La pilule : amie ou ennemie de la femme ?

21 juin 2020
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La pilule contraceptive, entre ses petits et grands effets secondaires, est-elle à la hauteur des femmes ? Symbole de liberté féminine, elle est aussi sa première camisole. Aujourd’hui, la contraception pose un nouvel enjeu : celui d’une réelle égalité entre la femme et l’homme.

Si la pilule reste encore la méthode contraceptive la plus utilisée en France, son taux d’utilisatrices tend de plus en plus à la baisse. Les chiffres de 2010 rapportés par l’INSERM* montrent que 50% des femmes françaises de 15-49 ans utilisent la pilule. A cette époque, les françaises sont parmi les plus « contraceptées » du monde.  En 2018, l’institut Statista Research Department** révèle que moins de 35%  des françaises de 15-49 ans choisissent la pilule comme seul moyen de contraception.

Ainsi, entre 2010 et 2018, la pilule contraceptive aurait perdu pas moins de 15% d’utilisatrices. Une perte importante, loin d’être anodine. Elle marque en effet une rupture de confiance entre la femme et la pilule. Car durant cette période, un événement majeur sème un grand trouble, avec beaucoup de tristesse, mais aussi beaucoup de révolte, dans l’esprit des femmes.

De graves effets secondaires

Une bordelaise, victime d’un AVC en 2006,  à l’âge de 19 ans, suite à la prise d’une pilule de 3e génération(Meliane), libère sa parole et témoigne de son calvaire. Dans son livre publié en 2013 « La pilule est amère », Marion Larat raconte comment d’un seul coup elle s’effondre, sombre dans le coma pendant trois jours, et se réveille hémiplégique et aphasique. Après un parcours de combattante, neuf opérations chirurgicales, et des mois de rééducation, Marion reste encore handicapée à 65%. En 2010, la Commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux de la région Aquitaine, reconnaît le lien avéré entre son AVC et la pilule. En décembre 2012, la jeune femme porte plainte contre le directeur général de Bayer Santé.

Le grand silence autour des effets secondaires des pilules de 3e et 4e génération explose au grand jour

Le grand silence autour des effets secondaires des pilules de 3e et 4e génération explose au grand jour. En 2014, l’amertume et la déconvenue des femmes qui se sentent profondément leurrées, négligées, par le lobbying pharmaceutique, sont si grandes, que la vente de ces pilules contraceptives chute de 60% !

Des risques réduits, mais bien réels

Philippe Even, Président de l’Institut Necker, Professeur émérite à l’université Paris-V, explique en 2013,  dans « Les matins de France Culture » que les risques augmentent avec l’arrivée de chaque nouvelle génération de pilule :

« Une femme qui ne prend pas la pilule c’est, 1 risque sur 10 000, de phlébites. Ce n’est pas complètement zéro. Si elle prend une deuxième génération c’est, 2 sur 10 000, c’est le double, ça reste très petit. Si c’est une troisième génération ou une « Diane », c’est 4 sur 10 000. C’est franchement différent. Ça fait très peu de choses, mais on va me dire, il y a 8 millions de femmes qui en prennent. Ça veut dire qu’à la fin de l’année, il va y avoir 1 000 ou 2 000 phlébites et ça veut dire 10% d’embolies pulmonaires, c’est-à-dire 200 ou 300 embolies pulmonaires, et comme elles ne sont pas bien diagnostiquées, pas bien reconnues, pas bien prises en charge, il y aura chaque année 10 morts. C’est terrible 10 morts, 10 jeunes femmes ! »

Des risques volontairement étouffés

Malgré la réalité de ces risques, nombre de prescripteurs, médecins ou gynécologues n’en n’ont, pour autant, jamais informé leurs patientes.

Cela pour deux raisons principales :

  • D’abord parce que les laboratoires et industries du médicament n’y ont aucun intérêt. On le comprend d’autant mieux quand on parle chiffres. D’après Philippe Even « Pour l’industrie pharmaceutique, les nouvelles pilules de dernières générations, c’est 110 € dans l’année qui rentrent par femme. Les anciennes, c’est 20€. Faites le calcul : multiplié par 8 millions, on arrive à 800 millions ou 1 milliard. Et ça fait 15 ans que ça dure. Alors ça fait combien de milliards encaissés par l’industrie ? »

On imagine donc facilement la pression qui peut être exercée sur les médecins pour la prescription de chaque nouvelle pilule contraceptive. Et pour vendre massivement ces pilules, on oublie tout simplement d’évoquer leurs effets secondaires.

  • Ensuite parce que les étudiants(tes) en médecine ne sont pas suffisamment bien formés(ées). Au cours de la même émission pour France Culture, Danielle Hassoun, gynécologue et ancienne responsable d’un centre IVG à Saint Denis, explique à propos du scandale de la pilule de 3e génération « Sur la politique du médicament je crois que vraiment il y a un problème. Ce n’est pas la première fois, c’est la énième fois que cela se pose. La formation des médecins en France est tout à fait mal faite : trop dépendante des laboratoires. Peu de médecins sont reformés une fois qu’ils sortent de la faculté. Vous sortez de la fac, mais après quelques années il faut absolument revoir les choses, revoir vos positions. Vous êtes partis sur des erreurs de pensée, partis sur de fausses idées, des médicaments qui finalement ne marchent pas. »

Peu après, elle ajoute que la formation post universitaire des médecins n’est faite en réalité que par les compagnies pharmaceutiques.

What else ? Poursuivant son intervention, la gynécologue reconnaît très honnêtement « Dans cette histoire de pilule, il faut bien dire qu’au fond, ce dont nous avons été absolument incapables d’évaluer, c’est cette histoire de bénéfice/risque. Je pense que c’est là où on s’est trompés. Probablement parce nous savions qu’il y avait un surrisque, très faible. Nous le savions, mais en même temps on s’est dit « Peut-être que c’est mieux pour certaines femmes. »

Un risque « très faible » vaut-il la peine d’être pris ?

Certes, 10 morts par an, ce n’est pas aussi impressionnant qu’une catastrophe épidémique telle que la COVID-19 que nous venons de traverser ces derniers mois. Mais qu’en penserions-nous si nous étions personnellement touchées, nous, ou l’une de nos filles, par l’un des effets secondaires dramatiques de la pilule contraceptive ?

Aucune mort ne devrait être minimisée. Chaque vie mérite d’être avertie et protégée pour sa santé et son intégrité. Si risque il y a dans la prise de la pilule contraceptive, il doit être connu par toutes les femmes susceptibles de l’utiliser. En toute connaissance de cause, chaque femme qui s’oriente vers une pilule contraceptive doit alors être capable de répondre à cette question essentielle pour elle-même : « Suis-je prête à prendre des risques pour ma santé, si je choisis ce type de contraception ? »

Désormais, suite à ce scandale conjugué à celui de la pilule Diane 35, responsable de 4 morts***, les femmes sont un peu plus averties sur les effets secondaires de la pilule qu’elles prennent chaque jour. Normalement, le médecin généraliste ou gynécologue qui prescrit une pilule contraceptive doit obligatoirement aviser la femme de l’ensemble des risques qui accompagnent la prise de ce médicament. C’est uniquement dans une démarche éclairée que la femme accepte, ou pas, de s’engager dans ce type de contraception.

Mais ces avertissements restent à marteler sans cesse, car ils s’oublient vite…

Le Conseil national de l’Ordre des sages-femmes rappelle « En 2017, 54% des Françaises recourant à une contraception estiment ne pas avoir reçu une information sur les avantages et les inconvénients du moyen de contraception qu’elles allaient prendre. Parmi celles-ci, 22% le regrettent. »****

Qu’en est-il des autres « effets secondaires » de la pilule ?

Après un an d’enquête dans le monde de la recherche, de l’industrie des laboratoires pharmaceutiques, et du milieu médical, Sabrina Debusquat, spécialiste des sujets de santé et journaliste indépendante, écrit en 2017 «J’arrête la pilule ». Dans cet ouvrage, très dérangeant, elle expose tous les ressorts de la pilule : son fonctionnement, ses revers sournois et parfois dramatiques.

Sabrina Debusquat décrit les 4 générations de pilule dont chacune fait l’objet d’un dosage différent :

  • Pilule 1ère génération : années 1960 elle contient le plus fort dosage en œstrogène. Effets secondaires : nausées, migraines, tensions mammaires. Sa commercialisation est arrêtée depuis juillet 2016.
  • Pilule de la 2e génération : années 1970 et 1980, plus faible dosage en œstrogène pour limiter les effets secondaires.
  • Pilule de la 3e génération : années 1990, diminuent l’acné, mais augmente le risque de tromboembolie.
  • Pilule de la 4e génération : contient un progestatif appelé drospirénone, qui selon les laboratoires favorise la perte de poids mais,qui en fait, limite seulement la rétention d’eau. C’est une pilule oestroprogestative. Par contre elle est encore plus dangereuse que la 2e génération en terme de thromboembolie.
  • Pilules sans œstrogène : les pilules progestatives contiennent une seule progestérone de synthèse. Elle réduit fortement les risque d’AVC, de thromboembolie et sont prescrites aux femmes qui ne supportent pas les œstrogènes. Ses effets secondaires sont moins étudiés.

La pilule, comment ça marche ?

La pilule « C’est comme si la femme vivait en permanence un premier trimestre de grossesse » explique la journaliste. En effet, la contraception hormonale produit un état biochimique qui bloque l’ovulation, épaissit la glaire cervicale au niveau de l’utérus et empêche l’implantation d’un embryon. Avec la pilule, le cerveau met en veille permanente les ovaires dont les fonctions principales sont de produire des hormones (œstrogène et progestérone) et des ovules.

Pour ce faire, une dose importante d’œstrogène et de progestérone synthétiques sont libérés dans le corps de la femme. Or, cette dose est 10 à 100 fois plus élevée que ce que produirait naturellement notre corps. Cet apport accru d’hormones synthétiques crée d’inévitables déséquilibres, car il vient bousculer toute la subtilité du système hormonal, initialement orchestré par le corps féminin. Un système naturel, que nous possédons toutes, et qui participe notamment au développement corporel lors de la puberté, régule les humeurs, la température et les fonctions des organes.

Avec la pilule contraceptive, des hormones synthétiques vont donc prendre le relais et agirent sur tout le corps, particulièrement les organes sexuelles : ovaires, trompes, utérus, col, endomètre ( muqueuse de la paroi interne de l’utérus).

En fait cet état créé un désordre qui épuise le corps : effets toxiques sur l’ADN, épuisement du système immunitaire, carence en vitamines et minéraux essentiels, etc.

Y aurait-il un rapport avec les risques de cancer ?

2005 : le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) reconnaît la pilule oestroprogestative comme produit cancérigène dits « de catégorie I » au même titre que l’amiante, le plutonium, les rayons X, l’arsenic, le tabac et l’alcool. Ces risques concernant les seins, le col de l’utérus, le foie et les voies biliaires ne disparaissent véritablement que 10 ans après l’arrêt de la pilule. Ils sont plus élevés chez les femmes de moins de 35 ans qui ont commencé à prendre la pilule avant l’âge de 20 ans.

D’après le CIRC, ces risques restent modérés. Mais la prudence est de rigueur lorsque l’on sait, comme nous le révèle l’enquête de Sabrina Debusquat, que le CIRC est une branche de l’OMS « elle-même financée à plus de 75% par des fonds industriels, notamment pharmaceutiques. »

« Les contraceptifs oraux causent 600 cancers du sein et du col utérin » chaque année en France

En 2017, l’Institut français de veille sanitaire reconnaît pour la première fois (9 mois après la parution de son livre) que « les contraceptifs oraux causent 600 cancers du sein et du col utérin » chaque année en France, sur les adultes de plus de trente ans.

Quant à la pilule progestative que le CIRC ne reconnaît pas officiellement comme cancérigène, de nombreuses publications scientifiques tendent à démontrer qu’elle est encore plus cancérigène et notamment pour le cancer du sein.

Accidents vasculaires cérébraux ou embolies mal diagnostiqués

Les pilules oestroprogestative de troisième ou quatrième génération multiplient les risques tromboemboliques.

Problème : les phlébites et embolies pulmonaires sont difficiles à diagnostiquer. On peut souffrir de céphalées prononcées, de douleurs en « décharge » et d’essoufflements importants. Beaucoup consultent et on leur diagnostique un simple rhume.

Conséquences : décès, paralysie, amputation, fatigue chronique, traitement à vie.

Chaque année, le cancer du sein et les accidents tromboemboliques concerneraient 3162 femmes. Elles seraient atteintes d’un problème grave lié à la contraception hormonale, 83 femmes en décéderaient.

Des effets secondaires « moins graves » qui gâchent la vie au quotidien

  • Sous pilule oestroprogestative, les femmes peuvent souffrir de migraines ( les migraines sont liées « à une fluctuation d’œstrogènes et à un déséquilibre zinc-cuivre » ), de jambes lourdes, de nausées, de douleurs mammaires ou spotting (légers saignements entre deux menstruations)
  • Sous pilule prosgestative, les femmes se plaignent plus de troubles du cycle, type spotting, de douleurs pelviennes et de kystes ovariens.
  • La pilule augmente le taux de sucre dans le sang, ce qui peut expliquer la prise de poids.
  • Par ailleurs la pilule épuise la vitamine C et le sélénium, essentiels pour lutter contre les infections et les bactéries.
  • Les cystites, salpingites, endométrites sembleraient également favorisées par la contraception orale.

Autres maladies qui se sont développées après l’arrivée de la pilule, auparavant très rares :

  • Le syndrome des ovaires polykystiques (kystes aux ovaires) une « conséquence classique des contraceptifs hormonaux faiblement dosés. »
  • Anémie ou fatigue chronique : carences en B9, B12, magnésium, sélénium et Q10 peuvent aussi être liées à la contraception orale. Le sélénium intervient dans le bon fonctionnement de la thyroïde.
  • Le foie est plus fragile et supporte moins bien certains aliments comme le blé, les œufs ou le lait.
  • La pilule multiplie par 5 les risques de déclencher une maladie de Crohn (inflammation chronique du système digestif)
  • Baisse du désir sexuel : première cause observée par la plupart des femmes sous pilule. Cela provoque une diminution de la testostérone, hormone principale du désir chez la femme, comme chez l’homme : diminution du taux de DHEA (qui se convertit en testostérone) et augmentation de la SHBG (qui désactive la testostérone) « les progestatifs contenus dans la pilule diminuent logiquement la libido » précise la journaliste.

Tous ces effets secondaires sont valables également pour une contraception hormonale combinée : patch, anneau et certains implants avec œstrogènes qui contiennent les mêmes hormones que la pilule.

A ce propos, Sabrina Debusquat précise que, s’agissant de l’ensemble de ces contraceptifs hormonaux modernes, autres que la pilule (patch, anneau vaginal, implant cutané, injection), l’Institut national du cancer explique qu’ils sont « d’apparition trop récente pour qu’on puisse évaluer leur risque avec assez de recul »… (Peu rassurant !)

Ne plus supporter au quotidien une infinité de petits maux qui, au final, leur gâche une bonne partie de la journée… Voire, une bonne partie de leur vie.

Face à ces effets secondaires réels et nombreux, on ne s’étonnera pas alors que de plus en plus de femmes décident d’arrêter la pilule contraceptive. Et c’est tout à fait légitime. Dans l’enquête que Sabrina Debusquat a réalisé auprès de plus de 3 600 femmes, 70% d’entre elles « déclarent avoir subi des effets secondaires négatifs ».

Elle observe la volonté des femmes interrogées de revenir à une vie plus naturelle, de respecter davantage leur corps, leur vie, et l’environnement. Mais également de ne plus supporter au quotidien une infinité de petits maux qui, au final, leur gâche une bonne partie de la journée… Voire, une bonne partie de leur vie.

Une journée, qui nous le savons, est déjà lourde et bien remplie pour chacune d’entre nous. Transports fatigants, vie professionnelle exigeante, responsabilité des enfants, courses, ménage, et les divers soucis qui peuvent s’y ajouter…

Trop de pression épuise le corps

La pression est déjà tellement grande ! Pourquoi faudrait-il, en plus, supporter les effets secondaires de notre pilule contraceptive ? Ces effets, un grand nombre de femmes en souffrent régulièrement, même si elles ne les relient pas forcément à leur pilule quotidienne. Car, nous l’avons vu plus haut, encore beaucoup de femmes à qui l’on prescrit la pilule, n’ont pas été suffisamment informées des effets secondaires de ce petit cachet, quasi anodin, qu’elles mettent dans leur corps, chaque jour : baisse de libido, sécheresse vaginale, prise de poids, dépression durable ou passagère, irritabilité, humeur instable et maussade, crise de larmes, maux de tête…

Des effets secondaires qui s’installent discrètement, progressivement, et qui à force de s’enraciner dans le quotidien des femmes, diminuant notamment leur désir sexuel, perturbant leurs humeurs, leur donnant des migraines, des vertiges, des nausées… finissent par ruiner leur confiance, leur estime d’elle-même et leur joie de vivre.

Sabrina Debusquat rapporte le témoignage de Justine : « On a beau dire qu’une libido à zéro c’est un effet secondaire bénin, quand ça mène un couple au divorce, c’est loin d’être bénin. »

Une camisole chimique

A travers ces témoignages, de nombreuses femmes révèlent découvrir leur vraie nature après avoir arrêté de prendre la pilule : elles découvrent pour la première fois une vraie sexualité dont elles ignoraient totalement les possibles. A commencer par la lubrification pour certaines qui souffraient de sécheresse vaginale, rendant la relation sexuelle très douloureuse. Elles se rendent compte alors que la sexualité peut être très agréable. D’autres découvrent le plaisir de ressentir du désir dont elles ignoraient la force et l’intensité.

Comment se libérer de la pilule ?

D’après le sondage mené par Sabrina Debusquat :

  • 55% des femmes qui arrêtent la pilule d’un coup ne ressentent aucun effet négatif.
  • 45% en ressentent : parmi elles, 63% les ressentiront pendant moins de 6 mois. Les autres subissent les effets néfastes plusieurs mois, voire plusieurs années après l’arrêt de leur pilule.
  • 24% les supportent plus d’un an, et 13% plus de deux ans.

Principaux désagréments : acné, douleurs aux ovaires ou à l’utérus, peau plus grasse, sautes d’humeur, douleurs mammaires, cheveux gras ou qui chutent, kystes aux ovaires, sont les plus souvent rapportés. A la marge il peut aussi y avoir des troubles du cycle, une prise de poids, une libido instable, nausées, vertiges, migraines, diminution du volume mammaire, sudation plus importante, endométriose, infertilité, mal-être psychologique, fatigue, émotivité.

Il ne faut donc pas s’attendre à un rétablissement immédiat. Selon les femmes, ce sera plus ou moins long. Une étude de Claudia Panzer (endocrinologue) parue en 2006 montre qu’après un an d’arrêt de la pilule, les bilans sanguins de nombreuses femmes ne sont toujours pas revenus à la normale.

Mais il est possible d’éviter, en grande partie, ces effets très désagréables (OUF !). Pour cela, Sabrina Debusquat conseille un sevrage progressif. Elle suggère de réaliser ce sevrage en espaçant la prise des cachets :

  • 1ère quinzaine : 1 jour sur 2
  • 2ème quinzaine : 1 jour sur trois
  • Et ainsi de suite. Le sevrage peut se faire sur environ 6 mois.

Son sondage révèle que 72% des femmes qui arrêtent la pilule en apprécient les effets positifs. Elles les vivent (paradoxalement) comme une véritable libération :

  • Plus forte libido : 71%
  • Sensation de « reconnexion à soi, à son corps » : 59%
  • Diminution d’humeurs dépressives ou d’angoisses inexpliquées : 35%
  • Perte de poids : 29%
  • Augmentation de l’énergie : 26%
  • Diminution ou disparition des maux de tête : 24%
  • Diminution de la sensation de faim : 16%

Quelles alternatives après l’arrêt de la pilule ?

Sabrina Debusquat, qui a réalisé un travail très complet, passe en revue tous les autres moyens de contraception sans hormones qui existent de nos jours :

Le DIU cuivre : C’est un petit dispositif plastique en forme de T recouvert de fils de cuivres inséré dans l’utérus par un professionnel. Les spermatozoïdes sont tués avant qu’ils n’arrivent dans l’ovule. Selon elle c’est la contraception sans hormones la plus efficace après la stérilisation.Cela coûte 30€ remboursés par la Sécurité Sociale. Dure 5 à 10 ans.

ATTENTION nombreux effets secondaires qui peuvent être très graves : perforation de l’utérus ou des trompes, infections pelviennes entre autres. Il est parfois très mal supporté : douleurs permanentes dans le bas-ventre ou le dos, acné, kystes réguliers aux ovaires.

Le préservatif : la meilleure barrière contre les MST.

inconvénient : réduit un peu les sensations et peut diminuer le plaisir. Contient encore souvent des phtalates (perturbateurs endocriniens). Nécessite parfois l’apport d’un lubrifiant pour prévenir la rupture du préservatif. On trouve maintenant des préservatifs très fins en polyuréthane qui permettent de mieux ressentir la chaleur et les sensations.

Le diaphragme : coque en silicone ou latex qui s’introduit au fond du vagin pour faire barrière aux spermatozoïdes. Afin d’éviter le passage éventuel de spermatozoïdes, il est nécessaire d’appliquer un spermicide ou gel contraceptif, de préférence sans produits chimiques.

Cette méthode peut produire un inconfort, semblable à de légères douleurs de règles, lié au fait que l’on ne peut retirer la coque que 6 heures après le rapport sexuel. Il est par ailleurs recommandé de se faire conseiller par un professionnel pour l’adaptation de la taille et la mise en place correcte du dispositif au niveau du col de l’utérus.

Des méthodes naturelles, aussi efficaces que la pilule

Aller à la rencontre de son corps, mieux le connaître pour mieux le comprendre, c’est être notre propre observatoire, notre propre laboratoire. C’est vivre notre corps en conscience, reprendre possession de soi de manière pratique et concrète. C’est aussi gagner en autonomie et en harmonie avec notre vraie nature. Les méthodes naturelles nous permettent cette vraie rencontre avec nous-même.

Symptothermie, Billings, CLER, Creighton… sont des méthodes naturelles qui fonctionnent par la connaissance du cycle féminin : on détermine la période d’ovulation de la femme, sa période de fertilité et d’infertilté. On examine aussi la température, la glaire cervicale ou la position du col de l’utérus.

Avantages : aucun effet secondaire. Partage de la charge contraceptive en période de fertilité de la femme quand le compagnon met un préservatif.

Ce type de contraception naturelle nécessite un investissement personnel et une vigilance dans les débuts pour bien comprendre et intégrer la méthode. Elle est tout aussi efficace que la pilule.

A noter : Ces méthodes n’ont pas de rapport avec la méthode du calendrier ou la méthode Ogino « qui ne prennent pas en compte les signes de l’ovulation mais calquent un « calendrier » prédéfini pour toutes les femmes alors que les cycles varient selon chaque femme et au cours de la vie. » précise Sabrina Debusquat.

Pour vous aider à comparer et vous faire une idée de ces différentes méthodes, voici quelques liens :

https://www.methode-billings.com

https://www.cler-rhone.fr

https://symptothermie.com

Les moniteurs de contraception : plus facile mais moins sûrs car ils n’analysent pas la glaire cervicale, ils déterminent les périodes de fertilité en fonction de la température et/ou des taux d’hormones dans les urines.

Inconvénient : prix élevé (entre 300 et 500 € pour le moniteur), et environ 35/mois pour les bandelettes de tests urinaires.

Et les contraceptions masculines ?

Mis à part la stérilisation (vasectomie) et les préservatifs, il y aurait bien aussi la pilule mais…

Julien Bisson, rédacteur en chef de l’hebdomadaire « 1 » qui a enquêté sur la question de la pilule contraceptive pour les hommes, expose en 2017 sur Europe 1, les trois raisons majeures qui freinent considérablement la mise en route d’une pilule contraceptive pour les hommes :

  • Le marché de la contraception féminine représente 33 milliards de dollars. Les bénéfices sont énormes pour l’industrie pharmaceutique. Pourquoi prendre le risque de bousculer un marché aussi juteux ?
  • Les grands groupes pharmaceutiques ne souhaitent pas investir lourdement dans une pilule qu’ils ne sont pas certains de pouvoir vendre aux hommes.
  • Des essais de pilule ont déjà été réalisés auprès des hommes, mais ils n’ont pas supporté leurs effets secondaires. Les mêmes effets secondaires subis par les femmes : acné, baisse de libido, migraines.

C’est ainsi que les femmes se retrouvent les principales responsables, en charge de la contraception dans leur couple : 90% des usages contraceptifs sont pris en charge par les femmes !

Pourtant l’amour se fait à deux…

Partager la charge de la contraception est tout à fait légitime. Mais il reste un fond de culture tenace qui empêche hommes et femmes d’avancer main dans la main dans ce combat.

Depuis la légalisation de la prescription libre de la pilule contraceptive le 28 décembre 1967, sur la proposition de Lucien Neuwirth, et le décret du 8 mars 1972 (réglementation de la fabrication et la prescription des contraceptifs, permettant à la loi Neuwirth d’entrer en vigueur), les femmes ont le droit de disposer de leur corps en choisissant, grâce à la contraception, d’avoir ou pas des enfants. Une conquête de leur liberté sexuelle durement gagnée par le courage et les combats féministes qui ont dû contester durant de longues années les ardents défenseurs de la loi du 31 juillet 1920, interdisant, sous peine d’amende et d’emprisonnement, l’avortement et la contraception.

La femme a gagné le droit à la contraception, il lui reste dorénavant à gagner le droit à la santé avec la contraception

On comprend alors combien il peut sembler difficile, voire aberrant, de remettre en question ce qui a été l’un des symboles phare de la liberté féminine. C’est comme un joyau qui occupe désormais une partie intégrante, et presque sacrée, de la culture des femmes. La contraception incarne l’émancipation féminine. Pour certaines femmes, remettre en question ce symbole de liberté, ce serait comme désavouer les efforts réalisés, durant de longues années, par des femmes courageuses et engagées dans la conquête de droits légitimes et de libertés, dont nous profitons désormais.

La pilule est donc la principale clé incontestée, permettant à la gent féminine d’entrer dans sa nouvelle vie de femme. Leur vie sexuelle commence avec la pilule. Elle est prescrite si facilement, d’une manière si habituelle, qu’elle accompagne comme une évidence, leur sexualité. On encourage les jeunes-filles à prendre la pilule dès les premiers rapports sexuels avec leur petit ami. Certaines incorporent pour la première fois ce petit cachet, dès le collège ou le lycée.  

De leur côté, les hommes se sont habitués à cette facilité. Ils se sont laissés porter par les avantages qu’elle leur procure. Aucune charge, aucune responsabilité, une sexualité disponible, libre et sans risque. Revenir sur ces acquis et cette tranquillité sera sans doute difficile pour certains hommes qui, par indifférence ou égoïsme, considèrent que la contraception est exclusivement une affaire de femmes. Reconnaissons qu’ils n’ont pas tout à fait tort et qu’ils utilisent habilement cette faille. Car pour les femmes, nous l’avons vu, la contraception est bel et bien un pouvoir unique, qu’elles se sont approprié. Après l’avoir revendiquée et obtenue, elles la brandissent désormais comme l’étendard de leur liberté.

Or, ce ne sont ni la liberté sexuelle, ni le droit à la contraception qui sont en cause aujourd’hui. Car ils sont entièrement légitimes.

Ce qui est en cause, ce sont les dangers des hormones synthétiques, sur la santé et le bien-être naturels des femmes, qui leur ont été cachés, niés ou minimisés depuis les débuts de la contraception hormonale. La femme a gagné le droit à la contraception, il lui reste dorénavant à gagner le droit à la santé avec la contraception.

Vers une contraception naturelle

Un nouveau combat reste donc à mener. Un combat de santé et d’égalité pour le couple. Il n’est pas acceptable que la femme risque de graves maladies ou de multiples effets secondaires en prenant un contraceptif. Il n’est pas équitable non plus que la femme assume seule la contraception dans son couple. Si l’amour se fait à deux, tout naturellement la contraception doit se faire à deux. C’est d’ailleurs un magnifique projet de construction pour le duo amoureux : l’occasion de se découvrir, de mieux se connaître, de choisir ensemble la contraception naturelle qui convient le mieux. Cela favorise la communication, l’écoute, l’investissement et le respect entre les deux partenaires.

Opter pour une contraception naturelle, c’est décider de s’engager ensemble et d’assumer à deux la contraception du couple. C’est prendre le relais, chacun son tour, selon les périodes de fertilité de la femme, des responsabilités de la contraception. C’est accepter pour l’homme d’utiliser le préservatif durant la période de fertilité de la femme.

La contraception naturelle permet de vivre la sexualité en pleine conscience. Elle nous interroge sur nos désirs, nos besoins, nos envies, nos projets. Elle nous rend entièrement responsables et acteurs de notre plaisir, dans un rapport infiniment plus authentique et respectueux à notre corps.

La contraception naturelle encourage à reprendre en main son corps et sa sexualité. Elle invite à le découvrir et à entamer un vrai dialogue avec lui ; c’est mieux le connaître, mieux le comprendre, et tout simplement vivre mieux avec soi-même, en accord avec la vie, et avec notre partenaire.

Cela demande de changer notre regard sur la contraception, nos habitudes, nos rôles, notre investissement personnel, nos responsabilités. Cela demande aussi un engagement supplémentaire de la part des hommes, un éveil, une ouverture, une maturité nouvelle… propices à la naissance d’un couple plus responsable, plus équilibré, plus libre, plus fort !

*Communiqué – Salle de presse INSERM : La contraception en France : nouveau contexte, nouvelles pratiques

** Statista Research Department : Méthodes contraceptives utilisées par les femmes âgées de 15 à 49 ans en France 2018

*** L’ANSM, agence nationale de sécurité du médicament, a reconnu officiellement 4 décès imputables à la pilule Diane 35. Cependant, en raison des nombreuses plaintes, plus de 400 décès pourraient, en réalité, lui être imputés. Les dangers de cette pilule étaient connus depuis 10 ans. En 2003, le Journal de l’Association médicale du Canada avertit des risques du cyprotérone, la molécule utilisée dans Diane 35. Un an auparavant, la Commission de sécurité des médicaments britanniques lançait le même avertissement. Il faut attendre 2013 pour que l’ANSM annonce la suspension de Diane 35.

****Sondage IFOP pour le Conseil national de l’Ordre des sages-femmes réalisé du 7 au 21 août 2017 auprès d’un échantillon représentatif de la population française féminine âgée de 15 ans ou plus, composé de 1064 femmes.

Reprendre en main sa sexualité et partager la contraception en couple

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