Coup de foudre, l’amour en un éclair

24 mai 2017
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Coup de foudre. Quand tout chavire l’instant d’un regard. Battements de cœur, tremblements, chaleur intense, le corps tout entier est sous le choc ! D’où vient cet état, que signifie t-il et comment agit-il en nous ? Explications de l’écrivain et philologue Jean-Claude Bologne et du neurobiologiste Bernard Sablonnière, dans la « Tête au carré » de Mathieu Vidard, sur France inter.

Coup de foudre n’est pas l’ expression  la plus ancienne pour décrire ce moment qui nous traverse quand on rencontre subitement le regard de l’autre. Tout se passe en un éclair. Le croisement des regards produit une décharge paralysante qui nous terrasse littéralement. Comme anéantis et révélés l’un à l’autre, on se reconnaît dans l’ évidence d’un amour réciproque et fulgurant. C’est sans doute pour cette raison qu’avant l’expression « coup de foudre » qui apparaît en 1741, on parlait de la « flèche de Cupidon » ou  encore de « l’amour immédiat ».

Il existe de nombreux récits sur le sujet. Déjà, on décrivait le syndrome de la maladie de l’amour dans l’Antiquité grecque et égyptienne. Les termes n’ont pas changé : « pâlir, rougir, tremblements, la voix qui se bloque, le pouls qui s’accélère, tout cela est décrit depuis la plus haute antiquité. «  explique Jean-Claude Bologne.

De nos jours, Les neurobiologistes, utilisent l’imagerie pour décrire ce moment intense et bouleversant. Cette technique qui s’est développée depuis une trentaine d’années, permet d’observer les régions du cerveau qui s’activent sous le coup d’une émotion amoureuse. En enregistrant, par exemple,  les réactions d’une personne qui regarde une photo , via des électrodes placées sur sa tête, il est possible d’interpréter le type d’émotion qu’elle éprouve. Que se passe t-il  donc dans notre corps quand nous éprouvons ce sentiment éminemment romantique ? Comment se traduit le coup de foudre chez l’être humain ?

 

Comme dans un état de peur face à un danger, le coup de foudre commence par un stress.

 

D’après Jean-Claude Bologne, tout se passe d’abord  au niveau du regard. Historiquement, la quasi totalité des coups de foudre s’est manifestée par les yeux. Bernard Sablonnière le confirme et y ajoute l’effet immédiat de la réaction physiologique. De cette collision des regards, et par l’effet de surprise, une sorte de réaction de survie se déclenche. Comme dans un état de peur face à un danger, le coup de foudre commence par un stress. C’est la néophobie, la peur d’entrer en relation avec l’autre, potentiellement dangereux et contre lequel il faut se protéger.

 

Gros plan sur la réaction moléculaire du coup de foudre

Le cerveau commence donc par libérer la noradrénaline. Elle va  « accélérer le rythme cardiaque, la pression artérielle au cas où il faudrait fuir. » explique le neurobiologiste.

L’expression « coup de foudre » n’a pas été choisie au hasard. Sa durée est très courte. Rapide comme l’éclair, sa décharge intense nous fauche par surprise. Puis, très vite, pour calmer le jeu, la dopamine se libère dans la région antérieure au niveau du cortex préfrontal. Elle permet d’entrer en relation avec l’autre. C’est notamment grâce à elle que Roméo et Juliette ont pu se déclarer leur amour. Sans elle, rien ne se serait passé. Difficile d’imaginer que le striatum, cette partie de notre cerveau « pas plus grosse qu’un morceau de sucre », en  libérant d’importantes quantités de dopamine, soit à l’origine des plus grandes histoires d’amour. Et comme la nature fait bien les choses, elle libère une autre clé chimique, la sérotonine, qui va permettre de réguler la noradrénaline et la dopamine favorisant le déclenchement de l’ocytocine, l’hormone de l’attachement. C’est grâce à elle, entre autre,  que les partenaires installent entre eux un climat de confiance et de sécurité et qu’ils pourront engager leur couple dans la durée.

 

Nous ne serions pas égaux face à l’amour

Pourtant, même si la nature a tout prévu, il semblerait que nous ne soyons pas tous égaux face à l’amour. Ainsi, selon la direction que prend la dopamine dans notre cerveau, la durée du sentiment amoureux  serait différente. « Les chercheurs montrent que, chez certains, la dopamine agit surtout sur le circuit du désir-plaisir, donc l’avant du cerveau et,  là ça ne dure qu’un temps et ça finit par s’épuiser. Chez d’autres, dans le même temps, ça se projette plutôt vers les régions postérieures, vers le lobe temporal, le cerveau des émotions, et là ça déclenche un attachement durable. Ce qui fait que dans un certain nombre de couples, ça peut durer des années. On a à la fois des phases de passion amoureuse et la phase d’attachement qui dure longtemps. » poursuit Bernard Sablonnière.

Impressionnant et inquiétant tout à la fois pour ceux qui aimeraient faire durer leur couple et qui ne pourraient y parvenir. Serait-ce une des raisons qui permettrait d’expliquer les ruptures ? La question est à creuser…

Ceci dit, entre le sentiment amoureux et la réaction moléculaire il y a aussi la culture, autre facteur influent et déterminant dans le comportement amoureux…décidément très complexe !

Belle histoire d’amour les amoureux !

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