La France en souffrance

28 août 2020
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La France souffre. Submergée d’annonces inquiétantes et de catastrophisme, elle s’asphyxie et s’affaiblit. Les français vivent dans la peur irrationnelle du coronavirus. L’impact psychologique du confinement se poursuit dans un quotidien anxiogène. Et s’il suffisait de regarder simplement la réalité, pour enfin s’apaiser ?

La France a peur. C’est du moins ce qu’on lui suggère à travers un battage médiatique qui l’effraie, la fragilise, la trouble, la rend malade. C’est comme si l’on voulait absolument que l’épidémie ne s’arrête jamais, qu’elle apparaisse dangereuse et inquiétante. Malgré une réelle diminution des hospitalisations en réanimation de cas de COVID-19, et implicitement de sa létalité, on agite, chaque jour, l’épouvantail du SARS-COV-2. Après le nombre de décès qui s’affichaient quotidiennement dans les médias de masse, s’affichent désormais le nombre de cas positifs et la perspective d’un reconfinement… Une peur qui en remplace une autre.

Les effets de la crise COVID

Cette situation ne ménage pas les françaises et les français, déjà bien touchés par l’épisode de la COVID-19. Medscape rapporte en effet que la psychiatrie est en alerte, face à la hausse des états dépressifs. Il cite notamment le travail réalisé par l’équipe de Pierluigi Graziani des universités de Nîmes et d’Aix-Marseille qui étudie actuellement les répercussions sur la santé mentale de l’épidémie de COVID-19 et en particulier du confinement.

Les premiers résultats de l’enquête, réalisée sur plus de 3 700 témoignages de personnes âgées de 18 à 87 ans, révèlent la manifestation d’un syndrome dépressif léger à modéré pour 78% des participants. Il ressort que :

  • 43% d’entre eux présentent des scores d’anxiété supérieurs au seuil pathologique
  • 14% des personnes interrogées ont des pensées suicidaires « soit trois fois plus que la prévalence habituelle »
  • 12% des participants témoignent un état de désespoir supérieur au seuil pathologique

Dans une première conclusion, Pierluigi Graziani explique, que l’homogénéité des résultats sur toute la France confirme l’impact majeur du confinement sur « cette souffrance anxieuse et dépressive ».

Une conclusion qui corrobore les résultats de l’étude du King’s College London, qui a récemment travaillé sur “l’impact psychologique de la quarantaine” par le biais d’une méta analyse. Elle a été réalisée à partir d’études menées dans 10 pays, concernant des personnes atteintes du SRAS (11 études), d’Ebola (5), de la pandémie de la grippe H1N1 (3), du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (2) et de la grippe équine (1).

L’analyse révèle que la quarantaine est une mesure de santé publique qui a un “impact psychologique considérable pour les personnes touchées.”

Elle met en évidence “une forte prévalence de symptômes de détresse psychologique et de troubles” tels que le stress, l’épuisement émotionnel, la mauvaise humeur, l’insomnie, la dépression etc.

L’imagination nous affole et nous empêche de prendre en compte les marqueurs de la réalité. Elle alimente notre peur irrationnelle.

La France, en quarantaine pendant près de deux mois, du 17 mars au 11 mai 2020, a subi, hélas, les mêmes dommages. En témoigne également l’étude ViQuoP lancée par Santé publique France* depuis le 30 mars 2020. Réalisée par l’institut Kantar auprès de 60 personnes, âgées de 19 à 73 ans, il s’agit d’une étude qualitative qui suit “l’évolution des comportements et attitudes des Français en matière de santé et prévention pendant et après la fin du confinement “.

Parmi les 6 thématiques étudiées, pour celle concernant “L’évolution des perceptions d’état de santé et de bien-être”, les enquêteurs notent au fil du confinement des manifestations d’anxiété, d’angoisse, d’irritabilité, de tristesse “liées au stress de la situation sanitaire exceptionnelle et aux changements des routines imposées par le confinement.” Sur le plan physique, ils relèvent des prises de poids, des douleurs, des problèmes de sommeil.

L’emprise de l’imagination

Anxiété, désespoir, idées suicidaires, dépression… et si la réalité était beaucoup moins catastrophique que l’on imagine ? Car, on le sait, l’imagination amplifie la peur.

Emile Coué, psychologue et pharmacien, montre la force et l’emprise de l’imagination sur notre perception des choses et notre capacité à agir. Pour l’illustrer, il prend l’exemple de l’épreuve de la planche :

Si elle est posée sur le sol, nous sommes tous capables de marcher sur une planche de 10 mètres de long et de 25 centimètres de large.

Imaginons maintenant que cette planche soit placée entre les deux tours d’une cathédrale. Qui sera alors capable de marcher sur la planche ? Le fait même d’imaginer la chute, rend la traversée terriblement anxiogène, voire impossible. L’idée du risque qu’une situation se produise est donc plus forte que la réalité en elle-même. C’est ce qui contribue à nous tétaniser et à nous paralyser. L’imagination nous affole et nous empêche de prendre en compte les marqueurs de la réalité. Elle alimente notre peur irrationnelle.

Que nous dit la réalité ?

Le SARS-COV-2 n’est pas plus mortel que les autres virus déjà rencontrés par le passé. Il se révèle même, jusqu’à ce jour, moins mortel que certains autres.

Lors de sa conférence de presse, le 27 août dernier, en présence de la maire de Marseille Michèle Rubirola et de la présidente (LR) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône Martine Vassal, Didier Raoult, directeur de l’IHU de Marseille, rappelle quelques chiffres, précisant qu’il ne s’agit pas, pour autant, de minimiser l’épidémie de la COVID-19 :

Nombre de morts dans le monde :

  • Coronavirus (actuellement) : 800 000 personnes sur une population de 7,8 milliards d’habitants
  • Grippe espagnole : 50 millions de morts pour une population de 1,9 milliard (presque que des jeunes)
  • Grippe asiatique en 1957 : entre 1,1 et 2 millions de morts pour une population de 2,9 milliards.
  • Grippe de Hong Kong de 1968 : 1 million de morts pour une population de 3,6 milliards
  • Infections respiratoires basses (données de la dernière année) : 2,5 millions de morts

Ces chiffres lui permettent d’en conclure que “on est face à un problème, mais pas un problème qui dépasse, ou qui rattrape les choses que l’on a déjà vues dans le passé, et que l’on a gérées dans le passé, alors que nos moyens étaient inférieurs.”

Inutile donc de s’affoler. D’autant plus que le traitement proposé par l’équipe de l’IHU de Marseille se révèle concrètement efficace “avec l’hydroxychloroquine et l’azythromicine, et sur les 4 600 personnes qui ont reçu leur traitement, au moins 3 jours de traitement, il y a eu 19 morts… ce qui veut dire qu’on a une mortalité de 0,45% sur cette maladie traitée ici.” précise le professeur Didier Raoult.

La deuxième vague en question

L’épouvantail d’une deuxième vague s’agite au-dessus de la France. On parle d’une augmentation de cas positifs, d’un risque de reconfinement…

Qu’en est-il exactement ?

Les données rapportées à Santé publique France** sont les suivantes :

Les chiffres arrêtés au 16 août 2020 font état de 18 015 cas COVID-19, hospitalisés en réanimation, tout âge confondu, depuis le 1er mars 2020.

On dénombre au cours des trois premiers mois, c’est à dire du 1er mars au 31 mai 2020, 17 453 cas COVID-19, en réanimation, tout âge confondu.

Cela signifie que durant les trois derniers mois de juin, juillet et jusqu’au 16 août 2020, les centres hospitaliers ont accueilli en tout, sur l’ensemble de la France, 562 personnes en réanimation pour un cas de COVID-19, tout âge confondu.

Est-il alors, juste et raisonnable, dans ces circonstances, d’évoquer les signes d’une deuxième vague ?

Retrouver la joie de vivre

Voilà quelques bonnes raisons de se libérer des pressions alarmistes qui contribuent à notre anxiété. Il est important de s’apaiser pour retrouver notre équilibre, notre confiance et notre vitalité. Quelques règles peuvent nous y aider.

D’abord, s’en tenir à la réalité. Ensuite, éviter de rester scotché à la radio ou à la télévision en grande partie anxiogènes. Et enfin, oser vivre ! Ecouter, dialoguer avec nos proches et les autres, sourire, rire, s’amuser, opter pour une vie saine, prendre du temps pour soi, se balader, respirer, se relaxer, faire confiance à la vie et à son corps … sont les meilleurs atouts pour maintenir notre bonne santé et notre joie de vivre !

* https://www.santepubliquefrance.fr/etudes-et-enquetes/covid-19-etude-viquop-vie-quotidienne-et-prevention-dans-6

** https://www.santepubliquefrance.fr/ : Point épidémiologique national du 27 août 2020.

Voir p 22 : Tableau 8. Distribution des cas de COVID-19 hospitalisés en service de réanimation, par classe d’âge et par période (S9-S27 : du 01 mars au 31 mai 2020 ; S28-S33 : du 01 juin au 16 août 2020), données au 18
août 2020, France (source : SI-VIC)

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