Après le COVID-19, se retrouver…autrement

17 mars 2020
, 0 Comments

Après le COVID-19, pourrons-nous recommencer comme avant ? Cette épidémie planétaire, inédite, ne pourra se mettre sous cloche. Nous devrons nécessairement faire le bilan, en tirer les principales leçons, pour vivre autrement.

Après le COVID-19, nous n’aurons sans doute qu’une envie : Profiter de notre liberté ! Nous retrouver, nous rassembler à nouveau. Pouvoir se serrer la main, comme avant, s’embrasser, partager les espaces communs sans craindre d’être contaminés, se débarrasser de nos masques, se balader librement.

Car, en raison de la rapide propagation du virus dans notre pays, depuis jeudi dernier, les mesures de confinement s’accélèrent.

12 mars 2020 : Emmanuel Macron annonce, jusqu’à nouvel ordre, la fermeture des écoles, collèges, lycées et universités sur l’ensemble du territoire français.

14 mars 2020 : Le Premier ministre, Edouard Philippe, décide la fermeture des lieux publics, autres que ceux « indispensables à la vie du pays » : cafés, restaurants, discothèques, théâtres, cinémas, musées… baissent le rideau.

16 mars 2020 : Emmanuel Macron annonce l’interdiction de tout regroupement extérieur ainsi qu’une limitation des déplacements. Dès aujourd’hui, ils doivent être justifiés en présentant aux forces de l’ordre une « attestation de déplacement dérogatoire ». Le non respect de ces nouvelles règles est passible d’une amende allant de 38€ à 135€.

Freiner la course du virus

Le stade 3 est enclenché. Dans quel but ? Limiter au maximum la propagation du SARS-COV-2, particulièrement contagieux. Cette série de mesures devrait permettre aux services hospitaliers d’accueillir, dans les meilleures conditions possibles, toutes les personnes contaminées par le virus, et nécessitant une prise en charge d’urgence. L’enjeu est donc de ne pas surcharger les unités de soins pour ne surtout pas se retrouver, comme en Italie, face au dilemme insoutenable décrit par Enzo Scaffuro, secrétaire régional syndicat médecin en Lombardie.

Soigner ou laisser mourir ?

Sur LCI, le 11 mars dernier, il exprime ce terrible cas de conscience : « C’est toujours difficile d’établir une hiérarchie pour les patients. Quel est celui qu’on doit sauver au détriment d’un autre ? Faut-il choisir le plus jeune ? Ethiquement, c’est un choix dévastateur. »

Comment concevoir et accepter un tel dilemme dans des pays riches, qui possèdent les technologies les plus avancés ? Des pays où l’on ne manque ni de produits de luxe ni de gadgets inutiles, mais où l’on manque de matériel essentiel et de lits de thérapie intensive dans les hôpitaux ? Pourquoi vivons-nous cette démesure, et pourquoi l’acceptons-nous ?

Si l’heure est à l’urgence des soins et à la solidarité, il n’en faudra pas moins en tirer les leçons, dès la fin de la pandémie.

En Italie, face à l’ampleur et à la vitesse de la contamination, les hôpitaux de Crémone, Bergame et Milan manquent en effet cruellement de respirateurs artificiels pour apporter de l’oxygène aux malades atteints du COVID-19, mais également de lits de thérapie intensive. Les services de réanimation sont surchargés. Les équipements pour prendre en charge la totalité des patients sont insuffisants. Les services de soins intensifs sont engorgés. Les médecins sont débordés, à tel point qu’ils lancent un cri d’alerte : « Nous sommes à bout de force physique et mentale. Aidez-nous. Les hôpitaux sont saturés, nous n’arrivons pas à répondre à tous les besoins. C’est une situation d’urgence maximale. » explique Francesca Mangiatordi (médecin).

Affronter la vague

En France, on se prépare à affronter le pic de l’épidémie qui serait atteint aux environs du 20 avril prochain selon Patrick Berch, Professeur émérite de microbiologie. Il ajoute« Notre épidémie a commencé le 2 mars et se terminerait vers le 15 mai. » Cela reste une estimation approximative, précise-t-il.

Sommes-nous vraiment prêts ?

Dans un reportage sur TF1, pour l’émission sept à huit, Julien Etsinger, médecin réanimateur à l’hôpital de Vannes, explique : « Si l’épidémie est très élevée partout, cela deviendra difficile pour nous. »

Manque de lits et de personnel

Sur France 2, Juliette Richard, infirmière au service des urgences à l’hôpital Robert Debré déplore le manque de lits et de personnel : les lits sont supprimés à des services existants et le personnel de soin est déplacé.

Manque de tests

A Vannes, les tests posent problèmes. Face à la demande, il faut désormais attendre 48 heures pour obtenir un diagnostic, contre 6 heures au début de l’épidémie. Les hôpitaux doivent faire des choix : « Quelles personnes faut-il tester et pour quelles raisons ? »

Manque de masques

Par ailleurs, une fourniture essentielle est en rupture de stock : les masques. Les médecins généralistes, en première ligne ne sont pas suffisamment protégés. A Mulhouse notamment, Ils doivent tenir avec 50 masques par semaine.

Actuellement en France, seulement trois entreprises fabriquent des masques et elles tournent à plein régime. Leur production, depuis le début de l’épidémie, est 12 fois plus élevée qu’en temps normal.

Le gouvernement annonce pour aujourd’hui la livraison de masques dans les pharmacies des 25 départements les plus touchés, et à partir de mercredi 18 mars 2020, une livraison sur l’ensemble du territoire français.

On le voit, si l’heure est à l’urgence des soins et à la solidarité, il n’en faudra pas moins en tirer les leçons, dès la fin de la pandémie.

Etre pris en charge, être soigné dans des conditions optimales, cela doit devenir notre priorité.

Un phénomène qui n’est pourtant pas nouveau. Depuis des siècles, l’être humain fait face à des vagues d’épidémie : Peste noire, Typhus, Choléra, Ebola, Grippe H1N1, Sida… Aujourd’hui, nous faisons face au COVID-19.

A cela, s’ajoutent les maladies de civilisation, causées par des modes de vie délétères pour notre santé : vie sédentaire, pollution, consommation massive d’aliments transformés, perturbateurs endocriniens, stress

Pour répondre à ces problèmes, outre l’urgence de modifier nos modes de vie, l’hôpital doit être prêt ! C’est tout le système de santé qui doit être renforcé.

Les chiffres de la pandémie

« On a beau être formés, on reste très étonnés par l’ampleur de ce phénomène. », déclare le professeur Vincent Dubée, infectiologue au CHU d’Angers.

Le 16 mars à 15h, le site du gouvernement rapporte le bilan suivant :

  • 167 414 cas de personnes atteintes par le COVID-19 dans le monde.
  • 54 425 cas de personnes atteintes par le COVID-19 en Europe.
  • 6 633 cas de personnes atteintes par le COVID-19 en France.
  • 6 507 décès ont été enregistrés dans le monde, dont 3 217 en Chine et 3 290 hors Chine.
  • 2 337 décès en Europe, dont 1 811 en Italie.
  • la France compte 148 décès.

Un état de fait bien triste, mais bien réel, qui nous rappelle à quel point la vie peut basculer très vite, et combien il est important de pouvoir la prendre en charge en cas de besoin. Pour cela, personne ne doit être abandonné, laissé au bord du chemin.

Le meilleur pour la santé

La santé, les soins, chacun, chacune les méritent jusqu’au bout, et sans aucune sélection possible. A tout âge, du plus jeune au plus âgé, nous devons pouvoir compter sur les services de soins dans tous les hôpitaux de notre pays. Etre pris en charge, être soigné dans des conditions optimales, cela doit devenir notre priorité.

Cela passe par du matériel, des équipements, des services de soin, du personnel, en nombre suffisant.

Il s’agit de faire de l’hôpital un lieu sûr et bienveillant pour toutes et tous : patients(tes), soignants(tes), mais également les familles souvent désemparées face à la maladie de leur proche.

Un fléau contagieux, dont on parle peu, pourtant bien plus ravageur et mortel que le COVID-19.

Dans l’émergence de cette « guerre sanitaire »* qui a débuté en Chine en décembre dernier, une trêve voit cependant le jour. La cessation massive des activités industrielles et de la circulation, en raison du confinement des chinois, a permis de découvrir les villes sous un nouveau jour. Pour un temps, le smog, ce brouillard de pollution, gorgé de particules fines**, hautement nocives pour la santé, a disparu. Les habitants des grandes villes confinées, notamment Wuhan, ont pu voir le ciel. La Chine, le plus grand pollueur du monde avec une émission de 9, 06 milliards de tonnes de CO2 voit l’espérance de vie de ses habitants, en particulier dans le nord du pays, diminuer de 3,1 années.

Le côté positif du virus

Paradoxalement, si le SARS-COV-2 (Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus-2) détruit le système pulmonaire chez l’humain, il oblige, dans le même temps, une véritable amélioration de la qualité de l’air que l’on respire.

Une amélioration vitale pour toute l’humanité. « 3 millions de décès par an ont pour origine l’exposition à la pollution de l’air extérieur. » rappelle l’OMS à l’origine d’une campagne d’alerte : « Respire la vie : la pollution de l’air, un tueur invisible ».

La pollution de l’air, un fléau qui, à la manière d’une pandémie, touche les habitants de toute la planète. Un fléau contagieux, dont on parle peu, pourtant bien plus ravageur et mortel que le COVID-19.

Les chiffres de l’OMS

  • La pollution atmosphérique cause 2,2 millions de décès par an dus aux AVC
  • 1,7 million de décès dus aux maladies et cancers pulmonaires provoqués par la pollution atmosphérique
  • 2 millions de décès par an dus aux maladies cardiaques

92 % des populations urbaines ne respirent pas un air sain. Dans plus de 80% des villes du monde, les niveaux de pollution de l’air sont supérieurs aux niveaux recommandés par les lignes directrices de l’OMS sur la qualité de l’air.

l’Italie avec sa région industrielle au nord, est le pays le plus pollué en Europe. La France, moins polluée, dépasse malgré tout les normes fixées par l’OMS concernant les particules fines. Certaines zones en Île de France, mais aussi dans l’est de la France, ont un niveau de pollution trop élevé.

Que faisons-nous de l’air, si précieux à nos poumons, à la vie de chacun et chacune d’entre nous ?

Ralentir et revenir à soi

Profitons de ce temps spécial pour lever le pied, s’accorder plus de bienveillance, prendre soin de soi et de nos proches, se détendre, se relaxer, se balader en pleine nature pour celles et ceux qui le peuvent. Pour les autres, s’aérer le plus possible.

Respirer, sentir la vie

Respirer… Apprécier la qualité de cet air que l’on respire chaque seconde de notre vie est un bien-être primordial. Car la respiration est la force intrinsèque de la vie – c’est l’énergie vitale – ce que les maîtres du Yoga en Inde ont nommé le Prâna, qui signifie en sanskrit « Souffle de vie ». Ce n’est que dans cet accord parfait entre le souffle et le mouvement qu’advient l’équilibre. L’équilibre, ce que les médecins appellent l’homéostasie, si essentiel à notre santé.

Booster notre système immunitaire

Faire des exercices respiratoires, de la cohérence cardiaque sont d’excellents moyens pour booster notre système immunitaire. Ainsi, lorsque vous allez vous balader, prendre l’air un moment en solo, profitez de ce temps rien qu’à vous, pour retrouver votre nature essentielle :

Respirez en conscience

Méditez en marchant. Connectez-vous à votre corps tout en restant naturellement ouvert à l’extérieur. Sentez le vent sur votre peau. Inspirez profondément. Sentez comment l’air se diffuse dans tout votre corps – quelle énergie, et quel bien-être cela vous procure. Expirez.

Marchez dans cet accord parfait entre le mouvement et la respiration. Accueillez toutes les sensations de ce moment présent – pleinement ouvert(e) à l’essentiel, et au simple partage de la vie avec l’environnement.

Toutes et tous, durant cette période difficile et incertaine, nous aurons besoin de ces moments d’apaisement. Mais après ?

Après le COVID-19, nous retrouverons-nous comme avant ?

Cette pandémie mondiale nous donne à réfléchir. Nous ne sommes pas tout-puissants, ni invulnérables. Accueillons notre vulnérabilité. Faisons-en notre alliée pour faire de meilleurs choix, prendre de nouvelles directions, plus justes, plus adaptées à notre vraie nature, dans le respect de la vie de toutes et tous, et de notre planète. La vraie puissance, la vraie valeur, c’est la vie. C’est ce que nous avons de plus précieux à protéger et à développer.

En cette période de bouleversements et de déséquilibre, il est temps de donner un vrai sens à notre humanité dans ce grand univers. Pour bâtir ce nouveau monde, l’humain possède un merveilleux outil, à partir duquel tout peut commencer : l’amour.

*Discours du Président de la République, Emmanuel Macron, le 16 mars 2020.

** Particules fines, les PM10 (moins de 10 micromètres de diamètre), et les PM2,5 (moins de 2,5 micromètres de diamètre), les plus nocives car elles pénètrent en profondeur dans le système cardiovasculaire et les poumons.

Les informations sur l’actualité du Coronavirus sur le site du gouvernement : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

Vivre autrement, c’est possible. Il suffit de le décider.

Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publiée.