Femme au naturel… Naturellement femme

3 août 2020
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Femme naturelle, à la recherche de confort, d’équilibre, de vie saine et régénérante… Elles sont de plus en plus nombreuses à écouter leur corps, à faire le chemin, pas à pas, pour se le réapproprier. Envie de se sentir libres et d’incarner totalement ce qu’elles sont… Il y a comme une tendance forte et vibrante, d’authenticité, de nature et de quête d’égalité, chez la femme d’aujourd’hui.

Les femmes se libèrent. Elles lâchent prise, s’émancipent de plus en plus des injonctions sociales, des codes esthétiques, des comparaisons mortifiantes qui en découlent, et des insupportables complexes qui handicapent leur existence au quotidien. Elles libèrent leur corps des carcans qui leur sont imposés depuis des siècles. Le corps des femmes a besoin de fluidité, de légèreté, de tranquillité, d’indépendance et d’autonomie. Le corps des femmes a besoin de respirer.

Seins libres

Sans doute est-ce pour cela qu’elles abandonnent leur soutien-gorge. Perçu comme un symbole d’emprisonnement par les féministes des années 1970, les adeptes du « No Bra » (sans soutien-gorge) des années 2020 se soulagent d’un carcan à la fois corporel et culturel.

Depuis le XIVe siècle, la mode enserre les seins des femmes. Après les tuniques amples, “La nouvelle « cotte », moulante et raide, impose un buste étroit et des seins hauts » explique la philosophe Camille Froidevaux-Mettrie, dans son livre “Seins, en quête d’une libération”. Dès lors, sans relâche, les corps des femmes sont tenus, enserrés, corsetés, figés.  Des baleines de fer les empêchent de respirer pleinement, de bouger librement, de profiter joyeusement de la vie. De nos jours, une grande majorité de femmes subit quotidiennement l’inconfort du soutien-gorge. C’est la raison principale qui les conduit vers l’envie de ne plus en porter. D’ailleurs, la première chose que fait souvent la femme en rentrant  d’une journée de travail, c’est de retirer son « soutif ». On est tellement plus à l’aise sans !

Si depuis le moyen-âge, les seins des femmes sont enfermés dans les armatures, elles décident maintenant d’ouvrir la cage : pour les laisser vivre… tout simplement.  

Laisser circuler la lymphe

Un geste de libération, peut-être, très salutaire pour le maintien de leur santé.

Peu d’études existent sur les conséquences possibles du port du soutien-gorge. Un thème de recherche qu’il serait sans doute judicieux de creuser, car les résultats de deux travaux notamment, interrogent et interpellent. Un couple de chercheurs Singer et Grismaijer, a publié une étude réalisée sur près de 5 000 femmes. Dans le livre « Dressed to Kill : The Link Between Breast Cancer and Bras », ils montrent que plus les femmes portent longtemps leur soutien-gorge dans la journée (plus de 12h/jour), plus le taux de cancer est élevé. Selon eux, le rapport entre la durée du port du soutien-gorge et le développement du cancer serait lié à une perturbation de la circulation lymphatique, provoquée par l’enserrement  prolongé du soutien-gorge. Cela aurait pour conséquence de gêner et d’entraver l’élimination des déchets et toxines cancérigènes, accumulés dans le sein. Cette accumulation de liquide pourrait alors entraîner des modifications fibrokystiques, propices au développement de divers problèmes  et notamment le cancer.

On trouve en effet les ganglions lymphatiques dans différentes parties du corps : cou, aisselles, aine,  à l’intérieur du centre de la poitrine et de l’abdomen…  Les ganglions lymphatiques produisent des cellules immunitaires qui aident le corps à combattre les infections. Ils filtrent également le liquide lymphatique et éliminent les matières indésirables telles que les bactéries et les cellules cancéreuses.

Une autre conséquence du port du soutien-gorge  est mise en lumière par une thèse, publiée en 2009, réalisée par Olivier Roussel sous la direction du médecin sportif Jean-Denis Rouillon, auteur d’une étude menée sur plus de 300 femmes depuis 1997. Thèse dans laquelle il explique que le soutien-gorge « fabrique ou aggrave la ptôse, c’est-à-dire la chute du sein ».

Elles ont déjà  tout, c’est-à-dire l’essentiel

Inconfortable,  potentiellement nocif au maintien de la santé… Pourquoi alors les femmes portent-elles encore un soutien-gorge ?

Un certain nombre de femmes, en raison d’une poitrine très  forte ont nécessairement recours au soutien-gorge. D’autres aiment jouer avec le côté glamour des sous-vêtements. Mais, au-delà de ces raisons personnelles, c’est aussi parce que le soutien-gorge est une exigence sociale placée sous le haut contrôle du genre masculin. Les seins doivent être beaux, sexy, attirants, mais ils sont aussi  les seins nourriciers de la maternité. Il est donc convenable de les rendre affriolants tout en les maintenant cachés. Le soutien-gorge incarne une certaine image de la féminité imposée aux femmes que certaines, par la force des habitudes, ne pensent même pas à remettre en question. Il est, comme les chaussures à talons, les jupes étroites, les bas et les strings, un accessoire de séduction incommode, qui flatte le regard de certains hommes, et assujettit la femme.

Répondre au diktat

Plaire et se soumettre, “devenir et demeurer des corps sexuels et maternels à disposition”, tel serait encore le dessein nourri secrètement par les hommes pour la femme, explique Camille Froidevaux-Mettrie.

Serait-ce pour cela que les femmes s’infligent autant de douleur et de sacrifices pour perdre du poids, ou se jugent si sévèrement en se comparant aux autres femmes ? Perte de confiance, manque d’estime de soi quand le corps ne répond pas au diktat… La philosophe relate comment le marché des sous-vêtements conditionne les femmes et les jeunes-filles à une certaine poitrine à travers la commercialisation des soutiens-gorges rembourrés “Le message qui leur est adressé est d’une violence rare. Insuffler l’idée que leur poitrine naissante n’est déjà pas suffisante, qu’elle est imparfaite avant même d’exister, qu’elle ne correspond pas aux critères du socialement désirable, c’est leur inoculer le virus de la détestation de soi qui fera d’elles, comme de tant de femmes, d’éternelles complexées.”

La décision du naturel

Des seins hauts, ronds et fermes, c’est le diktat imposé aux femmes occidentales. Quel corps peut y répondre ?  Le sein unique n’existe pas. Il existe autant de tailles et de formes de seins qu’il existe de femmes. C’est l’expression riche et diversifiée de la vie de chaque corps. Petits ou gros seins, en forme de poire ou de pomme, relevés ou tombants, ils sont la signature unique de chaque femme. Ils sont là, ils les accompagnent et méritent soin, reconnaissance et amour.

C’est cette décision-là que les femmes, de plus en plus nombreuses, prennent aujourd’hui, et en particulier depuis le confinement. Elles décident de se réconcilier avec leur corps, de faire UN avec lui, de l’accepter tel qu’il est, et d’affirmer ce qu’elles sont – sans dimensions  ni formes requises pour mériter le droit d’exister à part entière – d’être reconnues, respectées et aimées. Car elles ont déjà  tout, c’est-à-dire l’essentiel : la vie, la volonté, la liberté, la conscience… C’est cela qui les rend vraiment belles !

Les femmes ont déjà tout, c’est à dire l’essentiel

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