Le câlin, un besoin essentiel à combler

3 juillet 2020
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Le câlin, ce petit geste qui nous semble simple et anodin, est en réalité essentiel à notre bien-être. De nombreuses études ont démontré ses vertus et ses bienfaits. En manquer aurait même des conséquences sur notre santé physique et psychique. Comment ce geste, en apparence si accessoire, peut-il avoir des effets aussi importants dans notre vie ?

Le câlin, on en a tous besoin. Se prendre dans les bras, se faire la bise, poser sa main sur la tête d’un enfant, tapoter une épaule gentiment, presser doucement un bras, se serrer chaleureusement les mains … Tous ces petits gestes quotidiens abritent de grandes vertus. Des attentions, il est vrai, qui nous ont beaucoup manquées ces derniers mois avec la réglementation des gestes barrières pour se protéger du COVID-19.

Le câlin, réducteur de stress

C’est pourtant lors de périodes difficiles, anxiogènes et douloureuses que l’on a encore plus besoin de câlins. Pourquoi ?

Parce que, au moment d’un câlin, quatre hormones anti stress, également appelées hormones du bonheur, se libèrent :

  • L’ocytocine, cette hormone libérée lors de l’accouchement est un neurotransmetteur qui favorise le sentiment de bien-être et de détente. Elle installe un climat de paix, de tendresse et développe l’attachement
  • La dopamine est une hormone qui stimule, donne envie d’aller vers les autres, active la bonne humeur
  • La sérotonine qui est considérée comme un régulateur naturel du stress et de l’humeur permet notamment de dissiper un état de déprime.
  • L’endorphine, cette molécule qui apaise la sensation de douleur nous aide à l’accueillir de manière plus sereine, à la laisser passer, ce qui nous ramène tranquillement vers  la sensation de bien-être.

La libération de ces hormones dans tout le corps produit donc un état de paix, de sécurité, de confiance, de calme, en même temps qu’un état d’enthousiasme et de bien-être. Ainsi, grâce au câlin, le niveau de cortisol, responsable de nombreuses maladies liées au stress, diminue de manière notable.

Le toucher, notre premier sens

Le toucher est un sens essentiel dans notre développement psychophysiologique. C’est le tout premier sens à se développer au niveau fœtal et c’est aussi notre premier moyen de communication.  Des centaines de millions de cellules de notre corps sont reliées à notre peau. Donald Woods Winnicott, pédiatre et psychanalyste britannique,  a montré l’interdépendance entre la qualité du toucher et la qualité du lien mère-enfant. Le « handling », les soins maternels prodigués par la mère à travers sa manière de le toucher, de le manipuler sont une source très riche d’informations et de communication qui instaure le lien entre le nouveau-né et son monde extérieur proche. Il détermine notamment son sentiment de paix et de sécurité. Il nourrit et fortifie sa sensation d’être aimé.

Une source d’équilibre et de santé

Le contact par le toucher active le nerf vague qui participe notamment à la baisse de la pression artérielle et favorise la circulation sanguine. Le physiologue allemand Otto Loewi a montré en 1921 le rôle important de ce nerf qui parcoure notre corps du cervelet jusqu’à l’appareil digestif-intestinal, l’appareil respiratoire, le cœur et le foie. Il libère notamment ce qu’il nommait « substance vague » qui n’est autre que l’acétylcholine, le premier neurotransmetteur identifié par les chercheurs. L’acétylcholine avec le GABA (acide gamma aminobutyrique) permettent en effet de réduire l’action du stress sur les organes, ralentissent le rythme cardiaque, et favorisent entre autres, une meilleure qualité de sommeil ainsi qu’une meilleure digestion.

Or, des activités telles que le massage, les manifestations de tendresse, les expériences de connexion et d’émotions positives sont de puissants activateurs du nerf vague. Sans doute est-ce pour cela que les massages sont entrés dans les hôpitaux ou que s’est développée la thérapie par le câlin (câlinothérapie). Divers travaux ont révélé leurs effets bénéfiques sur le moral et la santé.

Une lumière dans la solitude

Une étude réalisée dans une maison de retraite à New York a notamment démontré que lorsque le personnel prenait dans ses bras, ou toucher les personnes âgées, au moins trois fois par jour, cela produisait chez eux un état de bien-être général  :

  • Une plus grande motivation
  • Une meilleure concentration
  • Plus d’énergie
  • Un sommeil plus réparateur

On le voit, le toucher par le câlin est essentiel. Pour les personnes seules, âgées, isolées, le contact physique est rare. Un câlin, d’au moins 20 secondes (idéalement une minute), pourvu qu’il soit  prodigué avec sincérité, leur permet de se sentir exister, reconnu et considéré. Il restaure l’envie, le bonheur et le plaisir de vivre.

« Un gros câlin vaut mieux qu’un long discours »

Kathleen Keating

A la vue de ses précieuses vertus, on ne s’étonne plus alors que le câlin soit perçu, par un grand nombre d’entre nous, comme quelque chose d’infiniment agréable, qui rassure, qui réchauffe le cœur, qui fait du bien.

Cela permet aussi d’offrir du bien-être, de lâcher prise, de se rapprocher de l’autre, par-delà les mots, d’exprimer ce que l’on a du mal à dire, de faire passer une intention bienveillante. Dans le câlin, on donne autant que l’on reçoit. On laisse circuler l’amour… Le mieux est de le faire chaque jour.

Inutile donc d’attendre le 21 janvier pour se délivrer des câlins. Chaque année, en effet, le 21 janvier célèbre l’importance du câlin et du témoignage de la tendresse. C’est la journée internationale des câlins, National Hug Day pour les Etats-Unis. Cette idée a été lancée en 1986 par Kevin Zaborney, un révérend américain, afin de combattre notamment la déprime qui s’installe à cette période de l’année.

Vingt secondes d’amour

De nombreux pays se sont ralliés à cette idée, l’Australie, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, la France… Preuve que le câlin est un besoin et un langage universel. Les câlins se substituent aux mots pour exprimer la chaleur, le réconfort, la tendresse, l’amour. C’est ce que veut nous faire comprendre Kathleen Keating, tendrement et joyeusement, dans « Le petit livre des gros câlins » à travers lequel elle explique qu’ « un gros câlin vaut mieux qu’un long discours ». Elle précise que le câlin peut exprimer des attentions infiniment profondes et bienveillantes telles que :

  • « Tu peux m’appeler nuit et jour »
  • « Je comprends que tu es malheureux »
  • « Laisse-moi te consoler »
  • Ou encore « Il existe une place pour toi à l’intérieur de mon bonheur »

Le câlin… A méditer, à partager, à pratiquer pendant au moins 20 secondes, et à renouveler autant de fois que nécessaire dans la journée.

Le câlin fait croître l’amour…

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