Comment l’image de soi impacte l’amour ?

1 avril 2019
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Comment l’image de soi agit sur notre manière d’être, de vivre et de penser ? Comment peut-elle ruiner une journée ou détruire notre couple ? La course à l’image nous fait parfois perdre la tête. Entre notre éducation, le poids de l’histoire et le diktat des codes esthétiques, difficile d’avoir les idées claires et d’avancer librement.

Comment l’image de soi peut-elle influencer, voire changer le cours de notre existence ? La plupart du temps, nous ignorons à quel point le fait d’être insatisfait(te) de notre image nous gâche la vie. Chaque matin, nous ignorons l’incidence que notre reflet dans le miroir de la salle de bain peut avoir sur le reste de notre journée. Selon la manière dont on se voit, beau ou belle, laide ou laid, notre journée sera bonne ou mauvaise. Parfois une simple mèche rebelle, un bouton sur le nez, des yeux cernés, un teint pâle, l’impression d’être trop gro(sse), pas assez musclé(e), nous précipitent dans une tourmente de pensées négatives. C’est comme si ce petit détail, ce petit défaut, disqualifiait tout le reste de nous-même. Dans un élan unanime de dégoût, corps et esprit, tout part à la poubelle !

 

Petit défaut, grosse déprime

Ces matins-là, nous sortons mal à l’aise. Ainsi, plutôt que de montrer au grand jour cette image qui nous déshonore, nous préfèrerions, de loin, nous recroqueviller sous un plaid à la maison.

D’ailleurs, ces jours-là, pour peu que l’on reste focalisés sur notre défaut , tout va moins bien. Car, c’est sûr, tout le monde ne voit que ça. Et les ratiocinations s’enchaînent : je ne suis pas capable de prendre la parole à cette réunion, d’aller déjeuner avec mes collègues, de gérer mes dossiers et encore moins de me rendre, ce soir, à cette fête entre amis… Si seulement je pouvais me réfugier dans un trou de souris !

Lorsque notre aspect physique ne nous satisfait pas, inconsciemment, nous avons tendance à nous dévaloriser et à nous replier sur nous-même.

C’est encore plus vrai lorsque le défaut est particulièrement important pour nous. Les conséquences sur notre vie lui sont d’ailleurs proportionnelles.

L’aspect extérieur, c’est secondaire, dit-on souvent. Ce qui compte, c’est ce que nous sommes à l’intérieur. Mais alors, comment cette chose futile, superficielle, qu’est l’apparence de soi, peut-elle avoir autant d’impact sur notre psychologie et nos comportements ? Depuis des siècles, la femme est encouragée à se faire belle. Pour elle, la beauté c’est comme une seconde peau. Mais que se passe-t-il lorsqu’elle ne répond pas au créneau qui s’impose ? Comment l’image de soi peut-elle ronger notre personnalité jusqu’à la dévaloriser et l’anéantir toute entière ?

 

Ces corps minces et musclés pour les hommes, fins et rebondis pour les femmes, en font rêver plusieurs.

 

La préoccupation de notre image ne date pas d’aujourd’hui. Depuis la nuit des temps, l’humain accorde de l’importance à son apparence. Déjà, au temps de la préhistoire, l’homo sapiens choisissait son(sa) partenaire en fonction de certains critères. Son cerveau lui permettait de reconnaître, en 200 millisecondes, le bon ou le mauvais géniteur, la bonne ou la mauvaise reproductrice. La sélection par l’image n’est donc pas si nouvelle que ça.

Elle s’est simplement complexifiée au fil du temps. Aux critères physiologiques se sont ajoutés des considérations esthétiques. L’humain s’est inventé des codes de beauté. Nos sociétés imposent la norme esthétique à laquelle nous devons ressembler. Un diktat de l’apparence stéréotypée qui, de nos jours, tendrait à se développer internationalement. Quelle est donc cette norme esthétique à laquelle nous devons toutes et tous ressembler, sous peine d’être mal jugés(ées), voire rejetés(ées) ?

 

Le modèle Barbie et Ken

Si l’on en croit les études réalisées sur le sujet, il s’agirait d’être à la fois minces et musclés à des endroits très précis de notre corps. Pour l’homme, un ventre plat avec un torse bien musclé, le fameux torse en V.

Pour la femme, le ventre plat est de rigueur. Elle se doit donc d’être mince, mais  avec la difficulté supplémentaire d’avoir des seins voluptueux et des fesses bien galbées.

Pour faire court, c’est Ken pour les garçons et Barbie pour les filles ! Avec en prime, l’éternelle jeunesse !! Une apparence pas facile à réaliser. Il va falloir travailler. Au programme : régimes, abdos et bistouris. Un peu caricatural me direz-vous. Pourtant ces corps minces et musclés pour les hommes, fins et rebondis pour les femmes, en font rêver plusieurs. Ils(elles) vont même jusqu’à dépenser énormément d’argent et d’énergie pour tenter de ressembler à ces icônes. On multiplie les régimes, on s’essouffle dans les salles de sport, on dépense des fortunes dans les crèmes reliftantes et repulpantes… Tentatives souvent vaines car, au final, plutôt décevantes. Comment l’image de soi insatisfaite, qui ne parvient pas à ressembler aux injonctions esthétiques de notre société, devient-elle alors le fléau de notre vie ?

 

Laid(e) à l’extérieur, moche à l’intérieur

« Si je ne ressemble pas à cette image idéale qui se duplique en dix mille exemplaires dans les magazines, les pubs, les séries télévisées, les commentaires admiratifs sur ces beautés canons. Si, après des efforts vains, je garde mes kilos en trop, quelle image vais-je avoir de moi ? »

L’image d’un double échec :

  • Celui de ne pas correspondre au modèle esthétique imposé par notre société.
  • Celui d’avoir échouer pour tenter de lui ressembler.

Des sentiments de honte et de dégoût de soi, s’emparent de nous. Comment alors être bien dans sa vie de tous les jours, et, par voie de conséquence, être bien dans l’amour ?

Comment se sentir désirable, aimable ? Dans ce contexte, nous ne nous pensons pas capables de séduire. Nous sommes convaincus(es) de ne pas être dignes d’amour ni de sentiments sincères et respectueux à notre égard.

 

L’histoire de Jennifer

Jennifer est une jolie ronde, mal dans sa peau. Pendant très longtemps, elle a eu honte de son corps. Déjà à l’école elle subissait les railleries de ses petits camarades de classe. Au collège, elle redoutait d’avoir à se mettre en maillot de bain à la piscine. Au cinéma, à la télévision, dans les magazines, partout le modèle de la minceur lui rappelait qu’elle était grosse. À 23 ans, elle se lance dans une succession de régimes minceur. Elle perd quelques kilos, puis les reprend…

Elle déteste ce corps qui ne correspond pas au diktat esthétique de notre société contemporaine. Elle se sent prisonnière d’une image qu’elle refuse. De fait, se sentir mal dans sa peau la conduit à déprimer. Elle a tendance à s’isoler. Cette souffrance intime marque profondément ses relations amicales et amoureuses. Elle se retrouve souvent avec des personnes toxiques qui ont un effet négatif sur sa vie.

« Si je porte un regard désapprobateur sur moi, j’accepte que les autres me renvoient cette image de moi-même par des remarques blessantes, des regards méprisants, des gestes irrespectueux. Ils confirment la mauvaise image que j’ai de moi. »

Après son premier mariage, sa vie de couple est un enfer. Son stress, sa souffrance psychologique produisent des interactions inadaptées. Elle devient jalouse des collègues de travail de son mari, plus minces, donc plus dignes d’amour qu’elle. Pas de sorties, pas de voyages en amoureux, car trop mal dans sa peau. Elle se déteste trop pour s’aimer suffisamment. Elle ne peut donner l’amour qu’elle n’a pas en elle. C’est à son mari de fournir tout l’amour qui lui manque. Une responsabilité énorme, impossible à honorer. La relation bat de l’aile, ils divorcent

Voilà comment l’image de soi peut impacter notre vie amoureuse. Jennifer aurait-elle pu éviter cela ?

 

Vers notre propre beauté

Jennifer est trop à l’écoute de l’injonction esthétique de notre société. Il est vrai que ces codes de beauté agissent sur nous comme un conditionnement permanent. Sans nous en rendre compte, nous baignons quotidiennement dans ce défilé d’images aux corps parfaits.

Et même si nous nous défendons de poursuivre aveuglément le diktat de la minceur, nous passons beaucoup de temps à nous dénigrer devant le miroir. Combien de fois ais-je entendu des femmes se plaindre d’être trop grosses en essayant un pantalon dans une cabine d’essayage à côté de la mienne !

 

Et si nous étions magnifiquement nous-mêmes ?

Il suffirait d’observer ce qui se passe. Ce que l’on nous impose. Pourquoi ? De toute évidence pour faire beaucoup d’argent. En France, le chiffre d’affaires annuel de la beauté représente environ 17 milliards d’euros. Souvent à notre détriment. Car, sauf avec des transformations chirurgicales esthétiques, nous ne pouvons atteindre les modèles morphologiques qui nous sont suggérés.

Pourquoi courir après un corps qui n’est pas le nôtre ? Il suffirait de remettre les jugements en question. En quoi ce modèle est-il plus beau qu’un autre ? Pourquoi m’y conformer ? Le collectif a-t-il forcément raison sur l’individuel ? Pourquoi devrais-je adhérer à ces codes esthétiques qui manquent de naturel et ne me conviennent pas ?

De cette manière, nous créons un espace de liberté entre nous et le diktat. Nous nous désaliénons de la pression et de la contrainte esthétique.

Nous pouvons alors donner libre cours à notre beauté naturelle et personnelle. Une beauté qui se construit de l’intérieur et ne s’impose pas de l’extérieur. Celle que l’on choisit, à laquelle nous donnons un sens. Celle qui s’invente chaque jour, au gré de notre humeur et de nos envies. Celle que nous créons, que nous affirmons, et qui nous rend merveilleusement unique !

 

 

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