Le Divorce en France ? Le taux est à la baisse

21 septembre 2016
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Le divorce en France amorce un recul depuis le grand pic de 2005. Une étude, réalisée par l’INSEE*  en  2014, nous a révélé qu’après avoir augmenté régulièrement depuis les années 1970, le nombre de divorces a commencé à baisser à partir de 2010 : 8% de divorces en moins en 2014 comparé à 2010. Bonne nouvelle pour le baromètre de la durabilité du couple ou simple illusion ? Comment expliquer cette baisse ?

Entre 1950 et nos jours, l’histoire du couple marié a subi bien des variations en terme de stabilité et de durabilité dans son contrat d’engagement. De 1950 à 1970, de manière relativement constante, on comptait 33 000 divorces par an, en moyenne. Mais, à partir de 1970, ce nombre n’a cessé de grimper. La nouvelle législation du 11 juillet 1975 (loi n° 75-617) qui autorisait le divorce par consentement mutuel a d’ailleurs largement contribué à cette envolée.  Le contrat de mariage a connu des années particulièrement noires, notamment en 1986, année au cours de laquelle 108 400 couples ont rompu leur engagement. Puis, après une relative accalmie, en 2003, on enregistre une nouvelle augmentation qui atteint son pic ultime en 2005 avec 155 300 divorces prononcés. Cette flambée  s’explique par l’entrée en vigueur, début 2005, de la loi du 26 mai 2004, qui vise à simplifier les procédures de divorce. Pourtant, depuis 2010, la tendance s’inverse.  On compte 123 500 divorces en 2014 contre 134 000 en 2010. C’est officiel, le divorce en France est donc bel et bien en baisse. Si, comme le révèle l’étude de l’INSEE, cette diminution n’est pas liée à la baisse du nombre de mariages, comment peut-on expliquer cette nouvelle tendance ?

De toute évidence, la crise économique, n’encourage pas au divorce.

En 2014, Pauline Verduzier, journaliste au Figaro, nous donnait quelques éléments de réponses sur le divorce en France. Deux principales raisons en seraient la cause. Tout d’abord une raison économique. De toute évidence, la crise économique, l’augmentation du chômage, fragilisent et diminuent les ressources des ménages. Un divorce implique non seulement des frais de justice élevés liés à la procédure, mais aussi une réorganisation complète de la vie de chacun des époux. Un couple divorcé est souvent contraint de vendre, dans l’urgence, et le plus souvent à perte,  la maison ou l’appartement dont ils avaient fait l’acquisition à deux. Par la force des choses et malgré les souffrances que cela implique, le couple continue de vivre sous le même toit.

Le mariage est un vrai choix qu’on a pris le temps de mûrir.

La deuxième raison, positive celle-là, concernerait la nouvelle vision du mariage. On ne se marie plus pour des raisons simplement juridiques et financières, notamment assurer la  sécurité des enfants ou payer moins d’impôts. Aujourd’hui, on se marie par amour. Le mariage est devenu un vrai choix qu’on a pris le temps de mûrir. Car même s’il est question de sentiments, ce n’est pas pour autant que l’on se jette dans l’aventure sans réfléchir. C’est un engagement sur le long terme qui ne se prend pas à la légère.

Anne Solaz, chercheuse à l’Ined ( Institut national d’études démographiques ) explique à ce sujet : « Les mariages sont d’autant plus stables qu’on se marie plus vieux. Or, l’âge moyen lors du premier mariage a augmenté de manière continue et se situe désormais à 30 ans. Et les couples qui se marient ont généralement connu une période de cohabitation qui leur a permis de se connaître et de se tester. » Concernant la décision du mariage mûrement réfléchie, Anne Solaz ajoute : « Or, ces dernières années, les secondes unions sont devenues plus sûres que les premières, comme si la maturité et le fait de mieux choisir son conjoint la deuxième fois, prolongeaient la longévité de l’union. »

Belle touche d’espoir pour les hommes et les femmes qui ont envie de construire leur vie à deux !

Longue vie à deux les amoureux !

 

*Institut national de la statistique et des études économiques

 

 

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