Coup de foudre musical et histoire d’amour

11 août 2017
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Coup de foudre musical , un rapide résumé pour décrire l’histoire du « couple le plus romantique et le plus moderne de la pop française » racontée par Jean-Alphonse Richard dans son émission sur RTL « Nos plus belles histoires d’amour ». Le couple emblématique, certains diront symbiotique, que l’on surnommait les « mimis » vivaient-ils un amour idéal  ? Ont-ils vécu cet amour parfait qui collait si bien à leur image ? Entre l’amour et l’amour de la musique, qu’est-ce qui les a le plus réunis ?

Coup de foudre musical d’abord, et histoire d’amour ensuite. La relation France Gall-Michel Berger s’est enclenchée dans cet ordre-là. Comment cela s’est-il passé ? A quel événement doit-on les refrains et les rythmes de chansons aussi célèbres que « Résiste » ou « Tout pour la musique » ?

Il y a ceux qui se rencontrent dans une soirée entre amis, d’autres sur un quai de métro. Pour France Gall , tout a commencé en écoutant une chanson de Michel Berger « Attends-moi », alors qu’elle roulait sous la pluie, au volant de son austin Mini. Michel Berger traverse en cette année 1973 une grande déprime amoureuse. La chanson que France Gall écoute avec attention dans sa voiture est une supplication adressée à Véronique Sanson qui venait de le quitter pour partir avec le chanteur américain Stephen Stills.

C’est un véritable coup de foudre musical. Cette chanson, c’est comme une révélation pour France qui voudrait bien se défaire de l’image encombrante de l’ingénue aux allusions coquines dans laquelle Serge Gainsbourg savait si bien la faire chanter. Le titre « Les sucettes » notamment la rend très populaire mais ne lui ressemble pas.

 

Amour et renaissance musicale

A cette époque, dans les années soixante-treize, sa carrière traverse « un trou noir » raconte t-elle, et lorsqu’elle décide de rencontrer Michel Berger, c’est pour lui demander de la faire renaître.

Peu enclin à apprécier le style de France Gall, Michel Berger qui déteste particulièrement « Sacré Charlemagne », une chanson qui s’est vendue à plus de deux millions d’exemplaires, se laisse finalement convaincre par l’invincible détermination de France.

Le sachant déprimé, elle lui fait même livrer des petits déjeuners dans l’appartement qu’il devait occuper avec Véronique Sanson. Il finit par se laisser séduire par la charmante, mais non moins talentueuse, petite blonde au sourire craquant.

Un an plus tard, en 1974, après s’être délestée de toutes ses économies pour l’enregistrement du 45 tours, France Gall chante « Ma déclaration » sous la signature de Michel Berger. Le titre se vend à plus de 100 000 exemplaires.

Naturelle, dans sa salopette à rayures, sans concessions, France Gall est enfin elle-même, et elle adore. Son coup de foudre musical, incarné dans la musique de Michel Berger lui donne l’identité qui lui ressemble et qui l’affranchit définitivement de l’image de l’ingénue, qui lui collait à la peau comme un papier de bonbon.

Le compositeur ne travaille quasiment plus que pour elle. « Nous sommes toujours fait l’un pour l’autre, je pense franchement qu’il ne trouvera pas de meilleur interprète que moi. » affirme t-elle.

Difficile histoire d’amour pourtant… quand les anciens amoureux, Berger et Sanson communiquent par chansons : « Seras-tu là ? » demande Michel à Véronique qui lui répond « Je serai là. » France fait comme si elle n’entendait ni ne voyait rien.

Ils s’efforcent de rester les plus discrets possible sur leur vie privée. On les voit tous les deux sur scène avec la chanson joyeuse et entraînante « Ça balance pas mal à Paris » en 1976. Cela fait trois ans qu’ils partagent leur vie ensemble et le couple décide de se marier… en toute discrétion.

 

« Il me pousse comme ça en avant, et moi j’essaie de l’aider »

 

Les succès s’enchaînent  avec « Musique », en 1978, l’année de naissance de Pauline, le premier enfant du couple Gall-Berger. En 1980, paraît « La groupie du pianiste », un succès qui ne passe pas inaperçu aux oreilles d’Elton John qui propose un duo à France.

Ils enregistrent ensemble à Beverly Hills, cela donnera notamment le tube international « Donner pour donner ». 1981, naissance de Raphaël, le deuxième enfant du couple. Entre leur maison à Saint Tropez et l’autre à Honfleur, une vie heureuse les accompagne et les compositions à succès fleurissent « Résiste », « Cézane peint ». Tout est presque trop beau, trop parfait, entre la musique et l’amour, tout semble magique et facile. « Il me pousse comme ça en avant, et moi j’essaie de l’aider » explique France Gall lorsqu’elle parle de leur formidable solidarité au travail.

1982 au palais des sports, le spectacle conçu par Michel pour France est une véritable consécration de leur travail. Le couple est à son apogée.

Pourtant, pendant le spectacle, le frère de Michel, Bernard meurt. Le deuil est difficile à faire pour le compositeur, alors en pleine gloire. Une autre douleur assombrit considérablement leur bonheur. La petite Pauline est atteint de la mucoviscidose à l’âge de 4 ans. Dans le couple, l’un et l’autre partagent cette réalité douloureuse et traversent l’épreuve en continuant malgré tout de travailler. Michel Berger poursuit la composition de son opéra rock Starmania.  Avec le titre « Évidemment » ils rendent hommage à Daniel Balavoine, en 1987, au Zénith .

Mais l’ombre s’élargit sur la vie du couple. Quelques semaines plus tard France annonce qu’elle se retire de la scène pour se consacrer entièrement à sa fille Pauline dont la santé se dégrade.

 

« Je m’en irai dormir dans le paradis blanc… tout seul avec le vent »

 

Michel poursuit son travail, il réalise un album pour Johnny Halliday. Mais quelque chose semble s’être envolé, serait-ce la grâce de l’amour ?  On parle d’une liaison entre Michel et une certaine Béatrice… On parle beaucoup sur les stars. En tous cas, ils préparent tous les deux une longue tournée avec un duo qu’ils ont envie de chanter ensemble. En juin 1992, Michel Berger explique « …Jamais vraiment on avait sorti de chanson ensemble…Ça fait pas mal d’années qu’on travaille ensemble, j’écris pour elle donc on a vraiment une conception de la musique qui se ressemble beaucoup, donc il n’y a pas eu d’efforts du tout. »

Quelques jours plus tard, le 2 août, Michel Berger est terrassé par une crise cardiaque près de France Gall qui crie son prénom en le tenant dans ses bras.

Le compositeur s’éteint à 44 ans. En pleine force créatrice, il laisse derrière lui une foison de lumières musicales, aux accents poétiques,  parfois nostalgiques, souvent lucides, peut-être même d’une certaine manière un peu prémonitoires.

Le paradis blanc, une chanson écrite et composée par Michel, sortie en 1990 dans son dernier album « Ça ne tient pas debout », dans laquelle il évoque la mort comme un possible retour  à l’enfance… Extrait :

Je m’en irai dormir dans le paradis blanc
Où les nuits sont si longues qu’on en oublie le temps
Tout seul avec le vent
Comme dans mes rêves d’enfant

Je m’en irai courir dans le paradis blanc
Loin des regards de haine et des combats de sang
Retrouver les baleines
Parler aux poissons d’argent
Comme, comme, comme avant

France Gall – Le paradis blanc (1993) HQ Stéréo 720p

 

France et Michel, un couple qui allait bien ensemble

Yves Bigot, journaliste et producteur, auteur du livre « Quelque chose en nous de Michel berger » paru aux éditions Don Quichote, explique au micro de Jean-Alphonse Richard que Michel Berger a réalisé une véritable symbiose avec France.

« Il va réussir à lui écrire des chansons qui correspondent parfaitement à son style à elle, rythmique et vocal… Ça montre que Michel, est quelqu’un, et c’est un véritable talent, qui arrive à se glisser dans la peau de quelqu’un d’autre comme artiste… Ils avaient un truc, Michel et France, c’est qu’ils allaient tellement bien ensemble, c’était le couple idéal des années soixante-dix à Paris… On les avait surnommés les mimis. »

Il rapporte que le dernier enregistrement était tendu. France Gall ne semblait plus vraiment apprécier le répertoire que lui proposait Michel, elle aurait aimé le co-réaliser.

« Est-ce que Michel Berger a voulu faire un cadeau d’adieu à France ? » s’interroge Yves Bigot. Le couple aurait-il duré malgré les tensions ? Tout pour la musique ou tout pour l’amour ? Visiblement, France et Michel étaient fait pour être ensemble, tout naturellement… Qu’on les regarde ou qu’on les écoute,  Il y avait entre eux ce « je ne sais quoi » qui ressemblait à  une évidence.

Pourquoi alors l’amour, ce sentiment si fort, ne tient toujours si souvent qu’à un fil ?

France Gall partage désormais son temps entre le Sénégal et la France, elle n’a pas envie de retrouver la scène. Elle vit dans un village, sur une île ou il n’y a pas l’électricité… juste les oiseaux, la nature.

En 2015, Elle a proposé une comédie musicale « Résiste » qu’elle décrit comme « un défi, un challenge » qui la comble « C’est une autre manière de faire vivre les chansons que Michel a écrites et que j’ai crées ». Son coup de foudre musical est donc encore bien vivant…

Belle écoute musicale les amoureux !

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