Cadenas de l’amour : la faute au cinéma ?

2 janvier 2017
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Cadenas de l’amour, les ingrédients essentiels : une ville romantique comme Paris ou Rome, un pont, un cadenas, une clé, un serment et, bien sûr, deux amoureux. On se regarde dans les yeux. On se jure un amour éternel et on ferme le cadenas sur la rambarde du pont avant de jeter la clé dans l’eau. Si le cinéma n’avait pas populariser ce rituel, serait-il aussi présent partout dans le monde ?

On estime que la tradition des cadenas de l’amour aurait pris naissance en Serbie sur le pont Most Ljubavi (Littéralement, « pont de l’Amour »), depuis la première guerre mondiale. Pour autant, selon Wikipedia, cette pratique serait sans doute restée inconnue et très localisée si Desanka Maksimovic une poétesse Serbe, célèbre dans son pays, n’en avait fait état dans l’un de ses ouvrages au milieu du XX ème siècle.

 

Les cadenas de l’amour : de la littérature au cinéma

Au-delà de la symbolique forte du geste, on peut se demander si le cinéma n’est pas à l’origine du développement et de l’extension du rite des cadenas de l’amour, du moins en Europe de l’Ouest. En effet, en 2006 le roman rose italien « Ho voglia di te » de Federico Moccia paraît. Il sera adapté deux fois au cinéma. Une première fois en 2007 par Luis Prieto, sous le titre du roman, et une seconde, en 2012, par Fernando Gonzales Molina sous le titre « Tengo ganas de ti ». Dans la première version, un jeune couple accroche un cadenas à un lampadaire du pont Milvio à Rome.

On peut se demander si le cinéma n’est pas à l’origine du développement et de l’extension du rite des cadenas de l’amour, du moins en Europe de l’Ouest.

Et c’est l’engouement. Rapidement, les lampadaires du pont sont pris d’assaut et recouverts de cadenas. A tel point que dès 2007, le maire de Rome décide d’interdire l’accrochage des cadenas sur le pont Milvio. En effet, la mode a tellement pris qu’un lampadaire a cédé sous le poids des serments. L’interdiction est, par ailleurs, assortie d’une amende de 50 €.

 

En France aussi…

On peut s’interroger sur les différentes appellations du pont des Arts, souvent rebaptisé « Pont des Amours ». En effet, la passerelle piétonnière relie l’institut de France au Musée du Louvre. C’est de là que vient son nom de baptême. Le Louvre au moment de la construction du pont, en 1804, s’appelait « palais des Arts ». Aucune connotation amoureuse donc.

Sauf que c’est encore le cinéma qui pourrait bien être responsable de la seconde appellation du pont. En effet, en 2001, Jean-Pierre Jeunet tourne « Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain ». Le film contient une scène qui se déroule sur « la passerelle des amoureux », qui n’est autre que le pont des Arts.

Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain est l’un des plus gros succès commerciaux mondiaux pour un film français. L’œuvre de Jean Jeunet reçoit de très nombreuses récompenses et nominations, dont 13 aux Césars, et 5 aux Oscars. En 2002, il obtient quatre Césars, dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur. Autant dire que cette vision idéalisée de la vie à Paris a fait le tour du monde. Wikipedia dénombre une trentaine de traductions différentes pour ce film.

En 2013, Louis Leterrier sortait « insaisissable N°1». A la fin, Mark Ruffalo, alias Dylan Rhodes, rejoint Mélanie Laurent, alias Alma Dray, sur le pont des Arts. Dans cette scène on voit Dylan accrocher un cadenas au grillage de la passerelle.

 

Alors, les cadenas de l’amour, la faute au cinoche ?

Difficile de se faire une opinion tranchée. Le besoin d’engagement des amoureux a dû être le plus fort. Le cinéma n’a certainement ici qu’un rôle secondaire ; peut-être celui d’accélérateur, de prescripteur et de caution.

Enfin, on notera que le cinéma s’est concentré sur le Pont des Arts, du moins à Paris. C’est de là qu’est partie la mode française du cadenas en 2008. En revanche, les autres ponts et passerelles ont été investis par les amoureux sans qu’on puisse en attribuer la responsabilité au cinéma, du moins pour l’instant…

 

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