tenter de le comprendre. S’assurer que l’on a des points forts à partager ensemble. Aborder tous les sujets. Un couple se construit sur un vrai dialogue, une vraie communication qui évitera les pensées équivoques, les aspirations floues, les malentendus, les conflits mal dépassés, générateurs de rancunes larvées, de sentiments fluctuants et ambivalents.

Travailler aussi, si c’est nécessaire, sur sa confiance en soi, son estime de soi, pour savoir accueillir l’autre et pouvoir s’abandonner… Et barrer définitivement de sa cartographie sentimentale la peur en amour.

Au travail les amoureux !

 

 

 

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