La violence faite aux femmes, ne rien laisser passer

24 novembre 2018
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La violence des hommes à l’égard des femmes, un fléau qui colle à la peau de notre humanité depuis la nuit des temps. Les violences subies par les femmes sont multiples. Le 25 novembre, journée mondiale contre les violences faites aux femmes nous rappelle, chaque année, les efforts que nous devons encore réaliser.

La violence contre la femme est ancrée depuis des millénaires. Serait-ce pour cela que l’on a tend de mal à s’en débarrasser ? Cela aurait commencé par une violence discriminatoire. C’est du moins ce que nous explique l’anthropologue Françoise Héritier. La petite fille a appris à grandir dans un état d’infériorité par rapport à l’homme. « … la valence différentielle des sexes existait déjà dès le paléolithique… »

 

Le silence autour de la violence

Elle précise que, pour autant, rien ne permet de justifier la domination d’un sexe sur l’autre. Il n’y a pas une nature spécifiquement féminine ou masculine. Tout est d’origine culturelle. Ainsi, chaque petite fille grandirait dans la culture sous-jacente de son infériorité par rapport au petit garçon. Est-ce pour cela que la femme a tant de mal à déposer plainte lorsqu’elle subit la violence masculine ?

Dans sa lettre de novembre 2017, l’Observatoire national des violences faites aux femmes rapporte ces données statistiques :

  • «  Moins d’une femme sur cinq victime de violences physiques et/ou sexuelles au sein du couple déclare avoir déposé plainte. »
  • «  24 % des victimes ont été vues par un médecin suite à l’agression. »
  • «  21 % ont parlé de leur situation aux services sociaux. «
  • « 10 % ont appelé un service téléphonique d’aide aux victimes. »

Un silence parfois lourd de conséquences. En 2016, 123 000 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire. Une femme meurt sous les coups de la violence masculine tous les trois jours !

 

Par respect du « devoir conjugal », la femme ne pouvait refuser un rapport sexuel à son époux.

 

Les pensées évoluent lentement. Ce n’est qu’à partir du XVIII ème siècle que les femmes commencent à porter plainte. Avant, au Moyen Âge, battre sa femme est considéré comme normal. Le pouvoir de l’homme sur la femme est de mise. Il possède et a autorité sur la femme. D’ailleurs, il en use et en abuse tout à sa guise. Il prend quand il veut, et la femme n’a qu’à se taire.

Ce n’est que depuis 20 ans, seulement, que la notion de viol conjugal existe ! Auparavant, par respect du « devoir conjugal », la femme ne pouvait refuser un rapport sexuel à son époux.

 

Rien ne peut justifier la violence

Les violences faites aux femmes sont multiples : physiques, psychologiques, sexuelles, sociales, économiques, verbales. Pour elles, le plus grand danger ne se trouve pas à l’extérieur mais au sein de leur foyer. Dans 45% des cas, les femmes victimes de viol et de tentatives de viol le sont par leur propre conjoint ou ex-conjoint. Parmi elles, 44% vivent dans la peur permanente que cela se reproduise.

Du 25 novembre au 3 décembre, un spot sera diffusé sur différents médias portant le mot d’ordre « Les violences que subissent les femmes sont multiples, elles n’en sont jamais responsables. Ne rien laisser passer. »

En effet, rien ne peut justifier la violence. La femme n’est pas responsable des actes de son partenaire. Même s’il trouve de justes explications et qu’il s’accorde de bonnes justifications, il n’a pas le droit de l’agresser. Il est l’unique responsable de ses actes de violence qui sont punis par la loi. En toute situation : mariée, en concubinage, pacsée, séparée ou divorcée, les droits sont les mêmes pour toutes.

Le code pénal interdit et pénalise le viol (art.222-23), les agressions sexuelles (art. 222-22), le harcèlement sexuel (article 222-33), les menaces (art. 222-18), le harcèlement sur conjoint (art. 222-33-2-1).

 

Avant que la gifle n’arrive, réagissons !

Il est donc légal et admis dans nos codes sociaux de refuser la violence de l’homme à l’encontre de la femme. Chacune d’entre nous doit s’en emparer et le faire appliquer. Dans notre vie de tous les jours, si la violence rôde, à travers le mépris, la dévalorisation, l’humiliation, la menace, l’abus de pouvoir, le contrôle financier, la manipulation… Ne laissons pas passer.

Nous ne sommes pas seules. Des hommes et des femmes sont avec nous pour nous écouter et nous soutenir. Que la violence soit ancienne ou récente, il faut en parler car c’est l’unique moyen de retrouver confiance et estime en soi. C’est aussi l’occasion de sortir de son isolement, de se défaire de la peur et du poids de la culpabilité.

Le 3919 est un numéro d’appel gratuit à notre disposition pour nous écouter et nous guider. Il existe également des associations spécialisées dans la lutte conte le viol et les violences faites aux femmes qui nous accueillent et nous accompagnent. Les numéros d’urgence sont le 17 ou le 112 (depuis un portable).

 

Se défaire de nos chaînes ancestrales

Demain, 25 novembre, est la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Cette journée à été proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies le 17 décembre 1999, en hommage aux trois sœurs Mirabal, sauvagement assassinées le 25 novembre 1960 pour leur combat contre la dictature de Rafael Trujillo en République dominicaine.

À l’occasion de cette journée, les féministes ainsi que le mouvement #Nous Toutes qui entendent « passer du témoignage à l’action », organisent aujourd’hui un défilé à partir de 14 heures, de la place de l’Opéra à République. Elles revendiquent la fin de « l’impunité des agresseurs » ainsi que « des mesures ambitieuses et des moyens financiers suffisants pour que l’action publique mette la lutte contre les violences en top des priorités ».

Il est temps de changer notre regard sur la femme, de briser nos conditionnements archaïques, d’ouvrir les yeux pour aborder sereinement notre partage de la vie sans violence. Ouvrons les bras plutôt que de serrer les poings. Hommes et femmes, avançons ensemble vers l’amour. Il serait grand temps !

 

 

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