Charade, amour et comédie policière

27 juin 2017
, 0 Comments

Charade, un film qui réunit Cary Grant et Audrey Hepburn, deux monstres du cinéma, sorti sur les écrans en 1963. Une histoire policière réalisée par Stanley Donen, co-réalisateur du célébrissime « Chantons sous la pluie ». En filigrane, une histoire d’amour. Comment vivait-on le sentiment amoureux dans les années soixante ?  Décryptage…

Charade est un film américain qui mélange suspens, humour et amour. La dimension amoureuse de Charade, donne une idée de la manière dont on vivait l’amour aux Etats-Unis dans cette deuxième moitié du XXème siècle. Comme en Europe, c’est l’époque où la représentation traditionnelle du couple stable et durable vole en éclats. C’est d’ailleurs le tout premier sujet de conversation du film. Regina Lampert (Audrey Hepburn) incarne le rôle de la femme, bourgeoise américaine, insatisfaite de sa vie de couple. Déjeunant avec son amie, sur une terrasse de sport d’hiver, à Megève, elle lui annonce sa décision :

– Sylvie, je vais divorcer. » déclare t-elle à son amie, atterrée par cette nouvelle  stupéfiante.

– J’ai essayé d’y mettre du mien, mais…Oh je ne peux pas t’expliquer mais je suis trop malheureuse pour continuer à vivre comme ça. Poursuit-elle.

-Mais je ne comprends pas, pourquoi veux-tu divorcer ?

– Parce que je ne l’aime pas et de son côté, il ne m’aime pas non plus.

– Mais ce n’est pas une raison pour divorcer. Avec un mari riche et avec ton élégance, il ne te sera pas difficile de te faire de nouveaux amis.

-Oui j’admets que je suis venue à Paris pour fuir la vie provinciale américaine mais ça ne veut pas dire que je puisse m’adapter à la vie française.

-J’ai une certaine répugnance à l’idée de divorcer Sylvie, mais si seulement Charles avait été sincère avec moi, c’est la seule chose que je demande aux êtres la franchise, mais avec Charles tout n’est que mensonges et mystères, il me cache quelque chose Sylvie, quelque chose de terrible et qui m’effraie.

 

Les divorces augmentent mais est-ce à dire que l’on ne croit plus à l’amour dans les années soixante ?

 

Un mariage sur le déclin, par manque de transparence, de compréhension, de communication, d’authenticité… Rien de bien différent avec beaucoup de nos couples d’aujourd’hui en somme.

Les divorces augmentent mais est-ce à dire que l’on ne croit plus à l’amour dans les années soixante ? Certainement pas. En tout cas le coup de foudre est toujours bien vivant. Alors qu’elle annonce son divorce, Regina tombe sous le charme de Peter Joshua, le personnage interprété par Cary Grant, qui aura des identités multiples tout le long du film pour entretenir le suspens.

-Est-ce que nous nous connaissons ? demande t-il

-Est-ce que vous tenez à ce que nous fassions connaissance ? réplique t-elle vaguement amusée. Dès le début, Regina montre l’image de la femme émancipée, entreprenante. C’est elle qui l’invite à la rappeler. C’est elle qui lui fait des avances et lui fait comprendre sans détours qu’elle est amoureuse de lui.

Après une soirée passée ensemble à Paris et alors que Peter Joshua la raccompagne à sa chambre d’hôtel, elle n’hésite pas à l’inviter et à se montrer impatience face à ses résistances. Son discours est franc et sans ambiguïté.

-Ne pourrirez-vous vous souvenir pour un moment que je suis une femme et que vous êtes un homme ? Voulez-vous entrer une minute ?

-Non je veux pas, lui répond-il, résolument sourd et froid à ses demandes.

-Je ne mords pas vous savez…

Il la remet vite à sa place en badinant.

-Que penseriez-vous d’une fessée ? demande t-il d’un ton faussement autoritaire.

Mais en femme qui sait ce qu’elle veut et qui ne se laisse pas décontenancée, elle lui rétorque du tac au tac.

-Que penseriez-vous d’un coup de point sur le nez ?

Dans une autre scène, après lui avoir soigné le dos, elle s’assoit sur ses genoux et lui déclare son amour.

-Alex je crois que je vous aime…

Tout au long du film, elle le poursuit de ses assiduités. On retrouve en toile de fond le cliché de  l’amoureux idéal dans l’imaginaire féminin, sorte de chevalier sans peur qui est prêt à tout par amour.

Marchant sur les quais, le long de la Seine, elle lui demande, l’air rêveur.

-Feriez-vous une chose pareille ?

-Quoi éliminez quelqu’un ?

-Non descendre le long d’une corde pour sauver la femme que vous aimez , comme le bossu de Notre Dame ?

Interloqué Peter Joshua, se retourne vers la cathédrale.

-Hein… Il faut croire qu’il y tenait beaucoup…répondit-il vaguement songeur en observant l’impressionnante hauteur des tours.

 

Notre Dame de Paris

 

Après avoir résisté au charme enjoué de Regina Lampert, l’homme sérieux et distant finit par craquer lors d’un dîner sur un bateau-mouche.

-Savez-vous que je passe des heures cruciales à ne pas vouloir succomber à la tentation ? lui avoue t-il enfin.

-Si vous voyez votre visage, poursuit-il en souriant.

-Qu’à t-il de particulier ? demande t-elle naïvement.

-Il est adorable, dit-il d’un air conquis.

C’est le moment glamour et romantique du film. Un machiniste actionne un projecteur géant et braque sa lumière sur les quais, capturant dans son faisceau aveuglant, les couples d’amoureux qui s’embrassent dans la nuit.

Emue en les regardant, Régina pose un regard amoureux sur Peter Joshua.

-Cet éclairage vous avantage lui dit-il en souriant.

C’est encore elle qui l’embrasse, se pressant contre lui. Il finit par la prendre dans ses bras en l’enveloppant pour l’embrasser profondément. Nuit, lumière, bateau-mouche, la Seine, musique douce, tout était réuni pour la scène de leur premier vrai baiser. Le romantisme dans toute sa splendeur !

 

♥  The End 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publiée.