Catherine Dolto et Emma la clown, un duo d’amour

25 janvier 2017
, 0 Comments

Catherine Dolto et Emma la clown, deux grandes amoureuses du théâtre, se mettent en scène pour parler d’amour. Un duo tendre et complice qui retrace l’histoire de ce sentiment bien compliqué et parfois encombrant qu’on a bien du mal à définir. Les voilà parties pour une chevauchée fantastique à  travers l’humain et son inconscient. De l’amour filial à l’amour romantique, tout, tout, tout…  Vous saurez tout sur l’amour !

Catherine Dolto et Emma la clown entrent en scène sur un pas de danse. Le décor est planté. Une table, deux chaises, une nappe rouge ornée de trois cœurs. Au fond de la scène, on peut lire sur un grand écran une définition de l’amour donnée par Wikipédia, expliquant  la nature complexe de ce sentiment. Elles se présentent sous l’œil averti d’un invité de marque, Sigmund Freud, le père de la psychanalyse, représenté par un sanglier planqué derrière ses lunettes roses en forme de cœur. Un autre invité, planqué lui aussi derrière des lunettes en forme de cœur, l’enfant, représenté par un poupon.

Catherine Dolto et Emma la clown, un duo d'amour

 

Une sombre affaire qui a fait beaucoup parler

D’entrée de jeu, Emma la clown  et Catherine Dolto nous annoncent la couleur. Elles reprennent une affaire, laissée en cours de route,  toujours pas élucidée : l’affaire Platon.

La fameuse affaire avait déjà fait beaucoup parler à l’époque antique. Un dénommé Aristophane y évoquait  une sombre histoire de découpage. Zeus aurait tranché en deux l’androgyne originel que nous étions, pour  nous séparer et faire de nous un homme et une femme. Chacun se sentant seul(e), fragile, abandonné(e). Depuis ce jour néfaste, nous errons dans le manque et la quête permanente
de l’autre, notre âme sœur.

Les deux complices retournent sur les traces de l’amour laissées dans le passé. Comment l’amour était-il représenté, parlé, éprouvé, vécu, initié et pratiqué ? A travers la mythologie, la préhistoire, l’histoire humaine et sa pensée, elles racontent et expliquent ce concept si difficile à définir. Et pour tenter de mieux le comprendre aussi de nos jours, quelques personnalités, historien, physicien, gynécologue, philosophe et ethnologues s’affichent à l’écran, en vidéo, et donnent leur point de vue.

 

L’amour est un concept général fait de concepts particuliers. Parmi eux, l’amour romantique.

 

Emma la clown, l’auguste, tour à tour candide, curieuse,  truculente, partiale, pudique ou capricieuse, avance avec Catherine Dolto, sorte de professeure bienveillante ou clown blanc, dans leur exploration d’un des sujets les plus interrogé au monde : l’amour. Pas l’amour avec un grand « A », non l’amour et tous ses petits « a ». Car, telle une locomotive qui traîne ses wagons, l’amour est un concept général fait de concepts particuliers. Parmi eux l’amour romantique.

Elles commencent à démêler la relation qui existe entre l’amour et le pathos. Tout partirait d’un fâcheux malentendu. Elles nous dressent le tableau sans complaisance du sentiment aliéné de l’amour. Un sentiment né de la relation mère/bébé, au travers duquel tout se construit. L’amour serait ce désir de retrouver dans sa vie d’adulte son bien-être de bébé. L’amoureux veut connaître la sécurité, la facilité.

L’amour, ce serait l’histoire d’une attente impossible, d’une demande irréalisable. C’est demander à l’autre ce qu’il ne peut pas nous donner.

 

L’amour ne nous apporte pas tout

L’un des partenaires épuise l’autre… Et réciproquement. Chacun attend de l’autre ce qu’il n’a pas. Il demande ce qui lui manque cruellement, ce qu’il avait si facilement avant, sans même avoir besoin de réclamer. Il  est dans son égocentrisme profond, une sorte de névrose incontrôlable. Il crie, parce qu’il a faim, soif, besoin de sécurité, besoin de chaleur fusionnelle. Il ne comprend pas pourquoi l’autre, son  partenaire ne devine pas tout ça, le laissant dans cet abandon, dans cette froide solitude. Il cherche un cordon invisible. Un cordon qui a été coupé le jour de sa naissance. Le début du premier déchirement, de la première séparation. Il veut se sentir pourvu dans tous ses besoins , comme savait si bien le faire sa mère.

 

Aimer, ça s’apprend

De là naissent les frustrations, la culpabilisation, les conflits. De là naissent la dépendance, la possession, la jalousie… Impossible de sortir de cet emprisonnement si l’on n’en prend pas conscience un jour. Impossible d’être heureux en amour si nous ne décidons pas de nous déconditionner de cette illusion que l’amour peut tout nous apporter, comme notre mère lorsqu’on était bébé, puis enfant.

Pour en finir avec les clichés, aimer n’est pas un sentiment magique. Aimer bien, aimer vraiment,  ça s’apprend !

Une envolée de cœurs en papier au-dessus de la scène, la chanson de Charles Trenet « Que reste t-il de nos amours ? »

C’est déjà fini ? Au revoir Emma la Clown et Catherine Dolto. Merci pour ce voyage dans l’amour.

Grand symposium : Tout sur l’amour, un spectacle drôle et pédagogique, au théâtre de Belleville, 94 Rue du Faubourg du Temple, 75011 Paris.

du 8 au 30 janvier 2017.

 

Vite les amoureux, à vos strapontins !

Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publiée.