Amour libre ou sous contrat ? Quel est le meilleur choix ?

7 janvier 2020
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Amour libre, amour pacsé, ou amour marié ? Entre notre envie de liberté et notre besoin de sécurité, lequel des deux va l’emporter ? Mariage, pacs ou union libre, quel est le meilleur choix ? L’éclairage de Pascal Anger,psychothérapeute, nous met sur la voie…

Amour libre ou amour officialisé par un contrat, quel que soit notre choix, il est juste pour nous, à cet instant de notre vie. Le choix que l’on fait aujourd’hui correspond à ce que nous sommes prêts, ou pas, à vivre. Chaque personne porte en elle sa propre vision de l’amour et de la vie à deux.

Forgée par sa culture, son éducation, la relation de ses parents, son histoire familiale, ses rencontres, ses expériences, chacun.e se construit une image globale du couple, et recherche un type d’union qui lui ressemble. Sans doute que cette image évoluera au cours de sa vie. Ses choix changeront aussi. Mais ils resteront justes, pour chaque personne, car ils correspondront à sa propre évolution.

Il n’y a donc pas de bon ou mauvais choix, juste un choix adapté à la personne que l’on est, en adéquation avec nos désirs et nos besoins. En cela, le mariage forcé, tel qu’il a été pratiqué aux siècles passés ou tel qu’il peut encore se pratiquer de nos jours, est une véritable violation de l’intégrité humaine.

Un choix libre et lucide

Amour libre, ou amour sous contrat, le plus important est de choisir en toute liberté, puis d’assumer son choix en toute responsabilité, explique le psychothérapeute « Il n’y a pas un choix meilleur que l’autre. A nous d’être lucide. Accepter d’être dans une certaine dépendance ou indépendance, c’est affirmer son choix, sans se soucier du regard des autres. »

Dépendance, indépendance, liberté, engagement… il va donc falloir faire la part des choses. Or, peser le « pour » et le « contre », n’est pas un travail facile, quand notre envie de liberté et notre besoin de sécurité, s’opposent dans un bras de fer permanent. Un vrai dilemme pour les amoureux, souligne Pascal Anger : « Aimer, oui mais pas trop. S’engager, oui mais tout en restant prêt à partir à tout moment. Il y d’un côté la peur de se perdre, et de l’autre, la peur de perdre l’autre. On veut être ensemble, mais rester libre. On veut allier liberté et sécurité… des paradoxes qu’il faut vivre au quotidien. »

Amour libre ou sous contrat ?

On se marie de plus en plus tard, les rites ont changé. Il n’y a plus de schéma et d’ordre.

Pascal Anger

C’est sans doute pour cela que les jeunes, en plus de l’insécurité du marché du travail, ne sont pas pressés de « se mettre la bague au doigt ». Un étude de l’Ifop*, réalisée pour Mon Faire Part sur le sujet du mariage, publiée en décembre 2019, révèle en effet que pour 58% des jeunes adultes français, l’enjeu le plus important est de trouver un emploi. Cet impératif vient bien avant l’idée du mariage : seulement 2%.

Il semblerait donc que l’on s’avance avec prudence vers le mariage, une décision qui se doit d’être « plutôt réfléchie » pour 89% des interviewés de cette étude. Contrairement au schéma traditionnel et figé du mariage dans les années 1950, de nos jours, on expérimente la vie à deux selon de nouveaux modes, explique Pascal Anger :

« On se marie de plus en plus tard, les rites ont changé. Il n’y a plus de schéma et d’ordre. Aucun engagement n’est définitif, les liens que nous tissons aujourd’hui sont beaucoup plus souples. Certains couples peuvent passer du concubinage au pacs en passant par le mariage. »

De l’amour libre au mariage

Dans ces nouvelles conditions, les couples ont la possibilité de tester à leur rythme la vie à deux. Pas à pas, ils peuvent prendre le temps de se découvrir, de mieux se connaître et de choisir comment poursuivre leur relation. Selon l’étude de l’Ifop, 25% des personnes interrogées considèrent qu’il est nécessaire de vivre ensemble entre 2 à 3 ans, avant de se marier. 11% estiment à 1 an cette durée de vie à deux, avant de s’engager dans le mariage.

Une progression sans doute utile, car la vie à deux n’est pas toujours facile « Le couple doit sans cesse faire ses preuves. Rien n’est acquis. Ce n’est pas simple de vivre ensemble. La rencontre avec l’autre est compliquée. L’autre est différent de nous , dans ses désirs et ses besoins. Il nous faut aménager un territoire commun et ce n’est pas toujours facile, d’autant que nous souhaitons tous restés libres. » souligne le psychothérapeute.

L’amour libre

Soif de liberté, besoin de mieux se connaître, peur de l’engagement… plusieurs raisons orientent les couples vers le concubinage. Une formule de plus en plus pratiquée de nos jours : un couple sur cinq vit en union libre.

« Le concubinage est la formule qui offre le plus en termes de liberté. Aucune obligation d’aide ou d’assistance envers l’être aimé. Le couple libre est dans une logique de l’ici et maintenant avec peut être une crainte de l’engagement. » explique Pascal Anger.

Toutefois, selon la manière dont la relation évolue, selon le renforcement des liens, mais aussi parfois, selon les contingences du moment, les projets de vie, la situation financière, le type d’union peut changer. L’arrivée d’un enfant par exemple dirige souvent le couple vers un contrat qui engage davantage l’aide mutuelle et la responsabilité de chacun. Certains couples choisiront le Pacs (Pacte civil de solidarité), d’autres le mariage.

Pacs ou mariage : quelle différence ?

« Ce n’est pas en terme d’intensité que la différence se présente ou en terme de qualité des sentiments, c’est plus en terme de positionnement dans la société. Le pacs est une déclaration officielle de concubinage, c’est une réponse au développement du concubinage. C’est une revendication des droits sociaux et fiscaux. » fait remarquer le psychothérapeute.

C’est parce que le couple se sent menacé par le divorce qu’il a besoin de sécuriser son couple par le mariage.

Pascal ANGER

Notre type d’engagement n’est donc pas nécessairement en lien avec l’intensité de nos sentiments, mais plutôt en lien avec la valeur que l’on attribue à l’un ou l’autre type de contrat. Pour le mariage, la symbolique est assez forte. Elle représente à la fois une reconnaissance publique du couple, mais également une sorte de challenge contre le divorce : « Un mariage sur cinq se solde par un divorce après cinq ans d’union. C’est parce que le couple se sent menacé par le divorce qu’il a besoin de sécuriser son couple par le mariage, aussi paradoxal que cela puisse paraître. » explique Pascal Anger. Une volonté qui coïncide avec les statistiques de l’Ifop** : pour 34% des personnes interrogées, mariées ou en voie de l’être, la principale motivation est de « renforcer la solidité » de leur couple.

Selon le psychothérapeute, les adeptes du Pacs se situent, quant à eux, dans une vision dépoussiérée du couple : « Le pacs est une prise de position moderne. Il a remplacé le mariage, souvent perçu comme une institution poussiéreuse qui renvoie au passé. Le pacs fait moins peur que le mariage, et  il offre un cadre plus protecteur que le concubinage. »

Plus de similitudes que de différences

Mariage ou Pacs, quel que soit le choix, il y a contrat. Un contrat qui scelle entre les partenaires les mêmes devoirs et protections : engagement de vie commune, aide matérielle et assistance réciproques, solidarité dans les dettes contractées et déclaration fiscale commune. La différence porte sur les conditions d’héritage en cas de décès de l’un des partenaires.

La plasticité du couple

Tout au long de son histoire, le couple chemine. Amour libre, pacs, mariage, rien n’est figé, tout est possible. « Les choix de vie sont difficiles, il faut sans cesse transformer les liens. Le couple est un investissement, il doit se construire. » déclare Pascal Anger. A chacune et chacun d’entre nous, alors, de développer son art de vivre avec l’autre, et de polir sa relation… si notre plus grand vœu est de la faire briller.

*IFOP Institut d’Etudes Opinion et Marketing en France et à l’international

**Suivre ce lien pour découvrir les résultats complets de l’enquête : https://www.monfairepart.com/mariage/etude-mariage-2020

« L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 à 65 ans. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’individu) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 30 septembre au 3 octobre 2019. »

L’amour, un diamant à polir, chaque jour…

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