Éjaculateur précoce, que les hommes se rassurent !

5 avril 2017
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Éjaculateur précoce, quoi de plus naturel ? Survie de l’espèce oblige, l’homme est naturellement programmé éjaculateur précoce. À l’origine, le coït durait deux minutes. Que s’est-il passé depuis ? Comment expliquer que l’homme déprime parce qu’il éjacule trop vite ? Comment  définit-on l’éjaculateur précoce ? De quels problèmes s’agit-il vraiment et quelles réponses apporte t-on ?

Éjaculateur précoce ? Un terme qui fait peur aux hommes. Une réalité mal vécue par les hommes mais aussi par les femmes. S’il est pour certains d’ordre  physiologique, il n’en est pas moins, pour beaucoup d’autres, d’ordre culturel.  L’homme du XXIème siècle vit dans une société de performance. Travail, aspect et forme physique, sexe, tout doit fonctionner, au micron prêt. Si ça ne marche pas, que se passe t-il ? L’homme n’est pas seul, il le sait. Il évolue dans une culture « kleenex ». On prend, on jette, on recommence.  Il est en compétition contre les autres mais aussi contre lui-même. Il  sait ce qui se joue à travers ses fragilités. 73% des partenaires des hommes éjaculateurs précoces se disent frustrées selon une étude des laboratoires Menarini réalisée en partenariat avec la FF3S (Fédération Française de Sexologie et de Santé Sexuelle). Ce trouble génère les mésententes au sein du couple. Il est souvent responsable de divorces et de désirs d’infidélité.

 

Un problème de décalage horaire

D’une manière générale l’homme a peur de quoi ? De ne pas être à la hauteur des normes actuelles. Car, avec la libération sexuelle s’est développée une nouvelle forme d’aliénation. L’homme doit tenir et la femme doit jouir ! Seulement voilà, entre les deux, il y a un problème de décalage horaire. Quand la femme a besoin en moyenne de vingt minutes pour atteindre l’orgasme, l’homme peut l’atteindre en deux minutes. Que faire ? La femme est souvent insatisfaite. Elle aussi a envie de développer son plaisir et sa jouissance. Comment parvenir à se rejoindre et à s’épanouir sexuellement à deux ?

 

De quoi parle t-on ?

Revenons d’abord sur les définitions. Lorsqu’on parle d’éjaculateur précoce , Il est plus juste d’utiliser le pluriel. Les observations du comité d’experts constitué par l’International Society for Sexual Medecine (ISSM), publiées en 2014,  distinguent  en effet  2 types d’éjaculation précoce.

L’éjaculation précoce permanente

– L’éjaculation précoce acquise

Leurs recherches remettent  les chiffres en question. Sur les 30% d’hommes,  jusqu’alors déclarés éjaculateurs précoces, seulement 5% des hommes seraient véritablement concernés.

Une mauvaise évaluation des hommes de leur propre sexualité serait à l’origine de cette erreur. C’est en redéfinissant les critères de l’éjaculation précoce que les experts ont révélé ce malentendu.

 

En parler permet de lever les inquiétudes, les confusions, les à priori. La parole libère du stress et rassure.

 

De quoi s’agit-il ? L’éjaculation précoce permanente apparaît dès la première expérience sexuelle. Elle survient moins d’une minute après la pénétration. Le phénomène se prolonge durant toute la vie et s’aggrave avec l’âge.

L’éjaculation précoce acquise, dite secondaire, peut apparaître après une sexualité normale, c’est à dire avec un contrôle de l’éjaculation qui se libère dans un délai moyen fixé à environ huit minutes. Les experts diagnostiquent l’éjaculation précoce acquise lorsque l’homme, de manière répétée, n’est plus capable de contrôler son éjaculation dans un délai inférieur à trois minutes après la pénétration.

D’autres critères caractérisent l’éjaculation précoce. Ils concernent  l’aspect physique mais également émotionnel. L’homme est dans l’incapacité de retarder ou de contrôler l’éjaculation. Cette difficulté produit un sentiment de frustration susceptible de générer un comportement d’évitement pour le rapport sexuel.

L’étude a également permis de mettre en lumière deux sous-types d’éjaculation précoce :

L’éjaculation précoce dite subjective : Forme la plus répandue chez les hommes, elle se manifeste de manière irrégulière avec une impression de perte de contrôle.

L’éjaculation précoce variable : Le délai d’éjaculation varie constamment de façon imprévisible. Il oscille entre un temps normal et un temps très court. C’est souvent dans ce cas de figure que les hommes pensent être atteints, à tort disent les experts, d’une dysfonction sexuelle.

 

Quelles réponses à ces différents problèmes ?

Outre l’utilisation des techniques du Stop and go et du Squeeze, efficaces pour certains hommes, deux réponses principales sont apportées. Le traitement pharmacologique et la prise en charge psychologique. Les deux se complètent et apportent une aide bien utile au couple. Car, dans ce contexte, la femme autant que l’homme,  est concernée. C’est d’ailleurs elle qui propose la première à son partenaire d’aller consulter un sexologue. La honte, la peur d’être jugés et dévalorisés empêchent trop souvent les hommes d’en parler librement.

Pourtant, tous les spécialistes s’accordent pour dire qu’en parler permet de lever les inquiétudes, les confusions, les à priori. La parole libère du stress et rassure. Elle recrée du lien entre les deux partenaires et leur permet de donner un nouveau sens à leur sexualité.

 

Prise en charge psychologique

Dans le cadre d’une thérapie de couple, les deux partenaires se retrouvent et s’écoutent. Ils analysent leurs comportements, leurs représentations. Ils expriment leurs besoins, leurs désirs, mais aussi leurs peurs, leurs frustrations. Ils s’affranchissent des idées reçues, des performances irréalisables, d’une image de la sexualité déformée par la pornographie. Ils envisagent d’autres comportements, apprennent à développer des habilités sexuelles et relationnelles. Ensemble, ils réinventent leur sexualité, celle qui leur appartient rien qu’à eux, au-delà des normes et des moyennes. Parce que, chaque couple, a une sexualité originale qui lui est propre.

L’homme apprend notamment à réduire son anxiété. Il prend conscience des différents niveaux d’excitation qu’il traverse pendant l’acte sexuel. Cela lui permet d’adapter son comportement et de retarder l’éjaculation, grâce à diverses techniques.

 

Prise en charge pharmacologique

Depuis mars 2013, médecins et sexologues peuvent prescrire, après avoir diagnostiqué l’éjaculation précoce, la DAPOXETINE. Cette molécule, délivrée sous l’appellation PRILIGY, a deux avantages. D’une part elle n’a pas d’effet antidépresseur, ensuite elle est adaptée à une prise à la demande une à deux heures avant le rapport.

Concernant les effets secondaires, ils restent légers du type nausées, céphalées, vertige, diarrhée, insomnie et fatigue.

Il est recommandé de prendre une dose de 30mg une fois par 24 h. Le traitement est délivré uniquement sur prescription médicale et n’est pas pris en charge par l’Assurance maladie.

Son efficacité dans le traitement de l’éjaculation précoce n’est pas négligeable. Il allonge de manière significative le délai d’éjaculation en le multipliant par 3 ou 4. Parallèlement, il améliore le contrôle de l’éjaculation ce qui contribue à rassurer l’homme qui retrouve d’avantage confiance en lui. Cela réduit de ce fait la souffrance psychologique et redonne de la qualité à sa relation avec sa partenaire.

 

♥♥♥

Éjaculateur précoce ? C’est le moment de regarder son corps autrement. De l’accueillir avec bienveillance, de l’accepter et d’apprendre à mieux le connaître.  La performance appartient  à un monde de surface. Proposant le plus souvent des modèles irréalisables,  elle essaime des sentiments de honte, de complexe et de culpabilité chez l’homme naturellement faillible. A l’homme d’en prendre conscience pour ne plus se battre contre lui-même et faire de son corps un allié.

 

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