Libido, les remèdes naturels

28 mai 2019
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Libido en baisse, sexualité mise en veille… Un sujet parfois difficile à aborder en couple ou avec son médecin. Pourtant, tout peut s’arranger, si on décide d’agir ! Des solutions existent. Savez-vous que certaines plantes peuvent vraiment nous aider ?

Libido qui s’essouffle au fil du temps, apparition de troubles sexuels, perte de l’érection chez l’homme, baisse du désir chez la femme… Marc Beck, médecin généraliste passionné de plantes, se montre plutôt rassurant. Même si la phytothérapie ne soigne pas tout, explique-t-il, elle permet de traiter un certain nombre de pathologies.

C’est le message d’espoir qu’il nous adresse, à l’occasion d’une web conférence, proposée par Marie Gauthier, dans le cadre des « Rendez-vous de la Santé Naturelle ».

Les fluctuations du désir

Libido signifie une recherche du plaisir qui s’exprime le plus souvent par le désir sexuel. Chaque personne a une libido qui lui est propre et ressent plus ou moins de désir. Il n’y a donc pas de normalité concernant la libido humaine. Elle présente des variations entre les individus, et fluctue selon les périodes et les événements dans la vie de chacun.e

Ainsi, de nombreuses personnes connaissent une baisse du désir au cours de leur vie. Si cette baisse affecte l’un ou l’autre des deux partenaires, ou constitue une menace pour l’équilibre et l’intimité du couple, il est alors nécessaire de consulter un.e  professionnel.lle, médecin ou sexologue.

La consultation

Avant de soigner les effets, il faut s’intéresser aux causes, explique Marc Beck. Les sources d’une  baisse de libido sont très diverses. Elles peuvent être liées à des facteurs psychologiques autant que physiologiques et organiques.

En tout premier lieu, Il est important de vérifier que le couple va bien sur le plan affectif, que les deux partenaires ne traversent pas une crise, ou ne rencontrent pas des difficultés relationnelles, susceptibles d’altérer leur sexualité. En bref, on s’assure que les deux partenaires éprouvent toujours du désir l’un pour l’autre.

Cette éventualité mise de côté, on envisage alors d’autres facteurs potentiellement causes de la baisse du désir.

Stress, soucis, dépression, ont également des conséquences négatives sur la libido. Marc Beck explique que ces éléments génèrent, chez l’homme notamment, une baisse des androgènes*, produisant une diminution du désir et de la performance.

Ensuite, on fait le point sur l’histoire médicale de la personne. Y a-t-il eu des interventions chirurgicales, suit-il.elle un traitement médical ? Ressent-il.elle des douleurs particulières ? Le médecin précise qu’une opération de la prostate, de l’arthrose, ou des maladies inflammatoires, par exemple, ont aussi des répercussions négatives sur le désir et l’envie d’avoir des rapports sexuels.

Les problèmes d’érection

Une enquête réalisée par l’Institut Français d’Opinion Publique (IFOP), publiée le 21 mai 2019, met en évidence une augmentation sensible des troubles de l’érection chez les hommes.

En effet, 44% des hommes, interrogés en 2005, déclaraient avoir rencontré un problème d’érection au cours de leur vie. Cinq ans plus tard, en 2010, on en comptait 49%. De nos jours, 61% des Français déclarent avoir vécu une panne érectile.

Des troubles très souvent mal vécus par les hommes, car ils touchent de près leur perception de la virilité, et entame de ce fait leur sentiment de confiance personnelle. Ainsi, l’enquête révèle que 60% des Français de moins de trente ans, ont déjà menti, pour cacher leur malaise à leur partenaire. Seulement 26% des hommes osent en parler et 30% des français se déclarent encore gênés d’aborder ce sujet avec leur médecin.

Côté hormonal

Marc Beck explique que, au niveau hormonal, le problème d’érection est lié à une baisse de la testostérone. Des plantes peuvent remonter son taux. Il précise « Le tribulus est une plante intéressante pour les problèmes d’érection ou de manque d’androgènes. Ce n’est pas le viagra qui agit dans l’heure, on est sur  la régulation du terrain. On essaie de rétablir un terrain et que la personne puisse retrouver une érection naturelle et sur plusieurs années. »

Il ajoute que le tribulus est une plante qui a la même action que la testostérone. Cette molécule appelée protodioscine, relance le désir et l’érection.

Contre-indications du tribulus : cancer hormonodépendants, cancer de la prostate.

Côté vasculaire

En vieillissant, les personnes rencontrent très souvent, des problèmes de dureté des vaisseaux qui ne se dilatent pas. Pour cela, des plantes comme le ginkgo et le ginseng peuvent aider le côté vasculaire de l’érection. Ce sont des vasodilatateurs.

Le médecin ajoute « On va choisir le ginkgo sur quelqu’un de mince qui a des sortes de scléroses vasculaires et le ginseng sur quelqu’un qui est en surpoids parce qu’il jouera aussi sur le côté métabolique. »

Environ 7 jours après le début du traitement, une prise de sang est prescrite par le médecin pour adapter le dosage.

A noter que le ginkgo et le ginseng ont très peu d’effets secondaires.

Une plante très active

Le mucuna : Il va stimuler la production des androgènes par le testicule. C’est une plante qui joue sur l’hormone de la dopamine, un neuromédiateur du désir et du plaisir.

Contre-indications du mucuna : cancers hormonodépendants, cancer de la prostate.

Chez la femme

Les problèmes de sécheresse vaginale arrivent généralement avec la ménopause. Là encore le tribulus va pouvoir faire ses preuves.
Marc Beck explique« Des études ont montré que pour la libido et la sécheresse vaginale après la ménopause  chez la femme, le tribulus a une action sur la qualité des rapports et la lubrification. »

On peut ajouter des associations d’oméga 3 ou d’oméga 6, style bourrache, qui jouent sur la sécheresse cutanée et vaginale.

Il ajoute « En général plus les rapports se passent bien après la ménopause, plus la lubrification se fait naturellement. C’est le fait de ne pas avoir de rapports pendant longtemps qui pose problème. »

Concernant les soucis de lubrification avant la ménopause, il s’agit le plus souvent d’infection vaginale du type mycose. Il peut s’agir également d’un problème psychologique en lien avec le désir de la personne.

La libido et la pilule

La prise d’une pilule contraceptive a des effets sur la libido. D’une manière générale, on observe une diminution de la libido chez les femmes qui prennent la pilule.
Pour expliquer cette baisse de libido, Marc Beck nous rappelle les fonctions de base. Il faut savoir que la pilule est éliminée par le foie. Or, pour que le foie élimine bien les hormones de la pilule, il a besoin de vitamines et, en particulier, de la vitamine B3 et B6.

Les incidences de la pilule

La pilule va modifier le caractère de la personne dans la mesure où il y a un manque de vitamine B3 et B6. Cela se traduit par de l’irritabilité, de l’agressivité. On supporte moins facilement les choses, et cela contribue à perturber le désir et la sexualité.

Par ailleurs, la pilule peut aussi empêcher la fixation du magnésium qui part dans les urines. Ce qui produit, là encore, des conséquences fâcheuses sur le caractère des femmes, beaucoup moins enclines à la bonne humeur.

Le médecin nous avertit sur l’importance de réaliser un équilibre. Le tandem pilule/vitamines est particulièrement recommandé. Il explique « La pilule est un équilibre œstrogénique qu’on vous impose, et il ne nous correspond pas forcément. Donc il faut changer la pilule : moins dosée ou plus dosée. Il faut rappeler que la pilule se prend avec des vitamines, parce qu’ il ne faut pas manquer de vitamine B, ni de magnésium, et faire attention à la manière dont fonctionne le foie. Elle modifie la flore vaginale qui peut faciliter la présence de mycose et qui peut perturber les rapports. »

Et si on libérait la parole ?

Un trouble de l’érection, une sécheresse vaginale, une baisse du désir ne sont ni honteux, ni tabous. Ne pas en parler, c’est accroître le malaise. Cela augmente les interprétations, les frustrations, les interrogations, les malentendus dans notre couple.

Pour ne plus en souffrir, il suffit de le dire, d’aborder le sujet simplement avec son.sa partenaire, tout en dédramatisant. C’est souvent le diktat de la performance et l’hyper focalisation sur la sexualité, qui mettent la pression. Il est important de revenir à l’essentiel, d’être à l’écoute de notre corps. Hommes et femmes ne sont pas des machines sexuelles, qui doivent être obligatoirement performantes. Soyons indulgents et bienveillants avec nous-mêmes. Si la libido s’absente, l’amour, lui, est toujours là.

*Androgène : hormone qui stimule l’activité des organes sexuels et les caractéristiques masculines

Baisse de libido, ni honteux, ni tabou

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