Jean-Louis Fournier n’est pas seul…

30 septembre 2019
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Jean-Louis Fournier n’est pas seul à jouer la gamme de la solitude. Auteur de 35 livres, réalisateur de séries TV, de téléfilm, et de chroniques partagées avec son complice Pierre Desproges, c’est un homme à la vie bien remplie, un amoureux comblé, mais un veuf… comme beaucoup d’autres.

Jean-Louis Fournier n’est pas seul. Le bonheur est pareil pour tout le monde. Il n’existe qu’en pointillé. C’est quand il est là qu’il faut savoir en profiter. Comment voit-il la vie sur cette ligne discontinue ? Entre ce qui lui manque et ce qui l’agace, lui reste t-il encore un peu de place pour aimer ? Des hauts et des bas qu’il raconte dans son nouveau livre « Je ne suis pas seul à être seul. » Un ouvrage que Pascal Anger, par amitié, a eu envie de nous  partager.

Survivre seul

Jean-Louis Fournier est seul, comme beaucoup d’autres. Chacun.e est seul.e à sa façon, et pour diverses raisons. Jean-Louis Fournier, lui, est un amoureux esseulé, qui a perdu sa moitié, la femme de sa vie, qui le complétait si bien.

Une histoire d’amour dont il est   « le seul survivant »,  mais qu’il fait revivre, à travers l’écriture de son livre « Veuf », paru en 2011. Un témoignage émouvant sur la manière dont il ressent la perte de l’être aimé.

Dans un style qui cultive habilement contraste et humour, il ose se déshabiller (lui pourtant si pudique), et dire à Sylvie, l’amour de sa vie, des choses qu’il n’avait jamais osé lui dire. Il lui révèle ses émotions les plus intimes, ses peurs les plus secrètes « Quel soulagement quand j’entendais ta clé tourner dans la serrure. Inquiet, trouvant que ton rendez-vous avait duré trop longtemps, j’avais toujours peur que tu ne rentres pas. Son bruit était aussi beau que l’Alléluia du Messie de Haendel. Je ne l’entendrai plus. » confie t-il à son amour envolé, qui reste en lui comme un doux parfum, une nuée de beaux souvenirs, éparpillés dans les jardins fleuris, et les maisons qu’ils ont tant aimées.


Toujours pudique et délicat, il parle sans pareil avec originalité de ce qui le touche dans ce monde de brutes.

Pascal Anger

Jean-Louis Fournier écrivait en 2011 « Si je dis que je vais bien, ce n’est pas vrai ; si je dis que je vais mal, ce n’est pas vrai non plus. Je vais. »

Et maintenant, comment va –t-il ?

« Toujours pudique et délicat, il parle sans pareil avec originalité de ce qui le touche dans ce monde de brutes. » nous dit Pascal Anger. « Pour combler sa solitude il s’invente des histoires, pour oublier le poids de la vie, il pense à l’après, à Sylvie (sa femme)… peut être lui aura-t-elle préparé une jolie chambre avec un bouquet de fleurs, dans sa dernière demeure du père Lachaise. En attendant il attend la visite d’une jeune fille qui l’emmène au musée et le distrait. » ajoute t-il.

De la distraction, on en a besoin pour combler les vides sur la ligne en pointillé du bonheur. Car si sa rencontre avec Sylvie chez Claude Lévi-Strauss est un moment clé, qui illumine sa vie, il en est d’autres qui l’assombrissent, raconte Pascal Anger « On le sait depuis longtemps, Jean-Louis Fournier souffre… Jean Louis Fournier cumule les épreuves, l’alcoolisme de son père, l’hypocondrie de sa mère, le handicap de ses deux garçons sur lequel il écrit un livre, récompensé par le prix Femina en 2008*, et le décès brutal de sa femme. Sans compter les péripéties rencontrées avec sa fille. Il en a parlé de sa souffrance chez sa psy, histoire de la distraire. Il s’est fait des cheveux blancs, a fumé sa dernière cigarette. »


Il sait nous parler avec tendresse et nous invite à regarder la vie avec dérision.

Pascal Anger

Heureusement Jean-Louis Fournier s’en sort avec humour précise Pascal Anger « Il nous parle de sujets graves avec ironie, il a le mot juste, c’est un économe des mots, un poète, il sait nous parler avec tendresse et nous invite à regarder la vie avec dérision. A la manière de son ami Desproges il pourrait dire « vivons heureux en attendant la mort ». »

La phrase magique

La mort ? Le plus tard possible, il y a encore tellement à vivre, à sentir, à regarder, à aimer. Car, Il n’y a pas d’âge pour mourir… juste un temps précieux pour vivre.

D’ailleurs Jean-Louis Fournier a plus d’un tour dans son sac. Il connaît la phrase magique qui ravive l’espoir et redonne de la brillance à la vie. Une phrase clé qu’il a trouvé dans le livre de la psychologue et psychothérapeute de renommée internationale, Anne Ancelin Schützenberger. Elle reprend la méthode d’Emile Coué (1857-1926), qui conseillait de se rappeler plusieurs fois par jour « Tous les jours, et à tout point de vue, je vais de mieux en mieux. » Car il semblerait qu’en voyant la vie de manière positive, ça aide à vivre mieux ! Étonnant, non ?

Jean-Louis FOURNIER « Je ne suis pas seul à être seul », Ed JC LATTES, 19€, 190 pages

« Je ne suis pas seul à être seul »

Est-ce que ça marche ? Peut-être en parle-t-il dans son dernier livre ? Un ouvrage, en tout cas dans lequel « Il parle de ce qu’il aime, de ce qui l’agace, de celle qui lui manque, Sylvie, l’amour de sa vie. « Veuf et seul deux mots qui vont si bien ensemble » nous dit-il. En 183 pages il nous livre sa réalité, son quotidien… Avec son style singulier et son regard coquin, il nous emporte à travers ses rencontres coquasses. », raconte Pascal Anger, dans un enthousiasme qui émoustille notre curiosité.

« Je ne suis pas seul à être seul. », un livre de JEAN-LOUIS FOURNIER dont la sortie est prévue le 2 octobre 2019, aux éditions JC LATTES.

*Prix Femina 2008 : Où on va, papa ?

Il n’y a pas d’âge pour mourir, juste un temps précieux pour vivre

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