Les IST en augmentation, un risque à prendre au sérieux !

17 février 2019
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Les IST, attention à la négligence !  Des messages qui passent mal lors des campagnes de prévention. Des actions d’information peu adaptées à toutes les IST. La méconnaissance des risques de contamination par certaines pratiques sexuelles. Tout contribue au relâchement général.

Les IST « Infections Sexuellement Transmissibles », auparavant appelées MST (Maladies Sexuellement transmissibles) ont été rebaptisées ainsi sur la recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé. On peut, en effet, être porteur d’une infection (virus, bactéries, parasites) sans en ressentir les symptômes dans l’immédiat. L’objectif est donc d’inciter le public au dépistage, y compris en l’absence de symptômes.

Mauvaise nouvelle

Les IST sont en augmentation. C’est ce que révèlent les études réalisées ces dernières années. Ces pathologies augmentent régulièrement en France, en Europe et aux Etats-Unis. D’après une déclaration du Center for Diseases Control (CDC) américain en 2017, la propagation des IST aurait atteint un niveau record aux Etats-Unis.

France, Etats-Unis, Canada et beaucoup d’autres pays font le même constat inquiétant : c’est le cas notamment pour la syphilis qui est de retour.

Syphilis en hausse

Après une baisse dans les années 90, les centers for Diseases Control (CDC) américains montrent une augmentation de la syphilis Outre-Atlantique. Elle a atteint 5,3 cas pour 100 000 en 2013, soit plus du double du taux enregistré en 2000. Ces données américaines du National Notifiable Diseases Surveillance System (NNDSS), publiées le 9 mai 2014 précisent que les plus touchés par l’incidence de la syphilis sont des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes.

Ainsi, 91,1% des cas de syphilis concernent les hommes aux États-Unis. Pour cette raison, le Dr Patton et Coll, auteurs de cette étude, recommandent aux professionnels de santé un dépistage annuel chez les HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes), voire un dépistage tous les 3 à 6 mois, concernant les HSH ayant de multiples partenaires.

Si l’on ne badine pas avec l’amour, on ne badine pas non plus avec les IST, car certaines peuvent être mortelles !

En France, l’épidémie de syphilis, malgré un système de surveillance et de lutte reste toujours bien réelle. Après une diminution en 2005, le nombre de cas repart à la hausse en 2006. Sont touchés les hétérosexuels dont le nombre est croissant chaque année, mais tout particulièrement les hommes bisexuels ou gays (83%).

On note également, depuis les années 2 000 une augmentation annuelle régulière du nombre de diagnostics d’infection à la Chlamydia trachomatis,  en Ile de France et dans les autres régions.

Des infections à prendre au sérieux

Si l’on ne badine pas avec l’amour, on ne badine pas non plus avec les IST, car certaines peuvent être mortelles !

C’est le cas du VIH (virus de l’immunodéficience humaine), de l’hépatite B ou du papillomavirus.

En France, le Pr Gilles Pialoux, Médecin chercheur, chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon, s’alarmait déjà en 2017 « Comme chaque année, Santé Publique France (ex In VS) a livré les chiffres en rapport avec l’infection VIH le premier décembre 2017 à l’occasion de la journée mondiale contre le Sida. Pour être clair, ces chiffres ne sont pas bons. L’épidémie se poursuit à un niveau constant depuis 2013, date de déclaration obligatoire de la séropositivité VIH.(…) on est toujours avec 6 000 nouveaux diagnostics par an (…) et parallèlement, on a une offre de dépistage du VIH qui est clairement insuffisante dans notre pays. »

De son côté, le Pr Dupin, dermatologue responsable du Centre de santé sexuelle de l’Hôtel-Dieu précise « Depuis 1995-1996, avec l’arrivée des trithérapies, nous avons assisté à un relâchement de la prévention chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes. Il faut à nouveau insister sur le port du préservatif. »

Que faire pour repousser cette augmentation alarmante ?

L’unique solution est la protection. Seul, le préservatif est un moyen efficace pour éviter la contamination aux IST. Il est donc urgent de retrouver notre sens de la responsabilté, pour nous-même et pour notre partenaire. L’IST est un mal que l’on peut éviter, il suffit d’en avoir la volonté. « Avec toi, je partage l’amour, pas les virus ! »

Rappelons que, selon le dernier rapport de Santé Publique France,  les Infections Sexuellement Transmissibles (gonococcies et chlamydioses) ont triplé entre 2012 et 2016, notamment chez les 15-25 ans.

Dans le cadre de rapports sexuels multiples avec changement régulier de partenaire, le préservatif est donc la barrière indispensable pour se protéger du risque des IST.

En France, depuis le 10 décembre 2018, le préservatif peut être prescrit par notre médecin traitant et remboursé à 100% par l’Assurance maladie. Sur présentation d’une prescription médicale, la pharmacie peut délivrer des boîtes de 6, 12 ou 24 préservatifs.

Pour Medscape (site d’information pour les médecins et professionnels de santé), le Dr Jean-Marc Bohbot, médecin infectiologue andrologue, directeur médical à l’Institut Fournier de Paris, explique les nombreux avantages d’une telle décision de la Haute Autorité de Santé (HAS) :

« Cette validation de la HAS est aussi un gage de sécurité par rapport au contrôle de qualité, aux normes de fabrication. Il existe beaucoup de préservatifs gratuits qui n’ont pas tout à fait les mêmes niveaux de sécurité. Le latex utilisé dans ce préservatif (EDEN du laboratoire Majorelle), notamment, est de qualité premium. »

Les préservatifs

Préservatifs

 Un obstacle financier qui tombe 

75% des jeunes interrogés déclarent qu’ils utiliseraient d’avantage le préservatif s’il était remboursé.

Un avantage non négligeable, poursuit le Dr Jean-Marc Bohbot, quand on sait que « 54% des étudiants et 37% des lycéens déclarent ne pas porter systématiquement de préservatif à chaque rapport sexuel. Aujourd’hui, il y a des distributions gratuites de préservatifs, mais il faut aller les chercher dans des centres spécialisés et les quantités distribuées sont parfois insuffisantes par rapport à l’activité sexuelle des patients. Là, les patients ont une ordonnance, qui peut être renouvelable pendant un an. »

Discrétion garantie

Pour les timides qui n’osaient pas demander une boîte de préservatifs au pharmacien, le problème est réglé : on donne l’ordonnance, et en échange on reçoit une boîte qui ressemble à n’importe quelle autre boîte de médicament. Ni vu, ni connu !

Autre avantage, tout aussi important, l’information sur l’utilisation du préservatif fourni par le cadre médical. En effet, il semblerait que les confusions et les méconnaissances autour de la sexualité et de ses incidences, contribuent à la propogation des IST : « D’après certaines études, 30% des jeunes pensent que la pilule protège contre les maladies sexuellement transmissibles, et 2 étudiants sur 10 déclarent ne pas savoir bien mettre un préservatif masculin. Aussi, il y a une méconnaissance totale contre les maladies sexuellement transmissibles lors des rapports oraux-génitaux. La fellation n’est pas du tout perçue comme une pratique à risque qui doit être protégée par des préservatifs. » ajoute Jean-Marc Bohbot.

Sachons que les IST sont des infections qui se transmettent principalement lors d’un rapport sexuel, vaginal (vagin), anal (anus), oral (bouche). Sont donc concernées les pratiques de la pénétration, fellation, sodomie etc…

Mais elles peuvent aussi se transmettrent par voie sanguine, pendant la grossesse de la mère à l’enfant, ou à l’accouchement.

Hélas, faute d’une éducation sexuelle réelle et efficace dans les écoles, collèges et lycées, les jeunes apprennent comme ils peuvent, pratiquant le « bouche à oreille » avec toutes les déformations, les mauvaises informations et les fausses croyances que cela implique !

Zéro pointé pour les Jeunes et plus âgés

On pourrait croire que les personnes plus âgées, en raison de leur expérience ont atteint un âge de raison et un sens des responsabilités plus importants. Eh bien non !

Les plus de 50 ans rechignent à utiliser le préservatif : pas pratique, peur de perdre son érection, sensation moins agréable… Tous les prétextes sont bons pour y aller sans protection. Et pourtant ! Parmi les 18 millions de célibataires en France, près de 9 millions sont des hommes et des femmes de plus de 50 ans. Si les mentalités n’évoluent pas sur ce point, il y aurait donc du souci à se faire !

Le dépistage régulier

Si l’on a plusieurs partenaires ou si l’on change régulièrement de partenaires, il est important de se faire dépister au moins tous les six mois, voire tous les 3 à 4 mois pour le risque du VIH. C’est le passage obligé pour s’assurer que l’on est sain.

C’est aussi le moyen de réagir rapidement de façon à se faire soigner. Dans le cas d’une contamination, il est bien évidemment crucial de prévenir son (sa) partenaire pour qu’il (elle) puisse se faire dépister et traiter, le cas échéant.

les médicaments

Inventaire des IST

On dénombre principalement 8 agents pathogènes :

Parmi ces huit infections, 4 peuvent être guéries

Syphilis

Symptômes : petite plaie indolore, boutons ou petites plaques rouges sans démangeaisons sur la peau et les muqueuses.

Traitement : antibiotiques par piqure ou par comprimés

Gonorrhée

Symptômes :

Chez l’homme : écoulement abondant de pus à l’extrémité de la verge, avec sensation de brûlures intenses en urinant. Cependant, les symptômes peuvent être inexistants (10% des cas).

Chez la femme : petites pertes vaginales, picotements urinaires, vagues douleurs dans le bas du ventre.

Traitement : antibiotiques

Chlamydia

Symptômes : douleurs pelviennes persistantes chez la femme. Pas de symptômes chez l’homme mais il peut le retransmettre.

Traitement : antibiotiques

Trichomonase

Symptômes : écoulement par la verge, l’anus ou le vagin, brûlures, démangeaisons.

Traitement : antibiotiques associés à un traitement local (crèmes, ovules). Les deux partenaires doivent être traités.

4 infections virales sont incurables : des traitements atténuent ou modifient les symptômes de la maladie

Hépathite B

Symptômes : fatigue, douleurs musculaires et articulaires, fièvre, maux de tête, nausées, diarrhées, urines plus foncées, teint jaune.

Traitement : médicaments spécifiques. On peut devenir porteur à vie. Un suivi médical est nécessaire.

Il existe des vaccins contre l’hépatite B. Ils sont efficaces et assurent une immunité durable. Un rappel doit être effectué tous les 10 ans.

Virus de l’herpès génital

Symptômes : petits boutons douloureux en forme de bulle (cloques) sur les organes génitaux, l’anus ou la bouche, démangeaisons éventuellement accompagnées de fièvre, de maux de tête, de ventre et de douleurs quand on urine.

Traitement : médicaments sur ordonnance. Ils diminuent la douleur, l’intensité et la durée de la crise. Elle ne disparaît pas définitivement et peut réapparaître au fil du temps.

VIH/ SIDA (virus de l’immunodéficience humaine)

Symptômes : fièvre, éruption cutanée, fatigue, diarrhée.

Traitement : traitement à vie. Associations de plusieurs médicaments.

Papillomavirus humain (VPH)

Symptômes : petites verrues (condylomes) sur les organes génitaux ou l’anus.

Traitement : traitement local des verrues (crème, etc…)

Un vaccin existe. Il est administré uniquement aux jeunes-filles qui n’ont encore jamais eu de rapports sexuels afin de prévenir le cancer du col de l’utérus.

La bonne utilisation du préservatif

Bon à savoir

La bonne utilisation du préservatif :

On choisit la bonne taille de préservatif : il doit être adapté à la taille du pénis

♥ Pour éviter les risques de rupture du préservatif, on utilise souvent du lubrifiant

On change le préservatif toutes les 30 minutes environ

On vérifie que le préservatif est bien en place

On change de préservatif pour chaque partenaire

On n’utilise pas de lubrifiant pour les fellations, donc on change plus souvent le préservatif

On veille à ne pas enfiler deux préservatifs pour éviter les ruptures ou glissements

On jette le préservatif usagé, même avec le même partenaire

On ne met pas de gel lubrifiant à l’intérieur du préservatif

On vérifie la compatibilité du gel lubrifiant avec le préservatif

Si le préservatif ne se déroule pas sur le pénis, on ne le retourne pas. On le change.

Il existe également des préservatifs féminins :

C’est une gaine en polyuréthane munie d’un anneau souple à chaque extrémité. On insère l’anneau plus petit dans le vagin et le plus grand reste à l’extérieur.

Ce préservatif peut s’installer plusieurs heures avant le rapport sexuel. Comme pour le préservatif masculin, il doit être changé à chaque rapport.

Je suis un(e) amoureux (se) responsable

Se faire régulièrement dépister, utiliser le préservatif, pratiquer l’auto-responsabilité, 3 gestes essentiels pour se protéger des IST. On y pense à chaque fois, pour nous, pour notre partenaire, pour notre vie, notre santé…  et continuer de profiter pleinement de l’amour.

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